C’est Lille qui cache la forêt

A la fin des matchs allers de la phase de groupes des coupes d’Europe, le bilan français est cataclysmique. Heureusement, Lille parvient à ne pas tomber dans ce marasme. Mais est-ce vraiment une surprise ?

Après trois journées de phase groupe, le bilan français est affligeant : 4 victoires, 2 nuls et 9 défaites. Ca fait 14 points sur 45 possibles dont la moitié (7) amenés par le seul club nordiste.

Marseille est catastrophique. Zéro point, zéro but inscrit, un jeu déplorable. L’OM n’est pas à sa place et trop de joueurs ont été survendus (ou surcotés). L’implication n’est pas à la hauteur mais alors que dire du jeu ? De plus, le comportement et le discours de Villas-Boas interrogent. Aucune ambition, un plan de jeu restrictif, pas de décisions fortes et un discours qui transpire l’entraineur perdu.

A Rennes, c’est légèrement différent. Les rennais ne déméritent pas, dans l’état d’esprit en tout cas, mais ce n’est pas suffisant. Les bretons n’ont pas assez de certitudes dans le jeu et manquent aussi de qualités pour proposer autres choses. A Séville, ils ont été mangés dans le jeu. Il faut reconnaitre, en revanche, qu’à Chelsea, même si la victoire n’est pas injuste, l’arbitrage ne les a pas aidés. Malgré tout, on pourrait attendre un peu plus d’ambition que le fameux bloc équipe construit pour tenir.

Pour le PSG, c’est encore pire. Avec les moyens dont dispose le club, perdre deux matchs et remporter le troisième difficilement, c’est juste inadmissible. Paris ne propose rien à part attendre de Neymar ou Mbappé un exploit, et se liquéfie au moindre grain de sable. Quant à l’entraineur, il a, apparemment, décidé de se saborder en tentant des expériences comme Danilo en défense centrale ou un milieu de terrain sans aucun joueur capable faire une passe qui fait mal, et même, pour certains, juste une passe.

En Europa League, Nice a très difficilement battu une équipe israélienne très moyenne et s’est fait gifler par Leverkusen et Prague. Nice, comme les autres, ne propose rien en terme de jeu. Il n’y a pas d’ambition, pas d’envie de jouer au foot mais la seule idée de se battre (et encore), d’avoir un état d’esprit, de tenir et d’attendre un miracle de Gouiri ou Dolberg.

Et puis, il y a l’éclaircie lilloise. Deux victoires et un nul en trois matchs mais surtout une victoire probante à Milan 0-3. Lille, c’est la cohérence, des joueurs de football, un entraineur qui a évolué et qui veut une équipe qui joue pour marquer, pour gagner et pas pour ne pas perdre.

Oui, il y a un Galtier avant Lille et aujourd’hui. Même dans ses conférences de presse, l’entraineur lillois parle de football, de jeu. Oui, son année sans club lui a permis de voir ce qui se fait ailleurs. Mais surtout, il a eu l’intelligence, et c’est une force, de se remettre en question pour évoluer, changer. Et ça marche.

De plus, il fait progresser ses joueurs. Oui, c’est bizarre, mais c’est aussi le rôle d’un entraineur (!!!). Tu récupères des joueurs avec des qualités que tu vas essayer d’optimiser, tout en essayant de gommer certains de leurs défauts. Quand on voit le Renato Sanchez qui est arrivé à dans le nord, et celui qui joue aujourd’hui, tout le monde voit que le joueur est en énorme progrès.

Enfin, et c’est un truc étrange, il fait jouer ses joueurs à leurs postes et ça marche. Pas de Fonte au milieu comme Kamara à l’OM ou Marquinhos au PSG. Oui, tous les joueurs pros peuvent jouer partout. On peut même imaginer Strootman avant-centre, il n’y a aucun problème. Mais alors on doit s’interroger : Sont-ils performants à ces postes ? A quel poste dois-je mettre ces joueurs pour que mon équipe soit performante ? Force est de constater que, pour Marseille et le PSG, les innovations n’apportent rien.

Évidemment, si on écoute les acteurs, ces mauvais résultats ne sont pas dus au jeu, au manque d’ambition, aux lacunes techniques. Ils sont dus à l’état d’esprit, à l’arbitrage, au fait de joueur tous les trois jours, au manque de moyens… Bref à tout sauf au football. C’est en tout cas le discours qu’on nous vend après chaque match.

Il n’y a plus (ou presque) d’entraineurs français à l’étranger. On est à deux doigts de voir quatre des cinq clubs engagés en coupe d’Europe sortir dès la phase de groupe. Mais la France est championne du monde, alors, ne changeons rien, tout va bien.

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