La confiance: Et si c’était la clé ?

La confiance est sûrement un des éléments les plus importants du football. Quelle est la limite entre confiance et arrogance ? A quel point influe-t-elle sur les performances ?

On entend souvent cette phrase, surtout concernant les attaquants: « il est en pleine confiance ». On peut donc facilement conclure que la confiance est un élément déterminant dans la réussite d’un attaquant. Mais elle est importante, non seulement à tous les postes, mais aussi collectivement.

La confiance, c’est quelque chose qui n’est pas mesurable mais qui se ressent. Le problème, c’est qu’elle est difficile à gagner mais très facile à perdre. On remarque souvent qu’un attaquant qui enchaine les buts tente de plus en plus de choses. C’est comme si, au fond de lui, une barrière était tombée, celle qui t’oblige à réfléchir et cogiter avant le geste final.

Le sport où la confiance a un impact le plus significatif, c’est le tennis. Combien de joueurs sont capables de bien jouer, de prendre « confiance » pendant une rencontre, puis de s’écrouler à un moment sans qu’on n’y comprenne grand-chose ? Et pourquoi ?

Très simplement parce qu’il y a la peur de gagner. Là où le joueur était détendu, relâché, la fin du match approchant, ce dernier se crispe et se pose des questions. C’est la différence avec un Federer ou un Nadal (en dehors du niveau technique évidemment) qui, même menés, sont assez « confiants » en leur tennis et en leurs résultats passés pour continuer à jouer et se dire qu’ils vont le faire.

Au football, la confiance vient de nombreux éléments. La réussite actuelle, le niveau du joueur, son mental, mais aussi le coach. Même si tout peut être analysé de différentes façons, pensez-vous vraiment que ce soit anodin que le PSG s’écroule à Madrid dans les dix dernières minutes ? Evidemment, non.

La confiance collective

Qu’on le veuille ou non, les parisiens ont toujours le match à Barcelone en tête. Et quand ils ont encaissé le deuxième but à Madrid, nombreux sont ceux qui ont du penser: « ils vont en prendre un troisième ». Quand on voit l’attitude des joueurs à ce moment-là, je pense qu’eux aussi se sont dits « surtout, il ne faut pas en prendre un troisième ». Paris a besoin d’un match référence pour sortir définitivement de ce cauchemar et reprendre confiance dans les gros matchs. Finalement, peut-être que ce 3-1 à Madrid et le match retour au Parc, c’est le moment idéal pour se dire qu’ils sont capables de le faire et reprendre confiance en eux ?

Lorsque Lyon fait 2-2 à Lille après avoir mené 0-2, c’est la même chose. Pour le comprendre, il faut remonter en début de saison. Lyon reçoit Bordeaux et mène 3-1 à moins de cinq minutes de la fin du match. Bordeaux va revenir et arracher l’égalisation dans le temps additionnel. Depuis ce match, Lyon a perdu plus de dix points cette saison après avoir mené par deux buts d’écart. C’est énorme. Et est-ce anodin ?

La confiance individuelle

Pour reprendre le cas de l’attaquant, on voit bien souvent des joueurs qui marquent une série de buts dans un temps restreint, puis qui ne marquent plus. C’est un problème de confiance. Encore une fois, quand ça tournait dans le bon sens, le joueur était relâché au moment de réaliser son geste. Dans ces moments-là, le joueur fait toujours le bon choix, le geste juste, et il a même l’impression d’avoir tout vu avant. Dans les moments de doute, le temps se réduit, les décisions ne sont pas les bonnes et quand le ballon frappait le poteau et rentrait, désormais il frappe le poteau et sort.

Mais aux autres postes, la confiance aussi est primordiale. Très souvent, on voit des joueurs qui se cachent. Vous savez, le fameux joueur qui bouge, se déplace, mais est toujours placé de façon à ce que son partenaire ne puisse pas lui donner le ballon. C’est une question de confiance. Le joueur n’est pas assez sûr de lui et fait tout pour qu’on ne joue pas avec lui.

Il suffit de regarder Verratti et Sanson pour comprendre. En début de saison, le marseillais ne jouait plus beaucoup et pas à son poste. Et son équipe n’arrivait pas à le trouver. Désormais, non seulement il est trouvé, mais il se déplace sans cesse pour qu’on lui donne le ballon. Sanson a-t-il progressé à ce point ? Non. C’est juste que ses prestations s’améliorant, et le fait que Rudy Garcia lui fasse enfin confiance (tiens, tiens!!), le joueur est aujourd’hui sûr de ce qu’il est capable de faire… Il est en confiance.

Pour le petit italien du PSG, c’est pareil. Depuis qu’il est au club, il n’hésite pas à demander le ballon même dans la surface et se permet de dribbler et de ressortir le ballon dans cette zone à risque. Pourtant, en équipe d’Italie, il ne le fait pas. Pourquoi ? Parce que là-bas, on attend beaucoup de lui, il est en concurrence et donc il manque de cette confiance en lui qu’ont ses partenaires et son entraineur en club.

Zlatan ibrahimovic a gagné presque tous les championnats auxquels il a participé, et en marquant un très grand nombre de buts. Il adorait également dans la phase de poule de ligue des champions. Pourtant, lors des matchs à élimination directe, il disparaissait. Non pas qu’il était nul comme certains ont voulu le prétendre, mais il n’était plus décisif. Peut-être qu’à force de s’entendre dire que dans les grandes rencontres il n’était pas présent, la confiance qu’il dégageait tout au long de l’année disparaissait ? Ce n’est pas la seule explication, mais une partie.

Evidemment, s’il y avait un symbole de cette confiance en soi, ce serait Ronaldo. Même quand il marque moins, le portugais continue à jouer, à tenter. Pourquoi ? Parce que ce qu »il a fait dans le passé lui a donné assez de confiance en lui pour se dire que ça reviendra.

La confiance, mais pas trop

Le problème de la confiance, c’est l’excès. Etre persuadé qu’on est tellement fort qu’on peut tout faire seul. Et là, non seulement les joueurs se trompent, mais en général, le groupe en pâtit collectivement.

C’est là que l’entraineur est important. Il doit continuer à offrir de la confiance aux joueurs, mais tout en leur faisant comprendre qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils n’y arriveront pas sans le collectif.

D’ailleurs, l’entraineur, avant et pendant une rencontre, a un rôle primordial dans cette confiance. Quand une équipe mène au score, qu’elle domine et que le coach fait un changement défensif comme pour dire: « attention, on va sécuriser », la confiance peut diminuer, voire disparaître. Les joueurs le ressentent comme « le coach en nous fait pas confiance, il a peur ». Dans la composition d’avant-match, quand l’entraineur aligne deux milieux défensifs alors qu’il n’en mettait qu’un avant, vous envoyez le signal suivant: « aujourd’hui, on va souffrir, donc je vais sécuriser ». Le groupe peut le ressentir comme un manque de confiance.

Quand Rudy Garcia amène l’OM au niveau où il est actuellement, après plusieurs mois de doutes, de critiques, il fallait sûrement qu’il ait confiance en son travail et en ses joueurs, non ?

Quand le Réal, pas bien cette saison, est capable de battre Paris, il faut une belle dose de confiance, non ? Cette confiance qui vient sûrement des résultats de ce club et qui fait dire auc joueurs: « on est le Réal. Même moins bien, on est capable de tout ».

La confiance, ça se travaille tout jeune

La confiance, ça permet de franchir des paliers. Je suis capable de faire cela, j’ai confiance en moi, donc je vais faire mieux et plus. Dès le centre de formation, tout cela doit être travaillé. Parce qu’il y a des joueurs qui doutent. Parfois, ces joueurs ne vont pas passer le cap et se faire prendre leur place par un joueur « moins fort ». Pourquoi ?

Parce que le doute les limite dans leur progression. Le fait de se sentir moins bon qu’un autre, ça vous permet de vous remettre en question, mais ça vous limite dans votre progression. Sans confiance, vous tentez moins de choses, vous prenez moins de risque. Là où le joueur en confiance tentera une passe vers l’avant, même compliquée, le joueur qui doute remettra le ballon derrière comme pour se dire « surtout, je ne veux pas la perdre ».

En dehors de toutes les considérations techniques et tactiques, et si, finalement, la confiance, c’était la clé de la réussite.

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