Coupe du monde féminine: Est-ce une réussite ?

Les américaines ont remporté la coupe du monde en battant les Pays-Bas (2-0). Une victoire logique pour la meilleure équipe féminine.

Même si l’ouverture du score est intervenue sur penalty avec l’aide  la VAR, l’issue paraissait tellement inéluctable. Les américaines ont donc remporté leur quatrième coupe du monde féminine en s’imposant devant les Pays-Bas 2-0, championne d’Europe en titre.

Les américaines ont été meilleures que les autres dans tous les domaines: technique, collectif, mental et efficacité. Mais quel est le bilan de cette coupe du monde ?

Déjà, au niveau de l’ambiance  ce fut parfait. Des stades plutôt remplis, des ambiances familiales, joyeuses. De ce côté-là, rien à dire, c’est une réussite.

La France a raté son rendez-vous

L’équipe de France voulait réussir sa compétition pour continuer de développer le football féminin, mais aussi pour aller aux jeux olympiques. Pour les JO, c’est raté pour ne pas avoir atteint le dernier carré.

Pour le développement, on attendra les chiffres des licenciées. Mais pour ce qui est de l’image donnée, c’est raté. Les françaises ont produit un jeu stéréotypé, pauvre techniquement, sans spectacle. L’effet coupe du monde 2018, mais pas que.

L’équipe de France féminine ressemble à ce qui se fait dans la formation en France: des joueuses rapides, une pointe qui sert de point d’appui et qui se bat sur tous les ballons, et des joueuses bridées qui pensent surtout à rester en place et plus à ne pas se livrer pour ne pas être déséquilibrer à la perte de balle qu’à jouer au foot.

On verra donc les retombées, mais ce ne fut pas une belle publicité puisque le résultat n’est pas là. A force de répéter que seule la victoire compte, voilà ce qui arrive.

Enfin, quand on entend la sélectionneuse allumer certaines joueuses après la compétition, ce n’est pas un bon signal. Encore une fois, c’est de la faute des joueuses sans remise en question de ses propres choix.

Pour le reste, les Pays-Bas, l’Allemagne voire l’Italie et l’Espagne, ont montré de belles choses. Heureusement qu’elles étaient là pour relever le niveau d’une compétition trop hétérogène.

La suite

Le football féminin doit évoluer pour se développer. On n’arrête pas de dire que les filles n’auront jamais la puissance des hommes. Alors pourquoi vouloir jouer comme eux ?

Le football féminin doit miser sur la technique, le collectif, le jeu de passe. On voit bien que très peu de joueuses sont capables de passes longues puissantes et précises de 60m. On voit bien que très peu de joueuses sont capables de frappe en dehors de la surface.

Alors pourquoi insister pour qu’elles fassent ce genre de choses ? Servons-nous des qualités des filles et valorisons-les.

Mais le discours doit aussi changer. Les défenseurs du football féminin veulent que les gens arrêtent de le comparer au masculin. Mais quand vous entendez les déclarations des joueuses ou de la sélectionneuse, c’est compliqué de ne pas attendre un match d’homme. Duel, intensité, résultats, les mots sont trop similaires.

Il faut que le football féminin se développe sur des choses plus techniques et plus spectaculaires. Pour trouver sa place, le foot féminin doit faire ce qu’on ne voit plus, ou trop peu, chez les hommes: un football d’attaque, de passes courtes, de mouvement, au lieu de s’inspirer des mauvais côtés des garçons, à savoir les longs ballons jetés devant pour la joueuse la plus rapide, le fameux être en place etc… Si vous voulez qu’on arrête de comparer, arrêtez de copier le foot masculin. Bref.

A part quelques rencontres, on s’est globalement ennuyé lors de cette coupe du monde. Mais ce n’est pas propre aux filles. On s’est ennuyé à la Copa América mais aussi, jusqu’à maintenant, à la CAN.

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