Détection clubs pros: La foire aux bestiaux

Tous les ans, les clubs pros convoquent des dizaines de joueurs pour leur détection… Avant de ne pas les prendre, sans le moindre remord.

Ah !! Ces journées de détection organisées par les clubs pros, c’est une catastrophe.

Tous les ans, à chaque vacance, c’est la même chose. Et vas-y que je convoque 40 joueurs pour leur faire trois jours de détection. Quelle bêtise.

Comment peut-on juger un gamin de 13, 14 ou 15 ans sur un ou deux jours ? Comment peut-on juger un gamin qui joue avec des joueurs qu’il ne connaît pas, avec qui il n’a aucun automatisme, avec des principes de jeu différents, et qui jouent leur vie ?

Entre celui un peu plus timide qui ne s’impose pas, celui qui prend le ballon et joue seul parce qu’il veut se faire voir en pensant que c’est la chance de sa vie, que voient-ils ?

Comment des clubs qui, soi-disant, ont des scouts dans toute la France, peuvent hésiter entre 40 joueurs, trois fois dans l’année, et les faire revenir trois à quatre fois ?

En dehors de cela, ces clubs se soucient-ils du mal qu’ils font aux enfants ? Parce que quand vous brassez autant et qu’à la fin vous n’en gardez que deux ou trois, que se passent-ils pour les 37 autres ? Rien. On leur envoie un courrier pour leur que le club ne donnera pas suite et… C’est tout.

D’ailleurs, il faudrait se demander comment un club pro, avec une structure et des éducateurs compétents (j’ai un doute là-dessus) peut faire venir autant de joueurs tous les ans ? S’ils travaillaient bien, ils auraient besoin d’un, deux voire trois joueurs par catégorie avec des profils bien définis, mais pas 40. Pour l’anecdote, un club professionnel connu avait fait signer près de 80 accords de non sollicitations à des joueurs de la région parisienne. Bloquer et hésiter entre 80 joueurs, c’est de la compétence ça !!!

Ces gamins, eux, rentrent dans leurs clubs et là, bon courage à l’éducateur pour finir la saison. Entre ceux qui sont dans le trou parce que dégoutés, ceux qui se disent que finalement ils ne sont pas bons, ceux qui se disent qu’ils viennent de rater la chance de leur vie et, ajoutés à cela, voir ses parents déçus, allez remettre ces joueurs dans le bon sens.

Que ces gamins soient contactés par des clubs pros, tant mieux pour eux, on ne leur souhaite que de réussir. Mais qu’ils aillent à tous les essais qu’on leur propose, il faudrait que les parents prennent conscience du mal qu’ils font à leurs enfants.

Il faudrait élargir aussi à tous ces jeunes en centre de formation qu’on dégage chaque année sans leur avoir donné une formation scolaire, une éducation, un comportement humain, trop occupé à juste gagner des matchs.

Il faudrait également que les clubs pros se comportent autrement. Qu’ils convoquent un ou deux gamins pour s’entrainer avec le groupe de joueurs déjà présents au club, qu’ils arrêtent d’hésiter et de les faire revenir (et donc miroiter) plusieurs fois par saison. Qu’ils arrêtent également de les faire venir dès la première partie de saison, en se souciant, pour une fois, de l’enfant et pas que de leurs clubs. Il faudrait aussi que les clubs choisissent les joueurs sur ce qu’ils voient et non pas parce que untel ou untel a un (déjà) agent qui a ses entrées dans le club.

Enfin, les (petits) clubs amateurs devraient également s’allier pour mettre au pas les clubs pros pour arrêter cette foire aux bestiaux. Malheureusement, les clubs amateurs, et donc de nombreux éducateurs, aiment se vanter que tant de joueurs sont convoités par les clubs pros.

Malheureusement, je suis sûrement un rêveur. Les parents rêvent de voir leur enfant devenir professionnel pour changer leur vie. Les éducateurs rêvent de découvrir la pépite et devenir leur conseiller pour changer de vie. Et moi, je rêve juste que les gamins s’éclatent à jouer au foot.

1 Comment

  1. Merci pour ce texte sur la détection ! A la campagne, le problème se pose moins: personne ne vient observer, inviter ou voir des joueurs. Les familles ne rêvent pas de foot pour s’en sortir , aussi elles ne poussent pas les jeunes à se faire recruter et les jeunes vieillissent en s’amusant avec leurs copains habituels. Un voire deux entraînements par semaine, la buvette , la sortie en boîte la veille des matches donc prise de bide et blessures diverses. Le foot de campagne est une friche. Bien qu’il soit arrivé en France par la Normandie il y est sinistré à cause aussi des équipes phares.Je rédige cela avant le match entre Lyon et Caen , et j’entends les commentaires qui disent , sur la 21, que Caen est l’équipe la plus nulle du championnat. Je ne sais pas qui est le plus mauvais ni qui est le meilleur avant le classement final par contre il est certain que les dirigeants de rencontre du SM Caen ont tout raté. La cerise sur le gâteau , contrairement à ce que pense les journalistes, me paraissant être le recrutement d’un « sage » provençal pour chapeauter l’entraîneur pioché en L2 . Courbis , comme Gasset ou Guy David en leur temps ,va venir s’ennuyer dans la verte Normandie pour un beau chèque et Caen …va descendre. Ce sera une désolation car rappelons-le: le foot français est né en Normandie, amené par les Britanniques au Havre . Or le SM Caen , comme Rouen et Le Havre sont des clubs centenaires qui ont perdu toute identité . C’est bien joli de faire danser une mascotte viking sur la pelouse mais où est l’identité dans le recrutement ? Depuis Rix ,Stein en renfort des Lebourgeois, Dumas ou Divert ,Malherbe n’a jamais eu un effectif évoquant la Normandie , région liée à l’Angleterre et aux Scandinaves. Et si le maillot du HAC rappelle Oxford et Cambridge où sont les Britanniques de l’effectif ? Que dire des « diables rouges  » de Rouen , titrés en 1945 mais disparus des radars depuis ? Si l’argent manque en Normandie, alors il faudrait des dirigeants qui aient des idées… Malheureusement les anciens présidents du SMC,club normand le plus fidèle en L1 depuis 30 ans, n’ont guère laissé de traces. Ce club a un public et un long passé ,mais aucun avenir. On a envie de jouer au monopoly et de conseiller les dirigeants : il y a un goal islandais excellent à Dijon, il parle la langue des Vikings, pourquoi ne pas l’avoir acheté ? Il y a de très bon joueurs Britanniques ou Scandinaves peu chers , pourquoi Malherbe ne pense jamais à eux ? Pourquoi un ancien , comme Bodmer , ne finit pas sa carrière à Caen mais à Amiens ? Il faut une identité à un club s’il n’a pas d’argent . Donc: régionaux, anciens de retour et étrangers d’un même secteur, c’est plus facile.Sven Goran Eriksson serait enchanté des vertes prairies normandes mais Courbis va-t-il chercher les pingouins du regard comme il le fit à Lens ? Le Marseillais est tellement hors-sol que c’en est comique …ou tragique pour les dirigeants malherbistes . Ils ont déjà réussi une performance: être encore plus médiocres que leurs prédécesseurs. Quel rapport entre les joueurs de district et les pros de Caen ou du Havre ? Et bien ils pratiquent le même jeu . Par contre ils n’ont pas eu le même parcours : un joueur d’une famille enracinée à la cambrousse ne peut pas espérer sortir un jour. Surtout si les dirigeants pros du coin ne viennent jamais jeter un œil dans le bocage mais préfèrent se faire mousser sur FR3 Région en expliquant que la énième descente n’est pas leur faute . Pourtant ils avaient recruté tout un carnaval de CV douteux , non ?

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