Droits télé: ne pas commettre les mêmes erreurs

La ligue a réussi son coup: obtenir plus d’un milliard d’euros de droits télé. C’est super, mais pour faire quoi ?

C’était le dossier à ne pas rater. Les futurs droits télé de la période 2020-2024, c’état le gros enjeu pour rattraper le retard sur les autres pays. Et la ligue a réussi son coup. Pour cette période, elle a obtenu plus d’un milliard d’euros par saison. C’est génial, mais est-ce que c’est synonyme de progression ?

Avant d’aller plus loin, le premier élément intéressant, c’est que canal+, le diffuseur historique n’existe plus. A ce jour, la chaine cryptée ne diffusera plus de match de ligue 1 à compter de la saison 2020, dans l’attente de voir ce qui peut se passer avec le nouveau propriétaire des droits, le groupe médiapro.

Le montant des droits télé, ça représente environ 400M€ par an supplémentaires par rapport à ceux actuels. C’est beaucoup, mais ramener au nombre de clubs de ligue 1, ça représente environ 20M€. Avec les tarifs actuels, ce n’est même pas le montant d’un très bon joueur, quand on voit qu’un Tolisso c’est 40M, qu’un Fekir ce serait autour de 70.

A la première envolée des droits télé, à la fin des années 90, début des années 2000, les clubs s’étaient trompés. Au lieu de travailler sur les structures et infrastructures, les clubs avaient fait exploser leur masse salariale, notamment en augmentant un tas de joueurs moyens. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’un joueur moyen qui vaut 70 000€ par mois, ne vaut pas plus si votre budget augmente. Ce qui coute cher aux clubs, ce sont tous ces joueurs.

Le montant supplémentaire gagné doit servir à augmenter les compétences des clubs dans tous les domaines. Les éducateurs à la formation, les staffs techniques, les services commerciaux. Mais pas que. Cette manne financière doit leur permettre de retenir des joueurs. Les clubs avaient pris l’habitude de vendre en fin de saison pour équilibrer leurs comptes.  Avec ces 20M€ de moyenne, plus besoin de vendre.

L’argent, c’est bien, on en a besoin, mais ce n’est pas la condition sine qua non à la réussite. Pour réussir, il faut penser global, progression, mais aussi être conscient de ses moyens budgétaires et ne pas dépenser de l’argent qu’on n’a pas encore.

Alors, on va voir. On va voir si les présidents ont appris de leurs erreurs passées. On va voir si les clubs décident de se renforcer structurellement et humainement plutôt que d’offrir des salaires énormes à des joueurs lambda. Enfin, on va voir si cette future augmentation, les clubs ne la dépensent pas par anticipation. Parce que le risque, c’est que pour se maintenir absolument et toucher ces futurs droits, les clubs s’endettent par anticipation. Dans ce cas-là, et en cas de descente, certains clubs pourraient disparaître.

Le problème, ce sera quand même pour les téléspectateurs. Déjà, les horaires, avec de nombreuses rencontres le dimanche après-midi, c’est un problème pour tous ces footballeurs du niveau amateur, jeunes et moins jeunes, qui jouent au même moment. Mais le vrai problème, c’est le nombre de chaines auxquelles il va falloir s’abonner pour suivre la ligue 1 (Bein, médiapro). Si on ajoute à cela la ligue des champions sur une autre chaine (SFR), ça va encore un abonnement de plus. Ca va commencer à faire beaucoup. Finalement, tout cela est-il bien rentable ?

En tout cas, les clubs voulaient de l’argent en plus, ils l’ont. On attend la suite avec impatience.

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