DTN: le changement… sans changer

En ce moment, se déroule le tournoi U16 du Val-de-Marne, avec les équipes de France, Russie, Angleterre et Etats-Unis. Je suis donc allé voir la rencontre entre la France et l’Angleterre qui se déroulait à Boissy-Saint-Léger.

Quand on entend les discours de la DTN, je m’attendais donc à voir une équipe poser le ballon, des profils différents desquels nous étions habitués, un jeu qui repart de derrière. Mais qu’ai-je vraiment vu ?

Tout d’abord, dans les profils, pas vraiment de changement. Une défense athlétique, deux milieux défensifs qui ne se projettent que très peu et qui « restent en place » (la fameuse devise de nos entraineurs et de notre DTN !!!), deux ailiers plutôt rapides qui ne font que percuter, et deux attaquants plutôt athlétiques et assez limités techniquement.

Dans le jeu ? Toujours pareil. Des ballons donnés vers les ailiers, des latéraux qui ne viennent ni apporter du surnombre, ni dédoubler, en gros, on laisse les ailiers et leur vitesse se débrouiller seul. Les milieux cherchent systématiquement la profondeur avec un déchet énorme pour, soi-disant, les meilleurs joueurs français de leur catégorie d’âge. Et en attaque, du basique, des centres mais très peu de combinaison (pour ne pas dire aucune). Je n’ai, par exemple, jamais vu les deux joueurs de couloir décrocher, prendre appui et demander dans le dos de la défense. Comme je n’ai pas vu non plus, ces mêmes joueurs de couloir fixer et prendre appui avec un attaquant pour rentrer vers l’intérieur, aidé par le latéral pour créer cette incertitude.

Je mens un peu quand je dis qu’il n’y aucun changement: il n’y a pas de petit arabe en numéro 10 comme c’est le cas régulièrement depuis des années dans les équipes de France de jeunes !!!!

Face à cette équipe, les deux milieux axiaux anglais étaient beaucoup plus intéressants avec des prises de balle orientées, des échanges de passe courte pour se mettre dans le sens du jeu.

Mais comme la France a gagné un à zéro, on va sûrement me dire que le plus important c’est la victoire. Evidemment, non !!!

A cet âge, le plus important c’est la progression, les comportements de jeu, les principes de jeu. Gagner en U16, ça ne sert à rien s’il n’y a rien de construit. D’une part parce qu’on sait que les différences à ce niveau sont souvent plus physiques que techniques ou d’intelligence (Nigéria pays le plus titré en U17), mais également parce que le pourcentage de joueurs de cette équipe de France qui intégreront les A est infime. Il suffit de regarder les A d’aujourd’hui pour le comprendre: Evra, Koscielny, Griezmann, Payet etc… n’ont intégré les équipes qu’en espoirs ou même carrément en A directement. Autre exemple, sur la génération U17 championne du monde en 2001, seul Sinama Pongolle compte une sélection en A. Pour les autres, certains comptent des sélections en Algérie, au Sénégal, en Côte d’Ivoire par défaut, mais aucun n’a intégré les A français. Et je ne parle même pas de leur carrière respective où la plupart se sont perdus.

Les champions d’Europe U19 en 2005 ? Moussa Sow, Djamel Abdoun, Franck Djadjédjé, Cédric Cambon, Marange, Olivier N’Siabamfumu, Chakouri, Moutaouakil… Heureusement, cette génération a quand même été sauvée par Lloris, Cabaye et à degré moindre Kaboul, Diaby.

La France, de par sa mixité, est sûrement le pays qui a le plus gros potentiel de footballeurs en Europe. Malheureusement, le copinage, l’incompétence, et cette fameuse supercherie qui veut que « seule la victoire compte », sont en train de tuer tous ces jeunes. Alors continuons de nous gargariser avec des titres en U17 ou U19 quand nos espoirs n’ont plus participé à un Euro depuis dix ans (et oui !! quand tout le monde grandit, les différences athlétiques sont moins faciles à faire et l’intelligence ramène tout le monde à niveau).

Le modèle de football allemand et espagnol, la qualité de jeu, ce n’est pas pour demain…

1 Comment

  1. merci pour cet article. C’est quand même navrant, j’ai l’impression que le football français a oublié ses racines de jeu de l’époque hidalgo car quand j’étais gamin j’ai été éduqué en regardant des matchs où le physique n’était pas tout, il y avait du physique oui mais au service de l’intelligence collective il me semble, des joueurs pas stéréotypés (tigana, giresse, platini…)et des passes avec une conscience du collectif.
    Quand le capitalisme met le nez dans la formation, les « éducateurs » se comporte comme des négriers, c’est affligeant ). En équipe de jeunes j’ai arrêté dégouté, la culture du « résultat à tout prix » faisait déjà des ravages, je préfèrais faire une passe et bien me placer que de courir comme un bourrin pour marquer tout seul comme un con et je ne comprenais pas pourquoi j’étais souvent considéré comme un joueur atypique (voir anormal) pourquoi c’est comme ça en France?

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