Pourquoi un entraineur, c’est important ?

Suite à quelques messages reçus, je vais préciser pourquoi Emery n’est pas le seul coupable, mais qu’il est le plus important.

Si les joueurs n’avaient pas besoin d’un entraineur, ça se saurait. L’entraineur, c’est quoi ? Son rôle est multiple et il démarre bien avant le match et se termine bien après.

Avant les matchs, l’entraineur, c’est celui qui prépare son équipe. Le style de jeu, les principes, qui utilisent les failles de l’adversaire. C’est celui qui met en place des choses à l’entrainement pour créer des relations entre les joueurs, trouver des complémentarités et commencer à créer des certitudes qui seront validées, ou pas, pendant les matchs.

Dans la préparation du match, il y a l’étude de l’adversaire, et donc la mise en place de quelques choix de jeu qui appuieront sur les faiblesses de celui-ci. Enfin, il y a le choix de la composition d’équipe en fonction des présents et absents, mais aussi de l’adversaire, de ses points forts et faibles, de l’importance du match, et de la gestion des temps de jeu. Garder tout son groupe, ou presque, concerné, c’est primordial.

Juste avant la rencontre, il y a les messages envoyés. Un joueur mis sur le banc alors qu’il est très bon en ce moment, un joueur aligné pour des raisons extra-sportives, le discours d’avant-match. Tout cela joue sur le comportement des joueurs et donc de l’équipe. Parce que je vais vous faire une révélation: les joueurs sont de grands enfants, mais surtout ce sont des êtres humains !!!

A ce moment-là, l’entraineur doit donc avoir tout fait pour que les joueurs arrivent en forme et en confiance pour la rencontre.

Pendant le match, l’entraineur, c’est celui qui donne quelques consignes, qui analysent ce qui se passe et ce qu’il va devoir rectifier ou changer. Son attitude est importante et chacun a sa personnalité. Certains sont bouillants, bougent, crient, quand d’autres dégagent de la sérénité et restent lucides pour analyser du mieux possible ce qu’il se passe. De cette attitude, passe un nouveau message. Si votre entraineur semble nerveux, ça rejaillira sur les joueurs. Si votre entraineur fait un choix défensif lors d’un remplacement, il envoie le message suivant aux joueurs: « il faut qu’on tienne. Je renforce la défense ». C’est arrivé à Barcelone l’an dernier, hier soir à Madrid, mais aussi à Chelsea avec Laurent Blanc lors de l’élimination de 2013 (remplacement de Lucas par Marquinhos).

Le football, c’est aussi un jeu d’intox. Si hier, Emery fait entrer Di Maria à la place de Lo Celso autour de la 60ème minute, alors que son équipe domine, le message perçu aurait pu être le suivant: « on est bien, j’ai une totale confiance en vous. Je mets Di Maria, c’est le moment de faire la différence ». Dans ce cas-là, comment aurait réagi Zidane ? Aurait-il pris le risque de déséquilibrer son équipe comme il l’a fait ? On ne le saura jamais, mais on peut penser que non. Et même s’il l’avait fait, Paris aurait eu des arguments offensifs pour faire mal.

Les problèmes d’Emery, et c’est pour cela que, pour moi, il est le premier responsable, c’est son manque d’exigence et son manque d’emprise sur la rencontre. La ligue 1 ne prépare pas le PSG aux grosses rencontres. Alors plutôt que de se contenter de prendre des points et de laisser les joueurs faire ce qu’ils veulent, il aurait dû être exigent. Exigent sur l’intensité à mettre dans un match. Exigent sur le match à Munich même si le PSG était (presque) assuré de la première place. Exigent sur les courses de replacement de Mbappé, même quand le PSG se balade. Exigent sur les combinaisons offensives et notamment ne pas laisser Neymar abuser d’actions individuelles. Parce que quand vous prenez de mauvaises habitudes, il est très dur d’en changer. Si Neymar abuse en ligue 1, oui c’est de sa faute, mais son entraineur doit être capable de lui dire: « Maintenant, tu arrêtes de nous faire chier et tu respectes le jeu collectif. Nous, on prépare la ligue des champions pas les matchs à Dijon ou Rennes ». Et qu’on ne vienne pas me dire que ce n’est pas possible parce que Neymar ceci ou cela, Guardiola y arrive bien non ? Quant à son manque d’emprise, en plus de ses choix critiquables, et avec le banc qu’il possède, ne faire que deux changements sur les trois autorisés, c’est juste incompréhensible.

D’ailleurs, ces fameux matchs de ligue 1 auraient également du lui permettre de travailler d’autre chose que sa composition classique et immuable. Même Zidane, qui n’est pas un tacticien hors pair, possède au moins deux systèmes de jeu différents. Pas le PSG !!!

En aucun cas je ne dédouane les joueurs, évidemment ce sont eux qui sont sur le terrain. Mais l’entraineur doit tout faire pour les motiver, les mettre dans les meilleures conditions. Ca ne paraît peut-être pas normal, mais c’est la réalité du football.

Enfin, après la rencontre, l’entraineur, c’est celui qui rassure ou qui calme, qui ressort le positif comme le négatif et qui remet son groupe en ordre de marche. Sauf qu’avec ses choix d’hier, Emery s’est tiré une balle dans le pied.

Oui, le football est cruel. Pendant 70 minutes, Emery avait (plutôt) réussi son match. Mais un match dure 90 minutes et ça fait deux fois qu’il paye très cher les fins de matchs. Alors oui, tout ne peut pas marcher tout le temps. Mais quand vous vous trompez systématiquement, c’est qu’il y a un problème.

Pour terminer sur l’arbitrage d’hier, oui il y a sûrement des choses à dire. Mais le PSG l’a vécu l’an dernier. C’est un petit club et quand il ira à Madrid, à Munich ou à Barcelone, ce sera comme ça. Alors, à eux de tout faire pour ne pas donner l’occasion aux arbitres de les punir. Ca aussi, ça fait partie de l’expérience.

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.