Espoirs, Ô désespoir

L’équipe de France espoirs a vécu une nouvelle désillusion face aux Pays-Bas (1-2) en quart de finale de l’Euro espoirs. Pourtant, il y avait la meilleure génération de l’histoire du football, parait-il.

Finalement, c’est toujours le même refrain qui revient sans cesse : on a la meilleure génération de footballeurs. Enfin, on va faire quelque chose à l’Euro. Puis, c’est la douche froide. Il faut dire que cette dernière génération a déjà réussi un exploit : se qualifier pour la phase finale d’un Euro espoirs, ce qui ne lui était plus arrivé depuis 2006.

Avec cette équipe, on allait voir ce qu’on allait voir. Avec des joueurs titulaires dans des clubs comme le RB Leipzig, Lyon, Leverkusen, Monaco. Mais le football est un sport collectif et pas une somme d’individualité.

Face aux Pays-Bas, on a vu une équipe sans âme, sans idée, où la différence passe par des exploits individuels. Quand les individualités ne sont pas au rendez-vous, ce n’est pas le collectif qui va l’aider, il n’y en a pas. La France quitte donc la compétition en quart de finale.

Quel est l’objectif ?

C’est finalement un condensé du football français qu’on a vu ce lundi soir. Des individualités mais pas de collectif, un sélectionneur sans idée, sans projet de jeu. Il y a deux façons d’aborder cette catégorie : le résultat ou le jeu.

Le résultat, c’est basique et sans détour : tu gagnes ou tu perds et quand tu perds tu as échoué. Le jeu, c’est autre chose. Donner une ligne directrice, une identité. Les espagnols, les portugais, les italiens, les allemands, les néerlandais ont choisi cette voie. Ils ne gagnent pas toujours, sont même parfois éliminés avant la phase finale, mais l’idée est de jouer. Il suffit d’avoir vu le Portugal – Italie pour voir la différence.

Évidemment, c’est plus facile quand la formation des jeunes est basée sur l’intelligence de jeu, le développement individuel et collectif. En France, comme on fabrique du joueur à vendre, on est loin de tout ça.

Enfin, il y a le choix du sélectionneur, Sylvain Ripoll. Il n’est pas coupable de tout mais il a un rôle important. C’est à lui de poser les principes de jeu, de trouver les meilleures associations. Il a échoué sur ce point. Mais c’est également à lui de trouver les mots pour motiver ses joueurs. Et il a échoué.

Quand on m’explique que c’est normal qu’ils ne soient pas motivés, que certains ont déjà joué en A, qu’ils jouent régulièrement la ligue des champions et que c’est compliqué de se motiver pour un Euro espoirs, ça me fait rire. C’est donc difficile d’avoir envie de jouer au foot, dans une compétition internationale dans laquelle tu représentes ton pays, quand tu n’as encore rien gagné ? Et ça ne choque personne ? D’ailleurs, il suffit d’avoir vu le Portugal – Italie pour voir la différence (oui, encore !!).

Pour ceux qui pensent que la FFF se moque des espoirs et de ses résultats, là aussi, c’est une erreur. Ils ne communiquent pas parce qu’il n’y a pas de résultat mais évidemment qu’à la FFF, qui plus est avec le groupe de joueurs sélectionné, on ne rêve que de remporter l’Euro espoirs. D’ailleurs, si c’était si peu important, pourquoi avoir communiqué lors de la qualification ?

La France a l’image d’un pays formateur mais est incapable d’exister dans les compétitions de jeunes, ou si rarement. Tant que les A sont champions du monde (et peut-être d’Europe dans quelques semaines), tant que la vitrine brille, ça permet de cacher ce qu’il se passe dans l’arrière-boutique.

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