Et si c’était le moment de changer

Les droits télé, le Brexit, les résultats européens, le football français s’avance vers des heures sombres. Et si c’était le moment d’un grand coup de balai et de revoir notre façon de travailler ?

Il y a quelques mois, le foot français rêvait. Avec les droits télé qui devaient arriver grâce au nouveau contrat à 1,3 milliards d’euros, les clubs allaient enfin pouvoir arrêter de se plaindre du manque de moyens. Il est vrai que les clubs français manquent d’argent, avec des petits budgets !!!! Bref.

Finalement, l’incompétence des dirigeants aura plombé le rêve. Mediapro n’est pas solvable et le pactole envisagé n’est plus qu’un lointain souvenir. Si on y ajoute les résultats européens déplorables, et le Brexit avec son nouveau règlement sur les arrivées de joueurs étrangers, ça ne sent pas très bon.

Pourtant, c’est peut-être l’occasion rêvée de se renouveler, de penser autrement. C’est au moment où l’Espagne a connu sa première crise, que les jeunes ont été utilisés pour compenser le manque de moyens. Résultat ? Un nouveau football et des titres en pagaille, que ce soit en club ou en sélection.

J’ai toujours pensé qu’un club devait utiliser l’argent qu’il avait et ne pas miser sur un éventuel transfert pour combler les déficits. Donc, au lieu de surpayer des joueurs moyens, de creuser des trous dans les finances, il valait mieux rester dans son budget et, s’il y avait une vente de joueurs, elle permettrait des bénéfices et pas revenir à zéro.

Repenser la formation

En France, on forme et on exporte. Peu importe de savoir si la formation est la meilleure ou pas, l’objectif est de vendre. On forme alors des profils de joueurs que les clubs étrangers n’ont pas grâce à un éventail de profils ethniques inégalable en Europe. Dans cette formation, on forme des joueurs aux qualités individuelles importantes mais à la réflexion collective proche du néant.

Puisqu’il va y avoir moins de moyens, pourquoi ne pas, désormais, former des vrais joueurs de clubs, avec une philosophie de jeu propre à chacun et qui pourront s’inscrire plus facilement dans le collectif quand ils devront être utilisés en ligue 1 ? Pourquoi ne pas redonner l’envie à des jeunes de s’inscrire dans un projet club, plutôt que de ne s’imaginer que de passage pour très vite aller voir ailleurs ?

Pour cela, il va falloir revoir les profils recrutés chez les jeunes, sortir du seul le résultat compte, et prendre le temps d’apprendre à ces joueurs à jouer au football, à penser collectif, à réfléchir au jeu. En parallèle, ouvrir les portes à des éducateurs à la vision différente et arrêter de recycler d’anciens pros qui reproduisent bêtement ce qu’ils ont vécu.

Repenser le jeu

Avec cela, il est indispensable de repenser le jeu. Oui, il existe plusieurs footballs, et oui, on a le droit d’aimer le football défensif, fait de bloc bas, d’équipe bien en place, qui attend le miracle pour inscrire un but sur un contre. Mais si on veut avancer, il va falloir changer.

Pour que les joueurs s’investissent et aient envie de s’inscrire à moyen ou long terme, il faut du jeu, du plaisir, des émotions. Si je m’éclate avec mes partenaires, mon entraineur, j’aurai sûrement plus envie de rester au club qui si je m’ennuie et que je rentre chez moi après un match en ayant l’impression de ne pas avoir joué.

Il suffit de regarder l’OM de Bielsa pour comprendre que oui, le football de haut niveau ce sont les résultats, mais que oui, je peux m’éclater et penser qu’on a réussi une belle saison même en finissant 4ème du classement.

Le jeu, les émotions, c’est aussi ce qui va permettre d’attirer du public. Qui a envie de payer 20 ou 30€ pour aller voir un 0-0 dans une rencontre où il y aura deux équipes qui attendent l’erreur de l’autre et où il n’y aura pas plus de deux occasions, et encore ? Personne, ou très peu de gens.

L’histoire du manque de moyens n’est qu’une excuse au manque de travail et d’idées. Sinon, comment expliquer que l’OM, Rennes ou Nice s’inclinent régulièrement contre des équipes au budget deux, trois ou cinq fois inférieur ? Il y a parfois des évènements qui créent des difficultés. Mais ce sont aussi ceux-là qui vous obligent à vous renouveler, à penser, à créer un modèle différent. Ce moment est sans doute arrivé, et il serait dommage de le rater.

1 Comment

  1. C’est la base. Proposer du spectacle pour pouvoir attirer le public, remplir les stades et vendre des produits dérivés. Baisser les charges ne serait qu’un plus une fois les bases solides.

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