Et si le Qatar sauvait la coupe du monde ?

Comme en 2014 au Brésil ou en 2016 à l’Euro, cette coupe du monde montre des écarts réduits entre les grandes nations et les petites. Mais tout est normal. Et si la coupe du monde en décembre ramenait du spectacle ? Explications.

L’Italie et l’Espagne avaient quitté la coupe du monde 2014 dès la phase de poule. L’Allemagne avait galéré face à l’Algérie. A l’Euro, L’Espagne avait été éliminé par l’Italie dès les huitièmes de finale et l’Islande était allée jusqu’en quart de finale. Cette année, même si rien n’est joué, l’Argentine, l’Espagne, le Brésil, l’Allemagne voire l’Espagne sont en difficulté ou ont souffert contre des « petites » équipes. Je sais que ça plait à des gens, les surprises, les petits qui tapent les gros. Bref.

La coupe du monde en juin-juillet, ça devient un problème. Les joueurs de ces grandes nations jouent tous, ou presque, dans des clubs importants qui jouent une soixantaine de matchs par saison. C’est un premier problème.

Ensuite, il y a un problème dans la gestion du calendrier. Pour prendre l’exemple de la France, le championnat s’est terminé le 19 mai. La plupart des championnats se sont à peu près terminés à cette période, voire la semaine d’avant. Pour certains, il y a eu une finale de coupe du pays à jouer le weekend suivant. Puis, il y a eu la finale de la ligue des champions le samedi 26 mai pour de nombreux internationaux. Le premier match de la coupe du monde, en fonction de votre poule, a lieu entre le 14 et le 19 juin. Il y a donc environ de trois semaines et jusqu’à un mois d’attente entre le dernier match en club et le premier en coupe du monde. C’est trop.

Cette période est très compliquée à gérer. Il faut gérer la décompression mentale des joueurs sans qu’elle ne soit trop importante pour rester concentré et concerné. Cette décompression peut avoir une incidence sur le physique du joueur. Il faut donc, ensuite, gérer ce dernier entre récupération et charge de travail pour pouvoir être prêt à aller le plus loin possible dans la compétition. Enfin, il faut gérer les arrivées tardives des derniers joueurs, souvent des titulaires d’ailleurs, et leur demander d’être prêts très rapidement. C’est un casse-tête.

Ces pays visent le titre final. La charge de travail étant plus lourde, il mise sur leur talent pour passer les poules et une montée en puissance pour être prêt à partir pour les huitièmes de finale. Les petits, eux, ont un plan différent. Moins de travail athlétique pour avoir du jus et être prêt dès le premier match. On le voit bien, dans les courses, les efforts, les petits sont au top pour défier ces gros pays. Et ça marche. Ils les gênent vraiment grâce à tout cela, là où au niveau du jeu ils ne peuvent pas rivaliser. L’Algérie donc en 2014, mais aussi le Costa Rica toujours au Brésil avaient profité de joueurs plus frais pour poser des problèmes à l’Allemagne pour le premier, et se hisser en quart de finale pour le second. A l’Euro, c’est l’Islande qui était sorti des poules puis avait éliminé l’Angleterre avant d’exploser contre la France.

Le spectacle, ce sont les joueurs pas les télés

Dans la deuxième partie du tournoi, les grands sont mieux physiquement, mais surtout ils s’affrontent entre joueurs qui ont tous le même nombre de matchs. Et là, c’est donc le jeu et la gestion des émotions qui vont faire la différence.

On peut donc dire qu’il y a trop de matchs par saison, et que le calendrier est mal organisé avec ce trou qui plombe les grands pays. Peut-être que diminuer cette « trêve » permettrait aux joueurs d’être toujours dans le rythme ? Parce qu’on le sait, l’enchainement des matchs n’est pas un problème en soi, ce sont les coupures qui le sont. Et sept matchs de plus en fin de saison, ce n’est pas insurmontable. Surtout si c’est pour jouer une coupe du monde.

Alors, finalement, décriée pour de nombreuses raisons, la coupe du monde 2022 au Qatar va-t-elle sauver la compétition ? Peut-être. Dans l’obligation de l’organiser en décembre, les joueurs seront donc en pleine possession de leurs moyens, en plein milieu de la saison, et toujours concernés mentalement puisque les objectifs en club ne seront pas encore atteints. Donc pas de relâchement possible.

C’est sympa de voir l’Iran tenir tête à l’Espagne, et tant mieux pour l’Iran. Mais en réalité, quelles sont les équipes que les gens viennent voir, en dehors de leur pays de nationalité ? Alors, si la prochaine coupe du monde  était plus spectaculaire que les dernières, peut-être que ça pourrait donner des idées aux dirigeants du football pour, enfin, faire tout ce qu’il faut pour nous offrir du spectacle, plutôt que de chercher seulement à empocher des droits télé toujours plus grands en oubliant, trop souvent, que le spectacle, ce ne sont pas les télés qui l’offrent, mais bien les grands joueurs.

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