Etre dribblé, ce n’est pas une humiliation

Le dribble, c’est spectaculaire, c’est beau, c’est ce qu’on aime voir. Mais il parait aussi que c’est une humiliation, d’après certains. Ramenons les choses à leur juste valeur.

Ceux qui nous font aimer le foot, aller au stade ou s’installer devant la télé, ce sont, majoritairement, les dribbleurs. D’ailleurs, le reportage diffusé sur RMC Sport était beau, émouvant.

Le dribble, c’est la créativité, l’improvisation, mais aussi la beauté esthétique et la jouissance. Réussir un geste et faire se lever un stade, c’est magnifique. Mais il ne faut jamais oublier que le dribble, ça vient de la rue.

Dans la rue, on joue dans de petits espaces, avec du monde, des obstacles. Il faut donc, pour s’en sortir, savoir manier le ballon. Mais dans la rue, on se défie aussi. Et le dribble, c’est ça. On toise, on chambre, on provoque. Et quand on réussit, il parait que les défenseurs le vivent comme une humiliation, notamment quand ils prennent le fameux « petit pont ».

Évidemment, il y a plusieurs raisons à ce que les défenseurs soient vexés. Le chambrage qui suit, mais aussi le fait que, très souvent, les entraineurs en rajoutent une couche en déclarant parfois au joueur « il va te la faire longtemps. Découpe-le !!! ».

Ce sont les défenseurs qui pensent comme ça. Les joueurs offensifs pensent souvent différemment. Pastore, dans le reportage de Transversales, disait que lorsqu’il reçut le petit pont de Messi lors d’un PSG – Barça, il avait sourit en se disant que c’était tellement bien fait que c’était beau. Andy Delort, après le petit pont reçu par Neymar a également déclaré: « Avec son petit pont, il m’a tué. Dans ma tête, je me suis dit, oh le batard !! Mais moi, j’aime bien, ça me fait rire ». Et oui, il y a bien plus grave, ce n’est que du foot.

Même Zidane chambrait

La vérité, c’est Zlatan qui l’a énoncée : « le dribble, il y a ceux qui aiment parce qu’ils peuvent le faire, et il y a ceux qui détestent par qu’ils en sont incapables ». Tout est dit.

Ensuite, on aime certains dribbleurs plus que d’autres. Il parait que certains dribblent sans morale. Quelle blague !!! On cherche alors à stigmatiser un Neymar parce qu’il parait qu’il en rajoute, qu’il chambre. Pourtant, tout le monde s’extasiait devant Ronaldinho. Pourtant, dans le chambrage, c’était du haut de gamme. Quand, face à l’OM, il fait un exter-inter et passe aveugle face à Dos Santos, c’est gratuit. Et que dire de sa passe du dos si ce n’était pour montrer à ses adversaires « je me permets même ça face à vous ».

Il y a un autre joueur qu’on n’a jamais critiqué là-dessus et qui pourtant était un chambreur : Zinedine Zidane. Je vous propose d’aller sur youtube voir une vidéo face à la Reggina. Zidane est le long de la ligne de touche face à trois adversaires. Il enchaine passement de jambes, semelle, s’arrête et avec ses deux mains montre le ballon comme pour dire « venez le prendre ». Dans ces vidéos, vous verrez le nombre de fois où Zidane fait des passes ou des dribbles avec une désinvolture qui n’est rien d’autre que du chambrage. Mais Zizou, il a appris le foot dans son quartier, avec ses potes… Chassez le naturel…

Qu’on le veuille ou non, chez tous les dribbleurs, il y a ce côté moqueur, provocateur. Parce que le dribble c’est ça. La rue c’est ça. Et heureusement qu’ils sont là, ces joueurs qui nous font vibrer, rêver, aller au stade. Quant à l’humiliation, il faut peut-être juste ramener le football à ce qu’il est à la base : un jeu. Arrêtons de dramatiser et laissez-nous kiffer.

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