Jouer tous les trois jours: la fausse excuse

En France, on a décrété que jouer tous les trois jours, ce n’était pas possible. Heureusement, cette saison, Marseille est en train de prouver le contraire.

C’est une excuse qui revient tous les ans: on n’a pas les joueurs ni l’effectif pour jouer tous les trois jours. Et oui, c’est une excuse pour justifier des résultats moyens ou un parapluie pour se défendre de futurs mauvais résultats. Dans beaucoup de pays, il y a de nombreuses équipes qui jouent tous les trois jours jusqu’au mois de mars, au moins. A part en France, personne ne s’en sert pour expliquer des résultats décevants.

En fait, jouer tous les trois jours n’a jamais posé de problème, et encore moins aujourd’hui. Avec les progrès de la science et de la médecine dans la récupération des sportifs, mais aussi les kinés et les nutritionnistes dont disposent les clubs, les joueurs peuvent enchainer les matchs.

Le problème, c’est qu’on a enfoncé dans le crâne des joueurs que ce n’était pas possible. On les a donc conditionné mentalement et ça rejaillit sur leurs prestations. Mais ce n’est pas tout. En leur inculquant cette règle, on leur a servi une excuse sur un plateau et ils savent s’en servir pour justifier des matchs médiocres. On pourrait même aller plus loin et se demander à quoi ça sert de se qualifier pour la C3 et de ne pas la jouer ? On pourrait aussi se demander pourquoi être footballeur si c’est pour jouer un match de temps en temps ?

Heureusement, cette saison, l’OM est en train de démontrer que ce n’est pas impossible, et même que c’est encore mieux qu’un seul match par semaine. Et il existe plusieurs raisons à cela.

Quand vous jouez plusieurs compétitions, les remplaçants habituels ont alors plus de temps de jeu que s’il n’y avait qu’un match par semaine. Ca permet de garder tout le monde concerné et de créer une sorte de concurrence entre les joueurs.

L’expérience acquise pendant ces rencontres de coupe d’Europe est également importante pour la suite de la saison mais aussi les saisons suivantes. Guingamp, en 2014-2015 était sorti de sa poule de ligue Europa et avait atteint les 16ème de finale de la compétition. Cela lui avait servi pour le championnat puisque les bretons terminèrent la saison à la 10ème place du championnat.

Les joueurs, et ils le déclarent très souvent, préfèrent jouer que s’entrainer. Être en course dans toutes les compétitions est alors bénéfique: moins d’entrainement et plus de matchs. De plus, la victoire appelle la victoire et elle est le meilleur remède contre la fatigue et la lassitude. Allez demander aux marseillais après le match face à Leipzig s’ils ont préféré vivre cette ambiance, même légèrement fatigués ou s’ils auraient préféré être chez eux devant la télé à ne rien faire ? Plus on gagne, plus on a envie de jouer et de gagner encore. Quand vous êtes dans une bonne spirale, la stopper en balançant un match ou une compétition peut coûter très cher.

Si Adil Rami a tout fait pour revenir de blessure le plus vite possible et pouvoir jouer le quart de finale de coupe d’Europe, c’est qu’il y a une raison. Si l’OM avait été dixième en championnat et éliminé de toutes compétitions, on peut penser que l’ancien sévillan n’aurait pas récupérée aussi vite.

En fait, le vrai travail, c’est pour le coach. C’est à lui de trouver les bons dosages à l’entrainement, et de faire un turn-over léger mais régulier pour garder son groupe sous pression, compétitif et en pleine forme.

Malgré le fait d’être l’équipe à avoir joué le plus de rencontres cette saison, l’OM est encore en course pour une place en ligue des champions en championnat (4ème à égalité de points avec l’OL et à seulement quatre points de Monaco 2ème), est en demi-finale de l’Europa league et avec l’espoir de la remporter.

On peut rappeler également que la seule fois où le PSG avait été éliminé par Chelsea, les parisiens avaient demandé à avancer leur match de championnat pour avoir six jours de récupération. L’année suivante, ce furent les anglais qui avaient décalé leurs matchs de championnat avant chaque rencontre face au club parisien pour avoir plus de six jours de récupération pendant que le PSG n’en avait que trois. Résultat ? Le PSG s’était qualifié en remportant les deux rencontres. Comme quoi…

Alors qui a dit qu’on ne pouvait pas jouer tous les trois jours ?

1 Comment

  1. Je te rejoins pleinement dans ton analyse mais il est vrai que l a spect.positif de ces matchs à enchaînement et surtout de tenir tout son groupe concerné…

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