Jules Koundé, une autre dimension

En rejoignant Séville, Jules Koundé a pris une autre dimension. Certains vanteront évidemment la formation française, mais la vérité est sûrement ailleurs.

Je parle souvent de rencontre, d’environnement, de bon endroit pour réussir une carrière. Il y a des joueurs à fort potentiel qui se trompe dans leurs choix de clubs, et puis, il y a ceux qui choisissent ou qui ont la chance de signer au bon endroit, au bon moment. C’est le cas de Jules Koundé.

A Bordeaux, le joueur était bon mais sans être exceptionnel. On lui voyait des qualités, mais sans savoir vraiment quel niveau il pourrait envisager d’atteindre. Dans une équipe irrégulière et sans éclat, il avait le rôle habituellement donné à nos défenseurs centraux. Rapide, pour gérer la profondeur, bon dans les duels, mais surtout, ne prendre aucun risque dans la relance, dégager le ballon en tribune ou le plus loin possible, c’est la mission principale. D’ailleurs, il ne connaitra sa première sélection en équipe de France que chez les moins de 20 ans.

Puis, il va signer à Séville. Un club qui réfléchit à son football, à son recrutement et qui prend des coachs qui correspondent à leur idée du football.

A Séville, le défenseur ne sert pas qu’à empêcher les attaquants de marquer, il joue au football, il participe au jeu. Et là, miracle !!! Quand on demande à un joueur de relancer, de participer, de proposer des solutions, qu’on lui donne confiance, on se rend compte qu’il sait jouer au foot.

Lopetegui, l’entraineur qu’il lui fallait

Quand votre entraineur ne vous pourrit pas à la première relance ratée, c’est bizarre, mais vous en ratez moins. Quand votre entraineur vous demande d’être un joueur de foot, de ne pas vous cantonner à un rôle de destructeur d’attaques adverses, c’est bizarre, vous devenez un joueur de foot. On se rend pas compte de l’impact des mots de l’entraineur. Comment être en confiance, oser, tenter, quand votre coach vous répète « ne prend pas de risque », « reste en place » ?

A Séville, Jules Koundé s’éclate. Il défend de mieux en mieux, mais il apporte des solutions, casse des lignes balle au pied, vient proposer des solutions très haut sur le terrain… Et ça marche.

Alors oui, certains expliqueront que c’est grâce à la fameuse formation française, que nous sommes le pays qui formons le mieux. Sauf que si l’ancien bordelais était resté en France, il n’aurait pas atteint ce niveau, bridé dans des principes de jeu basés sur le fameux « on est en place », « d’abord bien défendre », « surtout ne pas se déséquilibrer ». Bref, tout ce qui fait qu’un joueur ne s’épanouit jamais vraiment.

Être tombé sur Lopetegui est une aubaine pour le défenseur français. D’ailleurs, on peut y ajouter Ocampos, passé par la ligue 1 et qui est devenu un autre joueur, mais aussi Diego Carlos, l’ancien nantais. A Nantes, on avait l’impression d’un joueur dur, limité, style défenseur des années 80. Lui aussi montre que, bien utilisé, il est capable de beaucoup plus que seulement bien défendre.

Alors, au lieu de se pavaner devant le nombre de joueurs qu’on exporte, il serait peut-être temps de se demander pourquoi nos joueurs deviennent bons et complets à l’étranger plutôt qu’en France…

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