La révélation Atal

Youcef Atal est une des révélations de la saison. Mais le jeune algérien va devoir gérer une notoriété grandissante. Le plus dur commence.

Youcef Atal est passé, pendant sa formation, par des clubs algériens renommés, notamment l’USMA et la JSK, avant de terminer son parcours au Paradou. Géré au départ par Guillou, ce club avait décidé, enfin, de se donner les moyens (et le temps) de former des jeunes algériens. Bensebaïni, le rennais, en est également issu, et d’autres devraient arriver en Europe durant les prochains mercato.

Après avoir évolué au sein de l’équipe première du club, alors en deuxième division, le niçois fut prêté à Courtrai, en Belgique. Il y jouera 10 matchs, sans réussir à flamber, freiné également par des blessures. Puis, c’est l’arrivée à Nice pour environ 3M€. Et là, c’est l’explosion. On notera, au passage, le travail de la cellule recrutement de Nice. Comme quoi, on peut encore faire de belles affaires dans le football, à moindre coût, si on travaille sérieusement.

Positionné comme latéral droit, l’algérien va montrer un énorme potentiel, progressant à chaque sortie. Latéral droit dans une défense à 4, puis couloir droit dans une défense à 5, il montre des qualités offensives indéniables grâce à une très bonne technique et une grosse activité. Alors, c’est vrai, il montre certaines lacunes défensives mais compensées par une générosité énorme et un superbe état d’esprit.

Depuis quelques matchs, et après une blessure qui va l’éloigner des terrains environ un mois, Patrick Vieira décide de le replacer plus haut, dans les trois de devant, à droite tout d’abord puis, face à Guingamp, à gauche. Ce changement de position n’altère pas ses prestations, au contraire. Face aux bretons, l’algérien va réussir son premier triplé dans le monde professionnel. L’entraineur niçois, et ses dirigeants, l’ont d’ailleurs déclaré intransférable. Vieira loue régulièrement son état d’esprit ainsi que sont travail et son écoute au quotidien. C’est bizarre, quand un jeune joueur écoute les conseils de son coach et qu’il travaille pour progresser, il devient meilleur (!!!).

Mais voilà, ce n’est que sa première saison au haut niveau, et c’est maintenant que le plus dur commence.

Tout d’abord, confirmer

Etre performant une saison, des centaines de joueurs l’ont été, mais sans jamais confirmer. Etre performant quand on ne vous attend pas, c’est presque simple car la pression n’existe pas. Désormais, il va être attendu, un peu plus surveillé, et c’est presque un nouveau métier qui commence.

L’autre problème à gérer, ce sont les sollicitations, les rumeurs de transfert et l’intérêt de clubs plus importants que Nice. Si j’avais un conseil à lui donner aujourd’hui, ce serait de rester à Nice, avec un bon coach, qui a connu le très très haut niveau et qui l’apprécie. Oui, c’est dur de résister aux appels de Chelsea et autres grands clubs étrangers. C’est à ce moment-là que l’entourage est primordial.

Trop souvent, les agents se disent qu’il y a un paquet d’oseille à faire, que c’est maintenant et que l’occasion ne se représentera pas. Sauf qu’il faudrait penser à l’inverse. Si le joueur a été capable d’atteindre ce niveau en une saison, il doit être capable de progresser encore et d’atteindre le niveau encore au-dessus, et donc, par conséquent, de rapporter encore plus d’argent, puisque ces gens ne vivent que pour cela.

Que représente une saison dans la carrière d’un joueur ? Rien. L’algérien doit prendre le temps de confirmer ses belles prestations en restant dans un club qui lui a fait confiance et dans lequel il attaquera la saison prochaine avec des repères importants. Pourquoi aller à Chelsea, prendre un gros contrat et se perdre ? Le club anglais possède un nombre incalculable de joueurs sous contrat qu’il prête chaque saison (plus d’une trentaine de prêts) et qui, finalement, finissent par disparaître du circuit.

Le choix du club est d’ailleurs, comme je l’avais déjà expliqué dans un précédent papier (http://parlonsbienparlonsfoot.fr/carriere-reussie-cest-quoi/), d’une importance capitale. Ce choix ne doit pas être fait par défaut pour se dire qu’on n’aura pas d’autres occasions. De plus, il doit également se faire en fonction de l’entraineur, de l’histoire du club, de son environnement et du jeu qui y est développé. Pour être plus concret, il vaut mieux, par exemple, aller deux ans dans un club comme Séville, qu’aller directement à Chelsea ou United.

La CAN qui arrive et à laquelle il va participer avec la sélection algérienne devrait également lui permettre de progresser dans ‘approche des grands évènements.

Atal possède un potentiel et une marge de progression. Sa polyvalence de poste et dans des systèmes de jeu différents sont également de vrais atouts. A lui de faire les bons choix pour ne pas gâcher son futur, comme tant d’autres révélations avant lui.

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