La tornade reds

Liverpool s’est imposé 5-2 en demi-finale aller de la ligue des champions au terme d’un match d’une énorme intensité.

C’était la demi-finale la moins glamour mais pas la moins intéressante. Au terme de ce match aller, Liverpool a pris une option sur la qualification en s’imposant 5-2 après avoir mené 5-0 à moins de dix minutes da la fin.

Pour cette rencontre, Klopp alignait ‘équipe qui avait sorti City au tour Di Francesco tentait une défense à cinq. Le début de rencontre fut dominé par les romains, mieux en place et assez haut sur le terrain. La première occasion fut d’ailleurs pour eux avec une frappe flottante de Kolarov, juste déviée par Karius, qui heurtait la barre transversale. Dans cette même minute, c’est Oxlade qui se blessait au genou et était remplacé par Wijnaldum. A ce moment, on se dit que c’était mal engagé pour les reds.

Mais voilà, cette équipe est capable d’avoir des temps forts avec une intensité exceptionnelle de course, de passe et d’impact, bien poussé par un Anfield des grands soirs. Le dernier quart d’heure de la première fut alors largement dominé par Liverpool. La menace se précise même si, par deux fois, Mané va échouer devant Alisson. Puis c’était Salah d’une frappe enroulée qui mettait à l’épreuve le gardien brésilien. Mais ce qui devait arriver arriva.

Salah fut trouvé sur le côté droit par Firmino. L’égyptien contrôla et enveloppa un délicieux ballon qui termina sa course dans la lucarne d’Alisson. 1-0. Juste avant la pause, sur un contre, Salah donna à Frimino. Le brésilien fixa puis redonna à l’égyptien qui trompa Alisson d’un subtile ballon piqué. 2-0. C’était le score à la pause.

Au retour des vestiaires, Liverpool maintenait sa pression et ses attaques express. Sur chaque ballon, lé défense romaine était au bord de la rupture. Sur de ces ballons, Salah fixa, percuta et servit Mané pour le troisième but. Puis ce fut Alexander-Arnold qui servit de nouveau un Salah en feu. L’égyptien entra dans la surface et servit Firmino pour le quatrième but. Enfin, à vngt minutes de la fin, sur un corner de Milner, le brésilien y alla de son doublé de la tête, bien seul au milieu de la défense romaine. 5-0 alors qu’il restait encore vingt minutes, ça tournait à la démonstration.

Klopp décida alors de sortir Salah pour le préserver, lui qui avait eu une alerte aux adducteurs au tour précédent face à City. En face, Di Francesco modifia son système pour repasser à une défense à quatre. Et alors qu’on se disait que le match retour ne servirait à rien, Liverpool baissa de rythme, et les romains en profitèrent. Par Dzeko tout d’abord, puis sur un penalty de Perotti. 5-2, score final.

Certes, trois buts d’avance avant le match retour, c’est confortable. Mais les dix dernières minutes des reds laissent un goût d’inachevé tellement leur domination entre la 25ème minute et la 70ème aura été éclatante.

Liverpool, à l’image de son coach

Evidemment, la sortie de Salah a pesé. Parce que Liverpool avait moins de jus et moins de solution devant, mais aussi parce que les romains en ont profité pour se réorganiser. Et ça a payé.

En tout cas, Liverpool est à l’image de son coach: énergique, pleine d’envie. Klopp a façonné une équipe qui lui ressemble et ce malgré la perte de Coutinho. Comme quoi nul n’est irremplaçable.

Le vrai point fort de cette équipe, c’est la transition. A chaque récupération, l’attaque se met en place instantanément, grâce aux appels des trois de devant, mais aussi à la qualité de passe de Milner (comme quoi, on progresse à tout âge) et d’Henderson. Chacun a l’air de savoir ce qu’il doit faire et la coordination des mouvements est juste parfaite.

J’aurai aimé être à la causerie et savoir si les vingt premières minutes, celle où Liverpool a laissé le ballon à la Roma, étaient volontaire ou pas. Les reds sont plus à l’aise avec des espaces. La tactique fut alors peut-être de laisser le ballon pour aspirer les romains et les contrer ensuite. Mais je ne sais pas si c’était le plan. Surtout que dans ce temps de domination romain, Liverpool est passé à deux doigts (de Karius) d’être mené au score. Bref.

Individuellement, le match d’Alexander-Arnold, le jeune latéral de 19 ans, fut une nouvelle fois exceptionnelle, tant défensivement que dans ses choix de relance. Avec lui, Van Dijk aura montré qu’il est déjà le patron de la défense malgré son arrivée très récente quand Lovren est le point faible de cette équipe. Au milieu, Milner a été très bon. Ce joueur que je trouvais moyen, se révèle cette saison. Henderson est le point d’équilibre de l’équilibre, mais il en est aussi le vrai capitaine. Juste dans ses passes et ses interventions, il montre un caractère de combattant exceptionnel. Quant à Wijnaldum, qui a remplacé Oxlade après vingt minutes, il a juste été énorme. Son entrée a d’ailleurs coïncidé avec la montée en puissance des reds au milieu. Sûrement pas un hasard.

Di Francesco s’est trompé

Et puis, devant, il y a le trio magique. Complémentaire et surtout en parfaite harmonie avec le jeu de Klopp. Evidemment, celui qui attire la lumière, c’est Salah. Tout lui réussit: contrôle parfait, passes et buts. On a l’impression, cette saison, que l’égyptien ne fait aucun mauvais choix. Et il a, avec Firmino, son parfait complément. On a même parfois l’impression que ces deux-là jouent ensemble depuis dix ans, tellement ils se trouvent les yeux fermés. Quant à Mané, oui, il a du déchet, comme sur ces deux occasions de la première période. Mais quelle vitesse, quelle activité. Et surtout, comme il est un danger permanent, il oblige la défense adverse à ne pas le laisser et donc à ne pas pouvoir mettre du surnombre côté Salah.

Pour ceux qui doutent que l’histoire d’un club est importante, voire essentielle, Liverpool s’en va vers sa troisième finale de C1 depuis 2005 (victoire en 2007 et défaite en 2007 face à l’AC Milan) Pas mal, non ?

Côté romain, après un bon premier quart d’heure, l’impact et la vitesse mis par Liverpool les a submergés. Même Dzeko n’arrivait plus à garder un ballon. Mais je pense surtout que Di Francesco s’est trompé. Déjà dans l’animation de sa défense à cinq car les latéraux ont joué beaucoup trop haut, laissant des espaces dans leur dos pour Mané et Salah, mais aussi les trois axiaux livrés au trio offensif des reds. Et De Rossi, monstrueux contre le Barça, a fait son âge hier, dépassé par l’impact du milieu adverse, certes pas aidé par ses coéquipiers. Le réajustement est arrivé tard, à 5-0, mais il a permis de sauver les apparences mais aussi de donner un peu d’intérêt au match retour.

Et ce retour, on a hâte d’y être. Parce que Liverpool va être dans une configuration idéale, à savoir: des romains qui doivent prendre des risques et pouvoir les contrer. Mais on a hâte parce que la Roma l’a fait contre Barcelone et que la défense des reds n’est pas sans faiblesse, notamment côté Lovren. En tout cas, les romains n’auront pas d’autres choix que de mettre l’intensité, l’agressivité et la folie qu’ils ont mises face aux catalans. Le stade Olympique de Rôme est-il lui aussi prêt à tout donner pour sublimer ses joueurs ? Réponse, mercredi 2 mai aux alentours de 22H35.

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