L’Algérie, 29 ans après

L’algérie revient sur le toit de l’Afrique, 29 ans après, en battant le Sénégal 1-0. Mais que ce fut dur.

L’Algérie est donc championne d’Afrique, 29 ans après le titre de 1990 acquis sur ses terres. Un titre mérité sur le parcours, pas forcément sur la finale.

L’ouverture du score ultra rapide de Bounedjah sur une frappe déviée par Sané qui lobait Gomis a-t-elle fait plus du mal que de bien aux algériens ? C’est bizarre de dire que mener au score, c’est presque un désavantage, en tout cas c’est un problème dans une finale. A partir de là, les algériens ont semblé douté de la stratégie à adopter: continuer à jouer pour marquer, ou se regrouper, défendre, et attendre un contre, ou un long ballon sur Bounedjah ?

En tout cas, ce sont les sénégalais qui vont alors avoir l’emprise sur le match, mais sans réellement se procurer de grosses occasions. Sur les récupérations, les joueurs de Belmadi abusent de longs ballons. Les sénégalais pressent plus haut et gênent les sorties de balles algériennes. Mais ils n’arrivent pas jusqu’au but de Mbolhi, si ce n’est sur ce superbe enchainement de Niang qui voit sa frappe du gauche passer juste au-dessus des buts algériens.

En seconde période, même scénario. Mais toujours pas de vraies grosses occasions pour les lions de la terranga. Le temps passe et les algériens se rapprochent de leur titre. Il va alors y avoir ce penalty sifflé puis annulé. Et avec, le problème de la VAR. En direct, je trouve le penalty scandaleux parce que Guédioura a la main collée au corps et presque dans son dos. Mais voilà pourquoi le ralenti est trompeur: quand on regarde bien celui-ci, on a presque l’impression que l’algérien se penche légèrement pour contrer le ballon. Alors, où est la vérité: l’action à vitesse réelle ou le ralenti ? Ce qui est sûr, c’est que l’arbitre a décidé que c’était à vitesse réelle et il annula le penalty. Autre effet pervers de la VAR. L’action n’était pas finie, mais comme l’arbitre a sifflé, il a rendu le ballon aux algériens. Je le redis, la VAR, c’est inutile, sauf dans un cas sur 10. Bref.

Les algériens vont tenir et s’imposer 1-0 pour remporter la deuxième CAN de son histoire. Six victoires, un nul, 13 buts marqués, Deux buts encaissés.

Les sénégalais peuvent avoir des regrets. Mané n’a pas été aussi impressionnant qu’en club. La faute à une saison longue, mais aussi à un Mbaye Niang qui ne lui sert pas de relais comme peut le faire Firminho. L’absence de Koulibaly a également pesé. Est-ce qu’avec lui en charnière, Kouyate tente l’interception sur le but de Bounedjah ? Enfin, Sarr n’a pas réussi à faire mal à Bensebaini, malgré un duel acharné.

Côté algérien, la défense a de nouveau tenu bon avec un Benlamri en guerrier jusqu’au bout. Au milieu, Bennacer, élu meilleur joueur de la CAN a été énorme. Je sais que je ne vais pas faire que des satisfaits, mais Guédioura, ce fut quand même plus que limite. Alors oui, il a défendu, s’est battu, mais techniquement, ce fut catastrophique. Manquer autant de passes, à ce niveau et à ce poste, c’est juste incompréhsensible. Devant, Mahrez a moins pesé mais son travail défensif a été monstrueux pour aider Zeffane. Bounedjah a marqué le premier et le dernier but de la CAN. Mais il a abusé, en attendant trop l’erreur des défenseurs sénégalais et en ne pesant pas assez dans les duels.

Evidemment, comment ne pas dire un mot sur Belmadi. Alors, oui, lui aussi a été pris par l’enjeu et son coaching fut souvent très tardif, voir inexistant (demi-finale). Mais voilà, il a su fédérer un groupe, amener une mentalité rarement vue en Algérie où des joueurs offensifs comme Bounedjah, Mahrez ou Belaili ont participé activement à l’animation défensive de l’équipe, chose qu’on ne voyait plus depuis Halilodzic.

L’Algérie, vainqueur, et le Sénégal, finaliste et mondialiste éliminé en phase de groupe au fair-play, doivent capitaliser sur leur force respective et l’expérience acquise. Le problème, c’est que dans ces deux pays, laissera-t-on le temps aux deux sélectionneurs de travailler si une ou deux contre-performances arrivaient à la rentrée. On l’espère.

Décevante CAN

Globalement, on ne va pas se mentir, ce fut une CAN très moyenne. La phase de poule fut décevante. C’est vrai, les matchs à 16H sous une chaleur étouffante, ça n’a pas aidé. A partir des quarts, on a eu des rencontres plus disputées, mais le niveau technique est resté plus que moyen. Quant à la finale, comme beaucoup de finale, elle fut tendue, stressante, hachée, mais très faible techniquement.

Il y a un vrai problème de gestion des émotions dans la majorité des finales. Pourquoi des équipes qui jouent bien toute l’année se laissent submerger par l’enjeu ? Surement parce qu’on donne trop d’importance à la victoire et que les staffs et les joueurs sont convaincus que seule la victoire compte. Alors quand ça passe, comme pour l’Algérie, ça va. Mais si les fennecs avaient perdu cette finale, ils auraient eu d’énormes regrets en se disant « on n’a pas fait ce qu’on a fait les six matchs précédents », ou encore « on a déjoué, pris par l’enjeu ». Bref, le travail mental sera la prochaine étape à franchir pour le football.

A part ça, je pense que l’Afrique doit revenir à un football de folie, de dribble. Oui, le football a changé, mais il est important de garder ses spécificités. Un mix entre organisation et folie serait l’idéal pour être prêt pour la CAN et la coupe du monde. Les sénégalais avaient les moyens de proposer plus, mais ils ont misé sur une défense solide et une attaque efficace. Sauf qu’en finale, ils n’ont pas été efficaces. Les marocains aussi. Regarder Madagascar, ils se sont laissés porter par l’euphorie et ils ont réalisé de vraies belles prestations avec pourtant très peu de moyens.

Les sélections africaines doivent également faire confiance à des sélectionneurs de leur pays et arrêter de faire appel à tous ces étrangers qui dénaturent le football africain. Ca marche sur des coups, mais c’est tout.

Enfin, les fédérations doivent laisser les sélectionneurs travailler et arrêter de changer à la moindre contre performance. D’ailleurs, les nations africaines devraient également travailler sur la formation et arrêter de compter sur l’Europe pour récupérer des bi-nationaux. Le jour où les européens décideront d’établir des quotas (interdits mais toujours possibles) que feront-ils ?

En tout cas, une can en juin-juillet, c’est plus agréable pour tout le monde: supporters, joueurs, télés. Peut-être l’avancer un peu dans le calendrier car Mahrez, Mané et consorts viennent de finir leur saison le 20 juillet? Ca fait un peu tard.

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