L’Algérie doit révolutionner son football

L’équipe nationale algérienne a remporté la dernière coupe d’Afrique. Malgré cela, au niveau national, une révolution est nécessaire pour ne plus être dépendant des autres pays.

L’équipe nationale a participé aux coupes du monde 2010 et 2014, atteignant les huitièmes de finale au Brésil, éliminée par l’Allemagne, future championne du monde, après prolongations (2-1). Puis, en 2019, les verts sont devenus champion d’Afrique en Égypte au terme d’un parcours où ils n’auront jamais connu la défaite. Ca, c’est pour la vitrine.

Au quotidien, le football algérien souffre. Il souffre de violence dans les stades, de manque de structure, de jeu, d’ambition et de formation. Si l’Algérie ne veut plus avoir à compter sur les algériens de l’étranger pour garnir les rangs de sa sélection, elle doit révolutionner son football.

Une formation inexistante

Les clubs algériens ne forment pas. Ils profitent juste du talent de leur joueur. Quand ils arrivent chez les pros, le manque est alors criant au niveau tactique, mental, intelligence de jeu.

Il existe une exception : le Paradou. Quand Jean-Marc Guillou en a fait le lieu de son académie en Algérie, le club végétait. En dix ans, plusieurs joueurs sont sortis du club, Bensebaïni, Boudaoui et Atal pour les plus connus, même si le niçois a plutôt été formé à la JSK et n’a rejoint le club algérois qu’en fin de formation.

Pour le reste, c’est le néant. Les clubs préfèrent offrir des salaires mirobolants à des joueurs très limités plutôt que d’investir sur la formation. Normal, en Algérie, on veut tout et tout de suite.

La formation, ça demande du temps, des compétences. Former un joueur, ce n’est pas juste le repérer et l’aligner sur un terrain. C’est passer du temps à lui expliquer le jeu, à le mettre en difficulté, à l’aider à progresser pour essayer d’en faire un joueur le plus complet possible, capable de répondre à des problématiques de jeu.

L’Algérie possède un vrai potentiel joueur. Jean-Marc Guillou, quand il avait commencé sa détection, avait déclaré qu’il avait rarement vu un tel vivier et pourtant, il a parcouru l’Afrique et a sorti un paquet de joueurs.

Même sans structures adaptées et en dehors du Paradou, l’Algérie a quand même sorti des joueurs comme Bounedjah, Bellaïli, Ferhat ou encore Slimani. Il y a donc un vrai potentiel si on se met au travail.

Les instances pas au rendez-vous

Si l’Algérie veut avancer, il va falloir réformer et imposer. Aller chercher des joueurs formés ailleurs parce qu’on n’est pas capable, ça ne dure jamais.

Avec l’argent récupéré des campagnes mondiales, de sa victoire à la CAN 2019, ça aurait du servir à structurer le football national. La fédération aurait dû également imposer aux clubs de miser sur la formation, avec des structures adéquates, un cahier des charges strict, un projet commun. Mais ce n’est pas tout.

L’Algérie doit former ses entraineurs et arrêter d’aller chercher des français, des belges, des suisses, qui ne sont là que par lobbying de leurs fédérations. Très souvent, les entraineurs qui viennent de ces pays, c’est parce qu’ils n’ont pas les compétences pour entrainer dans leur pays. Ils voguent alors de club africain en club africain sans (presque) jamais rien n’apporter.

De plus, ces entraineurs à la vision étriquée apprise à la DTN française, ne font progresser personne. Normal, ils viennent avec leurs idées de jeu et ne s’adaptent pas aux profils des joueurs algériens. On a alors un championnat qui est devenu triste, sans jeu, sans idée, où les blocs bas ont remplacé la créativité, le dribble, le jeu.

D’ailleurs, avec la réussite de Belmadi, il faudrait aussi penser à tous ces entraineurs d’origine algérienne qui exercent à l’étranger et qui pourraient parfaitement aider le football national. Malheureusement, les bi-nationaux ne sont pas considérés, presque pestiférés et on se demande bien pourquoi.

Que ce soit en Algérie ou partout ailleurs, on peut former des joueurs, et des très bons. Un enfant ne nait pas plus fort à Barcelone ou à Paris qu’à Alger, Dakar ou Bamako. Il bénéficie juste de structure plus adéquate pour pouvoir se développer.

Enfin, la recherche de bi-nationaux peut exister pour découvrir quelques joueurs de talent qui pourraient intégrer l’équipe nationale. La FAF l’a mise en place mais elle n’est pas composée par les bonnes personnes. Pour cette fonction, on doit avoir des gens compétents, mais surtout salariés de la fédération, et non pas des agents qui pourraient profiter de ce statut pour se rabattre quelques joueurs.

L’Algérie doit faire sa révolution. La révolution de ses structures. La révolution de ses instances. La révolution de ses championnats. La révolution de son football. Il serait dommage de ne pas profiter des résultats actuels de l’équipe nationale et de rater, encore une fois, le train de la modernisation.

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