L’Allemagne, c’est costaud

L’Allemagne s’impose 1-0 en finale de la coupe des confédérations, face au Chili. Une victoire qui en dit long sur le potentiel des jeunes allemands.

Et à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne. Oui, ça fait cliché, mais on n’est quand même pas loin de la vérité. Avant d’aller plus loin sur l’Allemagne, un mot sur le Chili. Cette équipe est vraiment intéressante à regarder jouer. Son état d’esprit, les quelques joueurs de classe qu’elle possède, c’est beau. Mais surtout, et j’en avais déjà parlé dans un papier sur les joueurs qui sont bons en équipe nationale et moins bons en club (ou l’inverse), cette équipe est le symbole de joueurs qui se transcendent dès qu’ils enfilent le maillot de la sélection.

Sur cette finale, elle a posé de vrais problèmes aux allemands et auraient pu faire mieux avec de l’efficacité. Dans un an, à la coupe du monde, le Chili fera partie des gros outsiders.

Les allemands se sont donc imposés, mais pas que. Ils se sont imposés avec des jeunes en laissant les Müller, Neuer, Khedira, Boateng et autres Hummels à la maison. Ils se sont imposés avec sept joueurs dont Kimmich, Groextka et Werner (meilleur buteur du tournoi) qui auraient pu participer à l’Euro espoirs. Et même privé de ses sept joueurs, les espoirs sont devenus champions d’Europe de leur catégorie en battant l’Espagne d’Asensio, Niguez et Deulofeu, 1-0.

Les allemands sont tellement en avance, que Joachim Löw s’est donc permis de se servir de la coupe des confédérations comme d’un laboratoire pour lancer les jeunes, les confronter au haut niveau et ils se sont imposés. C’est fort.

De plus, on connaissait l’Allemagne qui avait la possession, avec des attaques placées, un peu une copie de l’Espagne mais avec certaines caractéristiques allemandes. Là, on a vu une Allemagne capable de reproduire le même style de jeu, mais être aussi capable de subir et de jouer en attaque rapide, avec énormément de verticalité, de la vitesse et des échanges à très haute intensité. Tout cela a été symbolisé par Draxler, meilleur joueur du tournoi, dont chaque prise de balle est faite pour faire mal, toujours orientée vers l’avant. Gorextka, Werner, Stindl et Rudy sont pour moi les autres révélations de ce tournoi.

On a vu une équipe sûre de sa force, capable d’évoluer avec une défense à 4 ou à 3, d’évoluer avec deux ailiers et un avant-centre, mais aussi avec un avant-centre et deux soutiens plus à l’intérieur.

Aujourd’hui, et contrairement à ce qu’on nous vend en France, les deux meilleurs pays en terme de formation sont l’Espagne et l’Allemagne. La différence, c’est que l’Espagne reste fidèle à ses options de jeu (la possession, le redoublement de passe…), alors que l’Allemagne a l’air capable d’imposer son style mais aussi de s’adapter à une équipe qui lui poserait des problèmes et à modifier son plan de départ. De plus, les allemands ont plus de joueurs capables d’évoluer à plusieurs postes: Kimmich, latéral, défenseur axial ou lieu de terrain, Draxler, côté gauche ou dans l’axe en soutien de l’attaquant.

Pour rappel, en 2004, les allemands se faisaient sortir de l’Euro au Portugal dès la phase de poule. Depuis, en remettant en question leur formation, en travaillant différemment, ils ont remporté deux euros espoirs (2009 et 2017). Chez les A, ils ont été demi-finalistes de la coupe du monde 2006 et 2010, demi-finalistes de l’Euro 2008, 2012 et 2016, et vainqueurs de la coupe du monde 2014. Pour résumer, désormais, leurs plus mauvais résultats, c’est demi-finaliste.

Tous ces résultats ont été obtenus avec la manière, avec un style de jeu offensif, plaisant voire spectaculaire. Un beau pied-de-nez à ceux qui ne vivent qu’au travers du résultat. Oui, le résultat doit être l’aboutissement de votre travail et pas l’objectif qu’on tente d’obtenir n’importe comment. A part le Portugal en 2016, depuis l’Espagne en 2008, les vainqueurs des compétitions internationales ont été ceux qui avaient un style, une identité, une philosophie et un projet de jeu… Tant pis pour celui qui pense que tout cela ne veut rien dire.

A un an de la coupe du monde, l’Allemagne se positionne comme son propre successeur. Sauf pour les superstitieux qui auront noté qu’aucun vainqueur de la coupe des confédérations n’a remporté la coupe du monde l’année suivante. Mais comme je ne suis pas superstitieux…

Avec l’Espagne qui revient à un très bon niveau, le Chili finaliste aujourd’hui et vainqueur de la copa américa 2015 et 2016, l’Argentine et le Brésil toujours capables de grandes choses grâce à un Messi ou un Neymar, et les deux ou trois équipes qui se révèleront pendant la compétition, vivement l’année prochaine !!!

Je ne pouvais pas terminer ce papier par un petit mot sur certains journalistes. Il parait que Draxler, en signant à Paris, on allait voir que c’était une arnaque, qu’il était nul, que c’était encore un recrutement raté. Ces mêmes journalistes qui nous surviennent du Ben Arfa ou du Martial… L’allemand a donc été élu meilleur joueur du tournoi, après six mois au PSG plus que bons. Comme quoi, une fois encore, l’incompétence de nos journalistes nous brûle les yeux et les oreilles !!!

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