Le football, ça ne tient à rien

J-1 avant la finale. Retour sur le parcours des deux équipes pour comprendre que le foot, ça ne tient à rien.

La France et la Croatie vont s’affronter demain pour désigner le champion du monde pour les quatre prochaines années. Leurs parcours sont différents, mais pour chacun, il y a eu des tournants, des moments clés où tout aurait pu s’arrêter. Alors, même si je n’aime  pas refaire l’histoire, parce qu’avec des si… On peut dire tout et son contraire, mais le football, ça ne tient à rien.

La Croatie

Les croates ont fait une phase de poule parfaite. Pour le premier match, ils ont battu le Nigeria 2-0 dans une rencontre parfaitement maitrisée. Puis, ce fut l’Argentine, avec une victoire 3-0, obtenue en seconde période. Enfin, une victoire 2-1 face à l’Islande pour boucler la phase de groupe avec neuf points sur neuf. Comme à l’Euro, les croates sortent de cette première phase avec l’étiquette de meilleure équipe du premier tour.

En huitième de finale, les croates affrontent le Danemark. Menés dès la première minute, ils égalisent dès la quatrième. S’en suit alors un match où ils ne vont plus réussir à réellement mettre en danger les danois. Ce sont même les partenaires de Schmeichel qui vont avoir les occasions, en deuxième mi-temps, pour se qualifier. En prolongation, Modric va même manquer le penalty de la qualification. On se dit alors que, comme à l’Euro, après une belle phase de poule, les croates vont sortir par la petite porte. Mais heureusement, malgré deux échecs lors de la séance de tirs aux buts, Subasic va faire le boulot et permettre à son pays de se qualifier, trois tirs aux buts à deux.

En quart, place à la Russie, le pays organisateur. Menés au score, ils vont de nouveau réagir rapidement, puis se heurter à la muraille russe. Nouvelle prolongation. Grâce à Vida, ils vont mener 2-1, mais à cinq minutes de la fin, les russes vont égaliser. On se dit alors qu’avec le soutien du public, les russes vont avoir les ressources mentales pour se qualifier aux tirs aux buts. Mais encore une fois, c’est Subasic qui va envoyer son équipe vers la deuxième demi-finale de coupe du monde son histoire.

En demi-finale, dès la cinquième minute, Trippier va donner l’avantage aux anglais sur un superbe coup franc. Jusqu’à la pause, les anglais vont avoir l’occasion de mener au moins 2-0, mais vont manquer d’efficacité dans le dernier geste, que ce soit Lingard ou Sterling. Après l’heure de jeu, les croates vont monter en puissance et égaliser. Mais ils vont avoir droit à une troisième prolongation en trois rencontres. Dans celle-ci, Mandzukic va offrir la qualification à la Croatie.

En dehors des poules, on voit bien que les croates sont passés à l’arrache à chaque fois. Je ne dis pas qu’ils ne méritaient pas, mais que ça se joue à rien. Les danois auraient pu, et même du, l’emporter en seconde période. Contre les russes, ça se joue aux tirs aux buts. Et contre les anglais, que se serait-il passé si Kane, Lingard ou Sterling avaient inscrit ce deuxième but ? On ne le saura jamais, mais comme quoi…

La France

Pour l’équipe de France, c’est différent. La phase de groupe s’est bien passée au niveau des points, moins au niveau du jeu.

Dès la première rencontre, il a fallu l’intervention de la VAR pour offrir un penalty plus que discutable à Griezmann. Puis, alors que les australiens avaient égalisé, il a fallu un but chanceux et très bizarre de Behich contre son camp. Puis, face au Pérou, la France a pris une leçon de football, mais a donné une leçon de réalisme, marquant, par Mbappé, sur une de ses très rares situations. Enfin, contre le Danemark, un bon 0-0 bien vilain assurait la première place du groupe avec sept points.

En huitième de finale, contre une Argentine malade, les français vont mener au score. Puis, s’arrêtant de jouer, vont être rejoint sur une superbe frappe de Di Maria. En seconde période, ils vont même être menés 2-1. Survient alors une période un peu folle, avec notamment un but magnifique sur une volée de Pavard, et la France reprend le dessus et mène 4-2. Dans le temps additionnel, Agüero va réduire le score, 4-3. Et, dans ce même temps additionnel, au bout du bout, les argentins vont passer à 50 cm de l’égalisation.

En quart de finale, la France s’impose 2-0 face à l’Uruguay sans jamais trembler. Une Celeste inoffensive car privée de Cavani. Malgré tout, Lloris va devoir réaliser un superbe arrêt et éviter l’égalisation.

Enfin, en demi-finale, la France élimine la Belgique 1-0. Pourtant, lors des vingt premières minutes, les français passent tout près de la correctionnelle et peuvent, de nouveau, remercier Lloris. Après avoir ouvert le score par Umtiti, les belges vont se créer quelques situations, et notamment cette tête de Fellaini qui passa à quelques centimètres du poteau. Mais on notera aussi cette faute non sifflée de Giroud sur Hazard, à quelques minutes du coup de sifflet final, qui aurait offert aux belges un coup franc extrêmement bien placé.

Que se serait-il passé si l’Argentine avait égalisé et emmené la France aux prolongations ? Si  l’Uruguay avait égalisé ? Si les belges avaient obtenu ce coup franc ? Mais on peut aussi ajouter, si la France avait match nul contre l’Australie, ce qui aurait été loin d’être illogique ?

Si ces deux équipes sont en finale, c’est qu’elles le méritent. Malgré tout, on voit bien dans chacun des parcours que tout aurait pu basculer. Aucune équipe n’a dominé son adversaire au point de se dire « il ne pouvait pas y avoir un autre résultat ».

Parce que finalement, le foot, ça ne tient à rien. La réussite, l’efficacité présente un jour qui disparait le match suivant, tout peut basculer. En 2014, même si l’Allemagne s’était fait peur contre l’Algérie, dans ses autres rencontres, à aucun moment on s’était dit « le score aurait pu être l’inverse ».

Cette année, la coupe du monde n’a pas été spectaculaire. En revanche, les écarts se sont réduits et tout le monde pouvait battre tout le monde, ou presque. On peut parler des japonais qui menaient 2-0 contre les belges. On peut imaginer que si le quart de finale avait été Brésil – Japon, les brésiliens auraient été les adversaires des français en demi. Et alors…

Je ne minimise pas du tout le parcours des deux finalistes. Je veux juste que les gens comprennent que cette nouvelle tendance à déclarer que tel résultat « a fermé des bouches » est juste ridicule. Deschamps n’a fermé aucune bouche, pas plus que Pogba ou un autre. Ils ont fait leur boulot et ce qu’il fallait pour arriver en finale. C’est tout. A la limite (et encore), il aurait faire taire du monde si les matchs avaient été maitrisés, que les bleus avaient été au-dessus de tout le monde, et que le jeu pratiqué avait été flamboyant. Ce fut loin d’être le cas. Deschamps est aujourd’hui le meilleur, alors qu’à un arrêt de Lloris près, il aurait été le plus nul ? Ridicule !!!

Demain, à l’image de cette cuvée 2018, le futur champion du monde ne sera pas celui qui sera le meilleur, mais celui qui fera le moins d’erreur et sera efficace dans les moments clés… Alors, le champion du monde 2018 sera…

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