L’éducateur n’est pas un entraineur

De trop nombreuses personnes confondent le rôle d’éducateur et celui d’entraineur. Le problème, c’est que ce sont les gamins qui le payent.

Educateur, un mot qui devrait définir un rôle noble avec des valeurs. Mais aujourd’hui, on le confond trop souvent avec celui d’entraineur. L’entraineur, c’est celui qui prépare son équipe à la performance. L’éducateur, c’est celui qui éduque ses joueurs avec tout ce que cela doit impliquer : comportement, respect etc…

L’éducateur est au service des jeunes. Il est là pour leur apprendre à jouer au foot, mais aussi à se comporter dignement, à respecter les autres (l’adversaire, l’arbitre, son club). Il doit avoir un comportement humain, empathique. Avant d’aller plus loin, personne n’a dit que l’éducateur ne devait pas gagner ses matchs. Mais ça ne doit pas être fait à n’importe quel prix et surement pas dans le but de flatter son propre égo.

Aujourd’hui, dans L’équipe, Konaté, le joueur de Leipzig, explique qu’en U11 il jouait en équipe B voire C, et qu’il était trop stressé pour s’exprimer. Son bonheur, son plaisir, il le trouvait alors quand il jouait dans son quartier, là où il était libre.

Dans ses propos, il y a tellement de choses. Tout d’abord, cette liberté, ce plaisir. Aujourd’hui, en U11, mais même avant, on a des gamins qui vont au travail, avec une pression de résultat, de réussite et c’est juste inadmissible. L’éducateur doit avoir du recul sur beaucoup de choses. A cet âge, le foot est un loisir et l’enfant vient progresser, évidemment, mais il vient surtout s’éclater et, de préférence, avec ses copains. L’éducateur doit alors mettre en place des séances ludiques pour lier la progression au plaisir. Mais il doit aussi avoir assez de recul pour comprendre qu’après l’école, le gamin n’est pas forcément enclin à vivre une situation militaire, autoritaire.

Jouer en B ou C à 11 ans, c’est loin d’être un problème

Dans les propos de Konaté, il y a également cette histoire de jouer en équipe B ou C. Finalement, ce joueur est professionnel, ce n’est donc pas rédhibitoire. Le vrai problème, c’est que, d’une part, c’est mal vécu par les parents, mais surtout, d’autre part, que les éducateurs de l’équipe A ne s’occupent jamais des autres joueurs. C’est comme si l’éducateur et les joueurs n’avaient pas pris une licence au club mais en U11 A.

Quand on me répond que c’est une exception, d’être en équipe B ou C et de finir professionnel, déjà c’est faux, mais c’est surtout dû au comportement de l’éducateur.

Si ce dernier n’était pas uniquement focalisé sur ses joueurs de l’équipe A, il se rendrait compte qu’il y a des bons joueurs en B, en C, mais que ceux-ci ne sont peut-être pas avec des coéquipiers à leur niveau, mais aussi qu’ils ne progressent pas parce qu’ils ne sont jamais valorisés. En résumé, tu es un joueur de B pour toute ta vie !!!

Mais pour pouvoir avoir ce recul, il faut déjà être focalisé sur autre chose que le seul résultat. Perdre un match en U11, c’est tout sauf dramatique. Tout le monde joue pour gagner, mais perdre, ça fait aussi partie de l’apprentissage. Pour avoir ce recul, il faut aussi accepter que l’enfant rate des choses: des passes, des dribbles. Ca fait aussi partie de sa progression.

Pour tout cela, il faut surtout que l’éducateur soit humble et au service des jeunes et pas de sa propre visibilité. Si un gamin rate, c’est peut-être de la faute du coach. Les explications ne sont pas claires, les exercices proposés ne permettent au joueur de progresser, la recherche exclusive du seul résultat ne permet pas au joueur d’être libéré.

Enfin, l’éducateur est un modèle. S’il se comporte mal, qu’il s’exprime mal, qu’il insulte l’arbitre, qu’il trouve des excuses à tout mauvais résultat, alors comment s’étonner que les enfants reproduisent ce schéma ?

Oui, ce portrait semble utopique. Oui, ce portrait semble idéaliste. Mais en réalité, il n’est juste que le portrait-robot de ce que doit être un Vrai éducateur. Ceux qui ne sont que dans la compétition, ce sont des entraineurs. Ceux qui ne sont que la flatterie de leur égo à balancer leurs résultats U9 sur les réseaux sociaux, sont des gens qui cherchent à se montrer, à se vendre et ils sont nocifs aux enfants. Bref, ce sont tout, sauf des éducateurs.

1 Comment

  1. complétement d’accord, responsable d’une école de foot, je prône chaque jour les valeurs plaisirs, la joie de jouer, l’écoute, et le score n’est pas important. Je combats les parents et les éducateurs qui crient sur leurs enfants et joueurs, les plateaux du samedi se transforment en foire d’empoigne pour parfois quelques maladresses.L’éducateur doit être un exemple, il est l’image de son club, et doit être irréprochable .

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