Les bleus en mission

A deux jours de la finale, il y a des discours qui ne trompent pas. Oui, il y a aussi des choses positives.

Non, je n’ai pas changé d’avis sur l’équipe de France et ce qu’elle propose en terme de jeu. Mais oui, il y a des choses positives qui se dégagent de ce parcours.

Les bleus ont donc définitivement décidé de laisser le ballon à l’adversaire. C’est un choix qui, même si on ne l’apprécie pas, les a mené en finale de la coupe du monde. Pourtant, lors de la phase de poule, on a senti une équipe et certains joueurs pas forcément enclins à aller dans ce sens. Ok, les adversaires étaient sûrement plus faibles, mais on sentait l’équipe partagée entre le souhait de Didier Deschamps de procéder en contre, et certains joueurs comme Griezmann ou Pogba, désireux d’essayer de faire quelque chose avec le ballon. D’ailleurs, on peut constater le changement radical d’attitude avec et sans ballon du mancunien entre la phase de poule et les matchs à élimination.

Les joueurs ont donc fini par adhérer à la volonté du sélectionneur. Mais pourquoi ? Parce qu’ils lui font confiance ? Parce que, voyant les éliminations des « grandes » équipes qui avaient le ballon s’enchainer ? Parce qu’en gagnant de cette façon, ils se sont dits « puisque ça marche, allons-y !!! » ? Sûrement un mix de tout ça.

Cela nous amène à la conclusion suivante, sûrement une banalité, mais peut-être pas tant que ça: il n’y a pas de grands entraineurs, comme il n’y a pas de grandes équipes, il y a surtout l’osmose entre un entraineur et une équipe qui se comprennent à un moment donné.

Benitez avait les mêmes joueurs que Zidane, pourtant, le premier était mal parti quand le second a tout gagné. Zidane est-il meilleur que Benitez ? Non, tout simplement le français a réussi à amener les joueurs avec lui pour ne former qu’un seul et unique groupe, ensemble.

Dans les attitudes donc, on sent des français en mission. Oui, Griezmann est décevant dans le jeu, mais il travaille, se bat, défend, gêne les relances. Ce n’est pas forcément ce qu’on attend d’un tel joueur, mais s’il gagne la coupe du monde comme cela, qui s’en rappellera ? Oui, Pogba devrait apporter autre chose, mais on ne peut pas lui reprocher d’avoir simplifié son jeu (à l’extrême ?) alors que c’est ce que tout le monde attendait de lui.

Le problème de tous ces joueurs est la limite entre sacrifice et enflammade. Sûrement que Pogba est capable de faire plus et mieux, mais est-ce que si Deschamps lui offre un peu de liberté, l’ancien turinois ne va pas en abuser ? Parce que les joueurs sont de grands enfants qui testent sans cesse les limites de leurs parents, et dans ce cas du coach.

Et puis, il y a les discours. Qu’ils soient de façade ou que ce soit de la comm, on s’en fout. Oui, moi j’aime quand Griezmann ou Mbappé disent se foutre du ballon d’or, de la manière de jouer, du moment qu’ils ramènent la coupe du monde en France. J’ai toujours pensé qu’un titre individuel ne valait pas grand-chose, surtout quand on connaît la manière de voter des uns et des autres. J’ai toujours pensé que les titres collectifs étaient la base du foot. Mais, de plus, si vraiment vous rêvez d’une distinction individuelle, rien de mieux que d’empiler les titres collectifs. Parce qu’aujourd’hui, si tout se passe normalement, la logique voudrait qu’enfin, ni Ronaldo ni Messi ne soit le ballon d’or 2018, non ?

Alors oui, dans l’idéal on aurait aimé voir la France afficher la même solidarité, la même envie et le même état d’esprit, en y ajoutant du jeu, notamment parce qu’elle a, dans son effectif, des joueurs capables de jouer au foot.

Alors oui, les suiveurs ou critiques peuvent commenter, disséquer, c’est aussi ça le foot. Mais finalement, peut-être qu’en plus que d’être à 90 minutes d’un titre de champion du monde, les joueurs s’éclatent à moins jouer mais à être récompensés de leurs efforts.

Je l’ai déjà expliqué plusieurs fois, tant que les résultats suivent, les joueurs sont prêts à tout faire, suivre n’importe quelle consigne. C’est dès que les résultats ne suivent plus, qu’on ne veut plus se sacrifier. Personne ne me fera croire que sans la victoire, les bleus auraient eu autant de plaisir à pratiquer ce football.

Aujourd’hui, les résultats sont là. Alors, à eux d’aller au bout pour ne pas avoir de regret.

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