L’heure de vérité

C’est le jour que le PSG attend depuis le tirage au sort de décembre. Ce soir, à Madrid, le PSG joue une partie de sa saison.

Comme tous les ans, on a l’impression que la saison du PSG démarre en février. Tout ce qui se passe avant, le championnat, la phase de poule de ligue des champions, c’est la mise en bouche. Et finalement, comme tous les ans, on ne sait pas.

Le PSG, fort de son budget, de son effectif ne sait pas ce qu’il vaut dans un gros match. A Marseille, il paraît que les joueurs n’avaient pas pris conscience de l’enjeu du match et ils s’en sont sortis grâce à un coup franc de Cavani à la dernière minute. A Munich, il paraît qu’ils étaient (presque) assurés de finir premier du groupe, donc qu’ils n’ont pas tout donné. Enfin, à Lyon, ils ont craqué, fini à 10 et encaissé un but à la dernière minute. Finalement, il y a toujours une excuse.

Le PSG, en l’occurrence Emery, ne sait pas. Il ne sait pas, après plus de 6 mois de compétition, qui doit jouer en « sentinelle ». Il hésite. Rabiot ? La meilleure solution actuelle, mais il paraît qu’il ne veut pas. Lo Celso ? En progrès mais comme il a passé 6 mois sans jouer les gros matchs, on ne sait pas ce que ça vaut à ce niveau-là. Diarra ? En plus du manque de rythme, le message envoyé serait négatif pour Lo Celso: « je n’ai tellement pas confiance en toi, que je préfère aligner un joueur qui n’a pas joué depuis plus de 6 mois, qui manque de rythme et qui vient d’arriver ». On pourrait ajouter à cette liste, Draxler, très peu utilisé depuis janvier et qui faisait partie du trio du milieu jusqu’à la trêve.

Le PSG ne sait pas ce qui est mieux à gauche au poste de latéral. Le PSG ne sait pas où en est Daniel Alves physiquement. Le PSG ne sait pas s’il est capable d’imposer son jeu à Madrid ou s’il va devoir subir et jouer des contres.

Encore une fois, le PSG n’a pas de certitude. Encore une fois, le PSG arrive sur des rencontres à enjeu avec un blessé important, Tiago Motta. S’il est blessé, je comprends qu’il ne soit pas dans le groupe. Mais s’il ne l’est pas, Emery fait une grosse erreur de ne pas l’avoir convoqué. Encore une fois, le PSG n’a pas de plan B, de système alternatif. Encore une fois, le PSG ne s’est pas servi de son avance en championnat pour travailler autre chose. Parce que claquer huit buts à Dijon, c’est super pour le spectacle, mais après ? Quand on y regarde de près, le PSG est finalement la seule équipe du top 8 à n’avoir qu’un seul et unique système de jeu.

Heureusement pour eux, en face, le Réal Madrid d’aujourd’hui n’a pas beaucoup plus de certitudes. Benzema est régulièrement sifflé pour son manque d’efficacité. Ronaldo va-t-il, comme chaque saison, montrer à tout le monde que les grands matchs sont pour lui ? Bale va-t-il enfin enchainer les matchs sans se blesser ? Enfin, le Réal est-il capable de tenir un match sans encaisser de but ? Les madrilènes ne supportent pas les saisons sans titre. Et il ne leur reste plus que la C1.

La différence, c’est que le Réal maitrise ce genre de match. La différence, c’est que le Réal est double tenant du titre. La différence, c’est que le Réal a de vrais leaders avec Ramos et Ronaldo. Et la différence, c’est que les joueurs sont derrière leur coach.

Etre éliminé par le Réal, ce n’est pas la honte du siècle. Mais que serait la fin de saison du PSG si, dès le mois de mars, il ne reste que les compétitions nationales ? Quelle image renverrait le club après les investissements colossaux de l’été ?

Quoi qu’il arrive ce soir, le PSG aura trois semaines pour préparer la seconde manche qui, pour une fois, se déroulera au Parc des Princes. Mais il serait bien inspiré de réussir son match et de conserver un maximum de chance de qualification sans quoi, ça risquerait de piquer.

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