Ligue 1: Une communication désastreuse

La communication est devenue un élément incontournable de la vie des clubs. Pourtant, en France, j’ai l’impression que tout le monde ne l’a pas intégré.

Avec les conférences de presse obligatoire, la multiplication des médias, la communication est devenue une compétence à avoir. Le problème, c’est que les entraineurs ou les présidents oublient que leurs mots sont analysés, décortiqués, et qu’ils ne peuvent plus raconter n’importe quoi. Et encore une fois, en symbole des erreurs, les deux plus grands clubs français: le PSG et l’OM.

Avec Rudy Garcia et Jacques-Henry Eyraud, les marseillais ont touché le gros lot. Le président marseillais multiplie les erreurs depuis qu’il est à la tête de l’OM. Un titre de projet présomptueux qui lui revient aujourd’hui en pleine face, « OM champion’s project », un PowerPoint de collégien pour le présenter, une arrogance à peine feinte pour dire qui lui sait ce qu’est gérer une entreprise et donc qu’il gérera sans problème l’OM.

Rudy Garcia, lui, est dans un autre domaine: le déni. « Si on retire les buts encaissés contre telle, telle et telle équipe, on serait meilleure défense », ou encore « on a fait un super match » après de nombreuses défaites », voilà le style de déclaration de l’entraineur marseillais. Sans parler du nombre de fois où sa seule excuse à un mauvais résultat, c’est l’arbitrage.

Sauf que ces gens oublient une chose essentielle: aujourd’hui, tous les matchs sont diffusés, analysés, décortiqués. On ne peut donc plus mentir aux supporters. Une fois, ça passe, parce qu’on peut se dire qu’il veut positiver, mais quand c’est chaque semaine, ça ne passe plus. Et là, les supporters, les journalistes s’en donnent à cœur joie pour démonter l’ancien entraineur de la Roma.

Qu’on aime ou qu’on n’aime pas le style, Bielsa a compris beaucoup de choses dans son rapport aux médias. Déjà, il ne donne pas d’interview exclusive parce qu’il considère que le journaliste d’un grand quotidien vaut autant que celui du journal local. Mais surtout, l’argentin explique sans langue de bois ce qui n’a pas été, ses erreurs de stratégie ou de coaching. Et là, en fait, il piège les journalistes. Ces derniers n’ont alors pas d’éléments pour l’enfoncer encore plus. Au pire, ils en rajoutent une couche sur les erreurs, mais comme l’argentin les a déjà reconnu, que voulez-vous ajouter ? Ils ne peuvent pas non plus dire qu’il se moque du monde puisqu’il reconnaît une à une ses erreurs. Bref, il clôt le débat avant qu’il ne commence.

Au PSG aussi, la comm est un problème. Déclarer partout et tous les ans qu’on veut gagner la ligue des champions et que c’est presque le seul objectif intéressant pour le club, c’est une erreur. D’une part parce que gagner la C1 ça ne se décrète pas. Mais surtout parce que, sans le vouloir, les dirigeants parisiens ont minimisé eux-mêmes tous les titres nationaux qu’ils ont remporté, comme s’ils ne valaient rien, ou presque. Et je ne reviendrai sur la comm désastreuse autour du cas Aurier.

Aujourd’hui, le PSG doit gérer un autre problème de communication: Rabiot. Le joueur a décidé de ne pas prolonger, et c’est son droit. Mais en déclarant qu’il ne jouerait plus jusqu’à la fin de la saison, le PSG a fait plusieurs erreurs.

D’abord, pourquoi déclarer cela publiquement ? Prendre cette décision au sein du club et laisser Tuchel expliquer que c’est un choix sportif était largement suffisant. Mais surtout, aujourd’hui, le PSG cherche à recruter un milieu de terrain. S’il ne le fait pas avant le 31 janvier, que Verratti se blesse, le club de la capitale peut-il se présenter en ligue des champions avec Marquinhos et Draxler ou Di Maria au milieu ? Marquinhos n’est-il pas plus performant en défense ? La défense n’est-elle pas plus solide avec le brésilien derrière ?

Dans le cas d’absence multiple au milieu, et si Tuchel n’a plus d’autres choix que de faire jouer le français, le PSG perdra une nouvelle fois la face. S’il est arrivé en fin de contrat, c’est que le club a mal géré son cas. Et si le club avait anticipé, il pourrait laisser Rabiot au placard. Mais ce n’est pas le cas.

Des joueurs qui vont au bout de leur contrat et s’en vont gratuitement, il y en a un wagon tous les ans, ça n’empêche pas les clubs de les faire jouer jusqu’au bout.

En fait, encore une fois, les dirigeants parisiens montrent leur incompétence. Quand Antero Henrique déclare que Rabiot a mené le PSG en bateau parce qu’avant Marseille il était tout proche de prolonger, il se moque de qui ? Il vient d’arriver dans le football ce monsieur ? Il est directeur sportif, il devrait donc savoir que tant que le contrat n’est pas signé, il n’y a ni proche ni loin, il peut tout se passer. Donc en plus de communiquer maladroitement, il donne des explications qui le décrédibilisent.

On pourrait ajouter Jean-Michel Aulas à tout ce beau monde quand il déclare sans cesse qu’il n’y a pas de championnat à cause du PSG. Après 20 journées, il y avait donc 60 points à prendre. L’OL na rencontré Paris qu’une fois donc, à la limite, il lui restait 57 points à prendre. Le club de JMA n’en compte que 34 soit à peine plus de 50%. Et lui aussi pense peut-être ses supporters assez stupides pour croire à ses déclarations ?

Alors messieurs, cessez de croire que tout le monde croit ce que vous dites. Cessez de prendre les gens pour des imbéciles. Comme disait un certain Coluche, « quand on n’a rien à dire, il vaut mieux fermer sa g… ».

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