Ligue des champions: le Frexit

Après l’élimination de Lyon à Barcelone (5-1), il ‘y a plus de clubs français en ligue des champions cette saison. Et si tout cela était juste logique.

On y croyait sans vraiment y croire. Lyon était-il capable de se qualifier à Barcelone après son match nul de l’aller (0-0) ?  On a tout entendu: que l’OL répondait présent dans les grands matchs, qu’ils avaient l’équipe pour contrer le Barça, qu’ils avaient gagné à l’aller et posé des problèmes au retour  à Manchester City en phase de poule. Mais l’exploit n’a pas eu lieu. Encore une fois, l’analyse n’était pas bonne.

Est-ce qu’un jour on va se rendre compte que les matchs de poule sont totalement différents des matchs à élimination directe et qu’ils ne sont donc pas des références ? Ok, battre City chez lui, c’est super, c’est beau. Mais c’était un match de poule et en plus le premier. Les grands clubs savent qu’ils ont six matchs pour se qualifier. La concentration et la motivation ne sont donc pas les même qu’en match à élimination directe. L’OL avait profité de la nonchalance de City, sûrement convaincu de gagner en marchant. Et au retour, City a juste fait le nécessaire pour conserver sa première place en égalisant deux fois. Je sais, ça minimise les deux matchs lyonnais, mais il faut juste ouvrir les yeux et être réaliste. Dans une saison à plus de soixante matchs, que ce soit bien ou pas, les joueurs se gèrent.

Ce fut la même chose pour le PSG. Tous les ans, ou presque, les parisiens réalisent de très bons matchs contre le Barça, le Réal, Liverpool, mais en phase de poule. Quand Paris va à Naples, les italiens ne jouent pas leur vie, il leur este deux matchs. Quand Paris reçoit Liverpool, les anglais ne jouent pas leur vie, il leur reste à recevoir Naples pour se qualifier. Il est d’ailleurs intéressant de constater que les reds ont perdu leurs trois matchs de poule à l’extérieur en phase de poule, mais qu’ils sont allés s’imposer à Munich (1-3) en huitième de finale, quand ça compte vraiment.

Finalement, quand on fait le bilan, l’OL n’a remporté qu’un seul de ses huit matchs de ligue des champions cette saison. Pas de quoi se gargariser. Mais c’est juste logique. Les lyonnais ont réussi des bouts de matchs par-ci par-là. Tantôt menés au score et capables de revenir, tantôt menant au score mais incapables de tenir jusqu’au bout.

Mercredi soir, ils n’ont existé qu’une grosse vingtaine de minutes. Mais comment faire plus avec Tousart au milieu, certes buteur, mais tellement limité pour ce niveau ? Comment faire plus avec un Depay fantomatique, lui qui se rêve en joueur de grand club ? Comment faire plus avec un Traoré qui ne comprend pas le football, un Dubois qui découvre le très haut niveau, un Dembélé généreux mais encore trop tendre ? Au moment où l’OL était mieux, faire entrer Aouar pour tenter d’apporter de la justesse technique n’aurait-il pas été plus intéressant que faire Traoré, transparent depuis des semaines, pour juste se dire: « vous avez vu, j’ai tenté, j’ai fait entrer un attaquant !! » ?

Porto est en quart de finale, l’Ajax aussi, mais pas nos clubs français. Que nous manque-t-il alors ? Un peu de tout.

L’état d’esprit déjà. L’envie de tout arracher, de courir ensemble, de mettre de l’intensité, c’est la base. Un peu de culture tactique aussi. Quand on voit l’OL défendre sur les deux matchs face au Barça, on prend peur. Ok, c’est le Barça, mais ce n’est plus l’équipe de Guardiola, Xavi, Iniesta. L’OL s’est trompé sur Marcelo, Depay, Traoré, Tousart. L’OL n’a pas de ligne directrice. Pour résumer, on a l’impression que c’est essayer de bien défendre, comme on peut en tout cas, et laisser nos (pseudo) artistes improviser devant. Alors ça passe ric-rac contre Donetsk, Hoffenheim, mais quand le niveau s’élève, ce n’est plus possible de laisser Fekir seul tenter de trouver des solutions avec des joueurs devant lui qui ne savent pas faire un bon appel et à qui tu donnes le ballon pour ne plus jamais le revoir.

Même si ça ne change pas grand-chose au contenu, on peut quand même ajouter que les clubs français ne bénéficient pas des merveilleux avantages de la VAR (!!!). Ah, la fameuse technologie censée réparer les injustices et les erreurs d’arbitrage. Non seulement elle ne répare rien, mais l’attente est juste longue et insupportable. Et oui, l’équipe de France a tellement bénéficié de la Var à la coupe du monde qu’on a l’impression que les clubs le payent aujourd’hui. Le penalty sur Suarez ? Il n’y avait rien. Le but lyonnais ? On a eu l’impression que dans le car, on cherchait absolument à trouver quelque chose pour pouvoir refuser le but. Un peu à l’image du but de l’Ajax face au Réal où les arbitres sont remontés très loin dans l’action pour voir si le ballon était sorti. J’ai bien aimé la remarque de De Jong après le match: « J’ai cru qu’ils étaient allés chercher une faute en première période tellement ça prenait de temps ». La main de Kimpembe ? Un scandale. Bref.

Lyon, qui retrouvait la ldc sort donc dès les huitièmes. Le PSG, lui, sort pour la troisième fois de suite à ce même stade de la compétition. Heureusement qu’il y a eu Monaco entre-temps pour faire croire encore un peu que les clubs français avaient le niveau. Sur les sept dernières saisons, la France a placé sept clubs en quart de finale, soit une moyenne de un club par saison, mais surtout aucun sur les deux dernières.

L’amour du maillot, on va balayer cela et vite. Les joueurs sont des mercenaires, ce n’est pas nouveau. Le problème, c’est la culture club et la culture compétition. En France, les deux n’existent pas.

Les clubs français comme l’OL sont des tremplins pour les joueurs, qu’ils soient français ou étrangers. Quand Depay fait ses déclarations le mois-dernier, il doit être recadré immédiatement. Mais non, il a une valeur marchande, donc, chut !!!!

Pour le PSG, c’est autre chose, c’est la gestion du club et des pseudo-vedettes. Un but de Di Maria contre Naples, et hop, le président lui propose une prolongation. Alvès est cramé ? Il fait un bon match aller à United, et hop, on lui propose une prolongation. En plus, le PSG s’écrit une histoire risible. On nous explique désormais que les remontada, c’est l’ADN du club. C’est faux. Avant les qataris (parce qu’il y a eu une histoire avant eux) le PSG avait éliminé le Barça version Cruyff, le Réal Madrid après une défaite 3-1 à l’aller ou encore Bucarest (5-0) après une défaite sur tapis vert 3-0, et même participé à cinq demi-finales européennes d’affilée et deux finales consécutives.

Nos clubs doivent se réveiller et mettre les joueurs au pas. Oui, l’institution doit être au-dessus de tout. Nos clubs doivent se réveiller et pratiquer un football d’intensité, d’envie, de collectif. Oui, le football est et restera un sport collectif. Ok, avec un Ronaldo ou un Messi, c’est encore mieux. Mais la Juve a bien fait deux finales en trois ans sans ces deux joueurs, non ? Et sur les sept dernières saisons, le Barça n’a même participé qu’à une seule finale alors qu’ils ont Messi. Donc…

Franchement, sur les trois dernières saisons, le Réal Madrid était-il vraiment la meilleure équipe d’Europe ? Evidemment, non. La Juve ? Non plus. L’Atlético ? Pas plus. Pourtant, sur les cinq dernières finales, donc sur dix finalistes, ces trois clubs ont pris huit places. Seuls Liverpool et le Barça sont venus s’immiscer entre ces trois clubs.

Une remise en question globale serait nécessaire, que ce soit nos entraineurs, notre DTN, notre formation, notre ligue 1… Ah, mais j’oubliais: la France est championne du monde, alors chut !!!!

1 Comment

  1. Alors que Rennes vient de se faire sortir par un Arsenal qui a eu un suspendu amnistié (Lacazette ) et un but cadeau ( le deuxième) , on sait désormais que les huitièmes de CE ne seront pas franchis pour les clubs français. Une désolation…
    Malgré cela , la chaîne du meilleur quotidien sportif ( c’est Praud qui l’a dit , m’sieu !) nous montre des suiveurs de foot en train de se marrer et de commenter le futur « clasico ».
    Nous ne sommes pas prêts de regagner une coupe d’Europe : PSG éliminé sur une erreur d’interprétation de la VAR (!) , l’arbitre qui ouvre la marque pour le Barça au bout d’un quart d’heure contre Lyon et Rennes maltraité par l’UEFA : on ne peut pas dire que nous faisions le poids dans la jungle européenne!D’auttant que rien n’est fait ou dit en France pour créer une cohésion derrière les clubs survivants des poules.
    Sans vouloir revenir à la méthode à Nanard , il convient de rappeler que s’il n’avait rien inventé , il avait de bons conseillers et que les journalistes hexagonauxs étaient au garde-à-vous devant lui ce ministre qui les convoquait sur son yacht. Ca aide beaucoup de ne pas être fatigué par les petits problèmes nationaux comme journalistes ou adversaires de terrain. On est plus à l’aise pour jouer l’Europe …
    Je ne veux pas prêcher pour ce diable d’autant plus que PSG, lui , a montré que l’on pouvait gagner une coupe d’Europe sans se « faciliter » le passage des tours précédant la finale (et sans Ibra non plus, hein Zlatan ?)
    Si on vire l’arrêt Bosman, si on arrose certains dirigeants de l’UEFA comme ils aiment , si on rétablit les trois coupes d’Europe , nul doute que nous arriverions à en gagner régulièrement mais tout cela c’est de la fiction.
    Je me rappelle l’OL qui était au milieu de ses sept titres à suivre et qui jouait en quarts de finale contre PSV … L’arbitre ,et la « magie » Van Bommel , avaient privé un onze ,alliant équipe de France et du Brésil, d’une demi-finale promise à ceux qui , à l’époque, torchaient le Real ou le Bayern.
    La conclusion que j’en tire est qu’il faut des dirigeants pugnaces pour nos « grands » clubs.C’est du sport professionnel, avec beaucoup d’argent en jeu , et tous les jeux de pouvoir qu’il implique. Donc, il me semble que l’on peut causer tactique mais que la source de tout , c’est le président.
    Pas de coupe d’Europe parce que pas de présidents de taille.

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