LiverKlopp sur le toit de l’Europe

Au terme d’une finale très moyenne, Liverpool remporte sa sixième C1 face à Tottenham (2-0). Enfin un titre pour Klopp.

C’était le match attendu. La finale de la ligue des champions 2019 entre Liverpool et Tottenham promettait un affrontement intense entre deux styles bien définis. Harry Kane fait son retour au détriment de Lucas, héros des demi-finales face à l’Ajax. En face, Klopp aligne son équipe type.

Trente secondes de jeu et premier tournant. Mané centre. Le ballon rebondit sur la poitrine de sissoko puis touche son bras. Penalty. Oui, ça se siffle. Mais désormais, il faut intégrer qu’un ballon qui touche le bras d’un joueur c’est penalty, parce que j’aimerai trouver qui arrive à m’expliquer que le français, à deux mètres de Mané, avec un ballon qui rebondit sur sa poitrine, a touché le ballon délibérément de la main, parce que la règle c’est « délibérément ». Bref, Salah ouvre le score.

Le reste de la première période est pauvre techniquement et dans l’intensité. On sent deux équipes qui se connaissent par cœur, qui se craignent, mais aussi qui attendent le plus longtemps possible avant de se lâcher.

La seconde période est aussi pauvre. Liverpool a reculé et attend les espaces qui doivent se libérer au fur et à mesure que Tottenham devra prendre des risques. Mais les londoniens ne tentent pas grand-chose, ou alors c’est beaucoup trop brouillon. Et même Pocchetino ne sait pas quoi faire et il ne tente d’ailleurs pas vraiment de coaching.

Finalement, c’est Origi qui clôturer la soirée. Sur un ballon mal renvoyé, Fabinho décale le belge qui frappe pied gauche, et trouve le petit filet de Lloris. C’est fini, Liverpool remporte la sixième ligue des champions de son histoire.

Avant d’aller plus loin, il faut revenir sur une anomalie qui plombe les finales de ces dernières années. A vouloir jouer le samedi et après tous les championnats, il s’est passé trois semaines entre le dernier match des deux équipes et cette finale. En fin de saison, c’est juste inadmissible. Il ne faut pas s’étonner que les joueurs aient manqué de rythme, d’intensité. Comment rester dans le rythme quand vous ne faites que vous entrainer pendant trois semaines, et à ce moment de la saison. Bref.

Klopp a donc enfin remporté un titre, et pas n’importe lequel. Quand on se souvient qu’il y a trois ans, quand l’allemand est arrivé, sa première saison était empreinte de doute. Doute sur sa capacité à sortir Liverpool de sa torpeur. Doute sur sa capacité à remporter des titres. Mais voilà, quand les dirigeants ont des convictions et sont sûrs de leurs choix, ils ne virent pas mais laissent travailler. Mais voilà, quand un entraineur sait où il veut aller et les joueurs qu’il veut pour y aller et que ses dirigeants l’écoutent, ça peut donner ça.

Oui, sur cette finale, les trois stars de devant n’ont pas forcément brillé, ni été exceptionnels, mais c’est la consécration d’un collectif qui s’est qualifié sans Salah et Firmino en demi-finale, et qui s’est appuyé sur une force collective énorme.

Mané aura été le plus dangereux des trois de devant. Ce joueur progresse, devient de plus en plus complet d’année en année et est en train d’atteindre un niveau exceptionnel. Dommage qu’il soit africain, la reconnaissance est moindre que s’il était brésilien.

Au milieu, Fabinho, Wijnaldum et Henderson ont travaillé, sans en rajouter, mais ont permis aux reds d’être équilibrés et de couper les transitions des Spurs.

Derrière, Van DIjk a été solide en intervenant sur deux ou trois situations délicates. Alexander-Arnold a été intéressant mais moins inspiré offensivement. Mais surtout, Alisson a montré pourquoi Liverpool a mis autant d’argent pour le recruter. Et un grand gardien, ça change tout.

Enfin, Origi, décisif en demi-finale retour a de nouveau assuré la victoire des reds en inscrivant le second but. Très peu utilisé, le belge a fait le taff quand on a fait appel à lui. Une attitude exemplaire à montrer à beaucoup d’autres joueurs qui se prennent pour d’autres ou qui demandent du respect parce qu’ils sont sur le banc.

A Tottenham, Pocchetino n’a donc toujours pas trouvé la clé face à Liverpool. L’entraineur argentin a tenté le coup Kane. Normal par rapport au statut de l’international anglais, mais après six semaines sans jouer, c’était un pari… Perdu. L’anglais n’a pas pesé sur la rencontre.

En fait, trop de joueurs de Tottenham ont été en-dessous de leur niveau des derniers matchs: Trippier, Alderweireld, Vertonghen, Erikssen.

Mais la plus grande déception, c’est Alli. Non pas qu’on attende autre chose de ce joueur irrégulier, énigmatique, mais on se demande pourquoi il est aussi souvent titulaire. Pas bon au milieu, il est inintéressant quand il évolue plus haut. Bref, un joueur qui donnait de l’espoir mais qui ne progresse plus depuis plusieurs saisons.

Malgré tout, Liverpool a bien mérité son titre sur son parcours de cette saison, mais aussi sur les deux dernières années (deux finales de suite). Les reds, c’est quand même quatre finales de C1 en 14 ans et deux victoires. Il y a des clubs qui ne meurent jamais, mais il y a aussi des clubs qui ne marcheront jamais seuls.

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