Lopetegui a sublimé les joueurs de Ligue 1

Pourquoi des joueurs explosent dans certains clubs et pas ailleurs ? Pourquoi, en France, on ne veut pas avancer ?

Kounde, Ocampos, Carlos, trois joueurs passés par la ligue 1, joueurs honnêtes mais souvent critiqués. Ces trois-là viennent de remporter l’Europa League avec le FC Séville et en étant des éléments très importants. Pourtant, ils possèdent trois parcours différents.

Monchi, l’élément clé

Monchi, c’est le directeur sportif historique du FC Séville. Pendant plusieurs années, il s’est rarement trompé sur le recrutement des coachs et des joueurs. Il est parti à la Roma, sans avoir les mains aussi libres, et il s’est perdu. Il est revenu, et ça marche de nouveau.

Monchi, il connait la ville, le club, l’état d’esprit. Il peut alors, parce qu’on le laisse travailler, amener des profils qui correspondent à tous ces critères. Et comme il est également décisionnaire sur le poste d’entraineur, il attire des profils qui vont pouvoir mettre tout ça en place. Pour être un bon directeur sportif, il faut un réseau, mais surtout les connaissances de l’endroit où vous travaillez. C’est son cas.

Des joueurs de ligue 1 qui s’éclatent

Pour en revenir aux trois joueurs passés par la ligue 1 et qui explosent cette saison, on doit analyser pourquoi, en France, ils sont passés pour des joueurs lambdas, ou presque.

Pour Kounde, tout vient de ce qu’on lui demande. En France, les défenseurs centraux sont là pour détruire, dégager, mais à aucun moment pour être des membres à part entière de l’élaboration du jeu. De plus, ils sont souvent bridés dans leur épanouissement sur le terrain sous l’emprise du fameux équilibre cher à notre championnat.

Pour l’ancien bordelais, se retrouver avec un coach qui pratique un beau football, avec une liberté donnée à ses défenseurs dans la construction du jeu, ça vous fait passer un cap. Est-ce qu’à Bordeaux il aurait pu être aussi bon ? Oui, si on ne l’avait pas bridé. C’est bizarre, mais quand votre entraineur vous demande de relancer, de participer au jeu, on découvre que vous êtes capables de le faire. Mais en France, on préfèrera toujours un Palois à un Kounde, notamment par rapport au gabarit et au préjugé qu’on a sur certains postes.

C’est à peu près la même chose pour Diego Carlos. Il n’est pas devenu un bon footballeur du jour au lendemain, il est juste tombé sur un coach qui joue avec ses qualités.

Enfin, pour terminer sur les défenseurs, oui, leur premier rôle est de protéger leur but, mais rien ne les empêche de participer au jeu. En France, on est sans arrêt en train de s’extasier sur Ramos pars ce que c’est un grand défenseur, mais aussi sur ses montées, sa participation au jeu et même aux buts du Réal. Mais bizarrement, on demandera à nos défenseurs tout l’inverse. Qu’on le veuille ou non, et même si c’est un défenseur, un joueur de foot, ça a besoin de s’éclater, de jouer au ballon.

Ocampos, raillé à Marseille, encensé à Séville

Pour Lucas Ocampos, c’est encore pire, parce que c’est un joueur offensif. Mais qu’est-ce qu’on n’a pas entendu sur lui. Il est généreux mais il est nul. Techniquement, il ne sait rien faire. Ce n’était pas faux, mais il fallait aller plus loin dans l’analyse des causes.

Quand ton entraineur te parle de générosité, de solidarité, de replacement défensif, d’équilibre, mais jamais de jeu, il ne faut pas s’étonner. A Marseille, Ocampos devait d’abord fermer son couloir, aider son latéral, tout ça dans un bloc bas. A la récupération, il devait alors faire 60 à 70m de course pour attaquer. Les quinze premières minutes, ça va, mais c’est impossible à réaliser tout le match.

Avec Lopetegui, l’argentin a la même générosité offensive et défensive. Sauf qu’au lieu de faire 60m de course, il en fait 35, et ça change tout. De plus, au lieu de faire la différence tout seul, quand ce n’est pas Payet ou Thauvin, là, il peut échanger des passes avec des joueurs plus proches et qui sont là pour aider le collectif à faire la différence.

Alors oui, en France, on a de très gros potentiel de joueurs. Sauf qu’ici, ce potentiel est bridé, utilisé qu’à 40% à cause d’une vision du foot dépassée, basée sur la défense, l’équilibre et les différences individuelles. Mais bon, pourquoi changer, la France est championne du monde.

Lopetegui l’a mérité

Oui, Lopetegui n’est peut-être pas le meilleur entraineur du monde, mais c’est un super coach, qui sait sublimer un collectif, faire progresser les joueurs. Après tout ce qui lui est arrivé, il l’a mérité. Le problème de ces entraineurs, c’est qu’ils ne font pas de politique. Pour eux, tous les joueurs sont au même niveau ou presque. Et dans un grand club, la politique, c’est essentiel. Il y a des statuts à préserver, une hiérarchie à respecter, et une valorisation des joueurs à prendre en compte. Dans un grand club, on ne peut pas faire ce qu’on veut.

A Porto et avec la sélection, il avait fait du très bon boulot. Ca n’a pas marché au Réal, qu’importe, il vient de montrer que c’était juste un accident.

1 Comment

  1. On ne peut qu’être admiratif du palmarès du FC Séville . Ce club devient un très gros d’Europe devant l’Histoire . Cela semble échapper aux médias français.
    Mais , bon, on a entendu un chroniqueur de Canal juste avant la finale de C1 nous expulser un magnifique :  » on a été deux fois champions du Monde , le foot français n’a pas besoin de ses clubs pour exister !  » Une aussi énorme absurdité a été sortie pour moucher un jeune journaliste qui rappelait que le palmarès de la L1 en CE était comparable à celui de la Roumanie ou de l’Ecosse.
    Avec de telles lumières , il est évident que le boulot effectué au FC Séville ne sera jamais éclairé pour le fan de foot français.

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