Lyon se donne le droit de rêver

Lyon s’est imposé contre la Juventus (1-0) en match aller de la ligue des champions. Les joueurs de Rudi Garcia ont su se surpasser pour se donner l’espoir d’une qualification.

Beaucoup de monde, dont des supporters lyonnais, voyaient l’OL battu d’avance face à la Juventus. Parce que Lyon souffre en championnat, parce que Rudi Garcia ne réussit pas dans les gros matchs, mais aussi parce que Cristiano Ronaldo était en face. Mais tout le monde oubliait aussi que la Juventus, certes leader de la série A, est en souffrance cette saison dans le jeu.

Les lyonnais ont su réaliser une bonne première période, cohérente, chacun faisant ce qu’il avait à faire. Et dans le football, c’est bien ça le plus dur : faire ce que vous avez à faire et faire ce que vous savez faire. Et comme un symbole, c’est Tousart qui a inscrit le but de la victoire.

Souvent critiqué, et par moi en premier, le milieu de l’OL a réalisé une belle prestation. Pourquoi ? Parce qu’il a fait simple, qu’on ne lui a pas demandé d’être l’organisateur de l’équipe mais le point d’équilibre, et qu’on lui a trouvé à ses côtés, un joueur complémentaire en la personne de Guimaraes. En deux rencontres, la recrue brésilienne a fait plus et mieux que Tiago Mendes en huit mois. Des prises de balle intéressantes, une orientation pour jouer au maximum vers l’avant, et en plus il sait combattre. Comme pour tout, ça demande confirmation, mais c’est déjà très bien.

Sans minimiser la prestation lyonnaise, la victoire s’est acquise avec l’état d’esprit. La preuve, la seconde période a été beaucoup moins maitrisée, mais les lyonnais ont tenu grâce à une grosse solidarité, défendant ensemble, reculant même un peu trop, passant tout près de l’égalisation. Mais ils ont tenu.

Évidemment, le joueur qui a été au-dessus, c’est Houssem Aouar. Positionné plus haut, le lyonnais a montré l’étendue de son talent mais surtout de son intelligence de jeu. Il demande le ballon au bon endroit, au bon moment. Ses prises de balle sont excellentes et il lit parfaitement le jeu. Pour ceux qui ont été surpris de le voir jouer plus haut, il l’avait déjà fait plusieurs fois par le passé.

Comment ne pas comparer sa prestation à celle d’Adrien Rabiot. Et la comparaison fait mal pour l’ancien parisien. Aucune prise de profondeur, il fait tout sur le même rythme. Sarri s’est trompé en le titularisant pour plusieurs raisons.

La première, c’est qu’avec Matuidi, il avait un joueur fiable, pas le plus grand technicien du football, mais le joueur qui comprend ce qu’il a à faire. De plus, quand vous décidez de jouer avec un faux 9 qui décroche (Dybala), il faut que les ailiers rentrent pour occuper l’espace libéré. Ronaldo l’a fait mais pas Cuadrado. Et quand le portugais rentre, il faut que le milieu de son côté, donc Rabiot, prenne la profondeur. Il ne l’a jamais fait alors que Matuidi remplit parfaitement cette fonction.

Eviemment, la qualification est loin d’être acquise et on peut imaginer une autre Juve au match retour. Mais en tout cas, les lyonnais se sont donnés le droit de rêver pendant trois semaines, et c’est déjà génial.

City maitrise le Réal

On a vu aussi City aller s’imposer au Réal 1-2. Guardiola avait tenté un coup, et ça a marché. Positionner De Bruyne et Silva en attaquant et décaler Jesus sur le côté gauche, c’était une innovation. Mais Guardiola a envisagé ce match avec son passé à City.

Il faut se souvenir que City a souvent été (presque) éliminé dès le match aller ces dernières saisons. Et même s’ils ont frôlé l’exploit au retour, ce n’était pas passé. Quand on revoit le match, on imagine très bien que l’entraineur espagnol s’est dit, cette fois on ne va pas aller à l’abordage et se mettre en difficulté, on va envisager les deux matchs dans leur globalité.

Les anglais ont pourtant encaissé un but dans leur temps fort de début de seconde période. Mais ça ne les a pas détruits. Ils ont continué à jouer, à respecter le plan de jeu et ils ont retourné la situation.

Et pour une fois, Zidane s’est trompé dans son coaching. Déjà par des changements tardifs alors que son équipe était en difficulté, mais aussi pas les choix de joueurs. Bale est entré alors qu’il crache en permanence sur le club et qu’il a l’air de s’en foutre à un point rarement imaginé. Mais Zizou a aussi été pris par l’émotion. A 1-2, il a voulu revenir à tout prix et a déséquilibré son équipe, évoluant alors en 4-2-4. L’action qui amène l’expulsion de Ramos, aussi sévère soit-elle, découle de ce réaménagement tactique. Et oui, ça arrive même aux meilleurs.

En tout cas, on a assisté à de très beaux huitièmes de finale aller. A part le Bayern – Chelsea et l’Atalanta – Valence, tous les autres matchs sont indécis. Ca promet de superbes matchs retour. On a hâte d’y être.

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