Marseille, Lille, Lyon en symbole

Le football français vit une nouvelle période étrange: la sélection est championne du monde mais les clubs sont en souffrance. Décryptage d’un mal bien français.

Des clubs de ligue 1 éliminés en coupe de France par des clubs de Nationale 2 et de Régional 1. Des clubs qui sont obligés de vendre pour valider leurs comptes. Bref, retour à l’après titre de 1998. Et oui, comme il y a 20 ans, les clubs français ont cru que le titre de champion du monde était aussi le leur. Quelle blague !!!!

S’il y avait un symbole à tout cela, ce serait l’OM. Le club phocéen est en souffrance, même si, c’est vrai, il peut encore accrocher la ligue des champions. Sortis piteusement de l’Europa league, les marseillais l’ont été également de la coupe de la ligue par Strasbourg à domicile et de la coupe de France par Andrézieux, club de Nationale 2 (ex-CFA) et n’ont remporté que deux de leurs treize dernières rencontres.

Premier symbole, Rudy Garcia. Donner les pleins pouvoirs à l’entraineur est une grave erreur. Sertic, Abdenour, Germain, Mitroglou, Radjonic, Caleta-car et Strootman sont des échecs. Heureusement qu’il y a eu Gustavo (l’an dernier) et Sanson. Quand l’entraineur décide de tout, que se passe-t-il quand il doit choisir qui va sur le banc ? Que se passe-t-il s’il est viré ?

Quand vous avez une politique sportive de club, que vous recrutez des joueurs qui correspondent cette politique, en cas de mauvais résultats, vous pouvez changer l’entraineur sans que ça n’influe sur le comportement d’un joueur venu avec le coach. Mais vous avez aussi moins de risque de vous tromper de joueurs.

Deuxième symbole, le Président Eyraud. Il était venu avec ses airs d’ancien chef d’entreprise qui sait tout et qui allait montrer qu’il était facile de réussir dans le foot sans le connaitre. Alors, il nous avait présenté un Powerpoint digne d’un CM1 pour nous expliquer comment il allait réussir à l’OM. Nous sommes en train de voir… D’ailleurs, il a prolongé Garcia en début de saison… Encore une décision étrange.

Troisième symbole, les joueurs. Que dire de leurs comportements sur le terrain ? Inadmissible. Incapables de produire du jeu, mais surtout incapables de seulement avoir l’état d’esprit et de faire les efforts ne serait-ce que dans les courses, l’agressivité. Mais ce n’est pas tout. Certains boudent parce que certains nouveaux ont des salaires importants.

Un jour, peut-être, les joueurs arrêteront de se comparer. Un jour, peut-être, les joueurs comprendront qu’un contrat, ça se négocie. Un jour, peut-être, les joueurs comprendront qu’un salaire c’est un mélange de négociation, d’intox, de ce qu’a fait le joueur avant, de son image, de son potentiel et donc de son âge et d’une future revente.

Mais non, les joueurs boudent et ne jouent plus. Mais c’est juste scandaleux. Le joueur est payé en fonction de ce qu’il a négocié, et tant pis pour lui si ses agents n’ont pas réussi à lui donner ce qu’il souhaitait, et il doit faire le boulot, c’est tout.

Quatrième symbole, Zubizaretta. A quoi sert le directeur sportif de l’OM ? Où sont les joueurs issus de son réseau. Certains essaient de faire croire qu’il œuvre à la restructuration du centre de formation. Il faut juste savoir que l’OM essaie de signer des partenariats avec des clubs amateurs réputés pour sortir des joueurs, en région marseillaise et en région parisienne, mais qu’aucun club ne veut signer ce fameux partenariat.

Enfin, encore une fois, on a la preuve qu’une équipe peut faire une saison sur l’enthousiasme, l’état d’esprit, mais que deux saisons, non.

Si l’OM ne se qualifie pas en ligue des champions à la fin de la saison, et sans la retombée financière de celle-ci, les années à venir risquent d’être terribles pour les supporters olympiens.

Plus au nord, à Lille, le club doit vendre cet hiver pour valider ses comptes par la DNCG. Ok, le président lillois pour accélérer son projet voulait acheter plusieurs joueurs pour les valoriser et les revendre. Là aussi, le club lillois est le symbole de la bêtise du football français. Acheter des joueurs en misant sur une progression pour revendre et faire des plus-values, ce n’est pas possible.

Cette saison, ça se passe bien, mais les lillois sont passés tout près de la catastrophe l’an dernier. Et peut-être qu’après une bonne saison, l’année prochaine, ils flirteront de nouveau avec la relégation.

Un jour, peut-être, les clubs comprendront que la progression d’un joueur dépend de son environnement, de l’entraineur (voire du changement d’entraineur), du style de jeu, de la mentalité du club et de la région, sans compter sa vie privée, son adaptation etc…

Un jour, peut-être, les clubs comprendront que si on a un budget de 35M€, on dépense 35M€ et pas 85 en espérant que les joueurs prennent 50M€ minimum de plus-value pour combler le trou.

Enfin, peut-être qu’un jour, les clubs comprendront que si on met de la compétence dans l’encadrement du centre de formation, on n’a presque pas besoin d’aller chercher des joueurs moyens à l’étranger. La France a un potentiel joueur assez important pour s’auto-alimenter. Les joueurs étrangers doivent venir quand ils sont très au-dessus de ce que le club a déjà et qu’ils apportent un réel plus. Mais comme les clubs pros sont peuplés d’anciens pros et amis du responsable de la formation plus que de gens compétents, il faut aller acheter des joueurs.

Enfin, dernier mal français: on choisit ses matchs. Et là, le symbole, c’est l’OL.

Cette saison, Lyon a gagné à City, mais a perdu à Reims, mais surtout, à domicile, face à Nice et Rennes et fait match nul contre Bordeaux et Nantes. Et ce soir, c’est Strasbourg qui est allé éliminer les gones à domicile en coupe de la ligue 1-2.

Pourquoi les lyonnais n’y arrivent pas contre les équipes modestes ? Suffisance, excès de confiance, manque d’envie ? Un peu de tout cela surement mais toujours est-il que Jean-Michel Aulas ne peut pas toujours se plaindre de l’écart de budget avec le PSG. Il n’y a que six points à prendre contre le PSG et pourtant l’OL est à quinze points du club de la capitale.

L’OL a du mal contre les équipes qui défendent. L’OL ne sait pas trouver les solutions contre ce genre d’adversaire. Enfin, il y a trop d’intermittents dans cette équipe: Traoré, Depay, Fekir, entre autres, quand Dembélé est décevant.

Le néerlandais est un symbole de ce comportement. Parfois éclatant et surprenant, il peut aussi être complètement absent dans certains matchs. Mais en plus de ne pas être bon, il a surtout un comportement insupportable.

Mais bon, il paraît que je suis trop dur, trop pessimiste, trop négatif… Deux coupes d’Europe remportées en 70 ans par un pays qui se pense un grand du football de club, ça me fait bien rire. Mais chut, la France est championne du monde !!!

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