Même le grand Guardiola peut se rater

Liverpool a terrassé City 3-0. Une rencontre où, pour une fois, Guardiola a subi les évènements.

Liverpool – City, c’était le choc entre anglais, l’opposition attendue entre Klopp et Guardiola. Pourquoi ? Parce que l’entraineur allemand est celui qui pose le plus de problèmes à l’entraineur espagnol à chaque rencontre. Et le premier indice, à l’annonce de la composition des équipes, c’est que Guardiola a peur. Alors qu’il aligne systématiquement Sterling à droite, le catalan décide de renforcer son milieu en alignant Gundogan à la place de l’anglais. Et la première demi-heure de Liverpool va être un récital et confirmer l’erreur de Guardiola.

Les reds vont mettre une intensité exceptionnelle pour défendre, pour sortir les ballons, dans les courses vers l’avant et dans l’efficacité. City est asphyxié. C’est en toute logique que les joueurs de Klopp vont mener 3-0 après seulement 31 minutes de jeu. Salah, Oxlade-Chamberlain puis Mané sont les buteurs.

City va alors reprendre le contrôle du match, mais est-ce parce qu’ils se font violence ou plutôt parce que les reds sont dans un temps faible ? Un peu des deux. Toujours est-il qu’à la pause, Liverpool mène 3-0.

En seconde période, City monopolise le ballon mais ça manque d’intensité, de spontanéité et même, chose rare, de justesse. Guardiola va tenter des changements, une réorganisation de son système, mais rien n’y fait. Pourtant, Liverpool perd Salah, sorti blessé et n’a plus les jambes pour sortir en contre. Mais les joueurs de Liverpool vont alors afficher une solidarité et un état d’esprit exceptionnels pour contenir les offensives des citizen. Symbole de cette hargne, le jeune latéral gauche, Alexander-Arnold, simplement impassable hier.

Liverpool s’impose 3-0 et va se rendre à City dans une position qu’il affectionne pour contrer.

Alors oui, je sais que c’est dur à entendre, mais Guardiola s’est trompé. Il s’est trompé dans sa composition de départ. Il s’est trompé en alignant Laporte latéral gauche et Kompany dans l’axe. En fait, Guardiola a fait ce qu’il ne fait presque jamais: changer de style et de stratégie en s’adaptant totalement à son adversaire dans une rencontre de haut niveau. Certaines mauvaises langues diront que finalement, Guardiola, ne peut pas gagner en Europe sans Messi. Oui, comme United ne gagne plus depuis le départ de Ronaldo. D’ailleurs, est-ce que Zidane aurait deux ligues des champions s’il n’avait pas le portugais dans son effectif ? Et oui, il existe de grands entraineurs, mais dans les grands matchs, ce sont aussi et surtout les grands joueurs qui font la différence.

On a vu aussi ce qui pouvait poser des problèmes à city, et qui s’était déjà produit dans les rencontres de championnat entre les deux équipes: des transmissions rapides et justes qui les empêchent de défendre en avançant. D’ailleurs, sur les trois buts, tous les joueurs de City reculent sans avoir le temps d’avancer pour fermer les intervalles, ralentir la course du porteur de balle et mettre de la densité autour.

Kompany a été dépassé, manquant de vitesse, d’intelligence. Je n’ai d’ailleurs jamais compris ce que faisait ce joueur à ce niveau, ni aujourd’hui, ni les saisons précédentes. Laporte, placé en latéral gauche, a payé son manque de repère à ce poste. Sur le troisième but, le positionnement de son corps et la distance qu’il laisse à Salah pour centrer sont juste inadmissibles à ce niveau. Au milieu, Gundogan a été transparent, et De Bruyne et Silva n’ont jamais réussi à trouver les passes qu’ils réalisent habituellement. Enfin, devant, Sané a presque tout raté et Jesus n’a jamais été trouvé.

En face, Klopp a donc réussi, une nouvelle fois, face à Guardiola, en restant fidèle à ses principes. La première demi-heure de son équipe fut juste extraordinaire, bien aidé par Anfield, ce stade mythique fidèle à sa réputation.

Parce que oui, c’est ça un grand club. Une âme et une histoire qui forcent les joueurs présents à tout donner, à perpétuer une légende et ses cinq victoires en ligue des champions. City a une toute petite histoire européenne comparée à Liverpool. Et comme le PSG, vous pouvez acheter un paquet de joueurs, l’histoire d’un club, son identité, son âme, ça ne s’achète pas (http://parlonsbienparlonsfoot.fr/ligue-champions-ca-ne-se-decrete/). Ce n’est pas anodin si, c’est un joueur de 27 ans, milieu de terrain, au club depuis 2011 qui en est le capitaine. Henderson a pris le relais de Steven Gerrard, avec moins de talent certes, mais avec un mental et un leadership de très haut niveau. Alexander-Arnold, 19 ans, formé au club, a également été magnifique de combativité, de courage, de caractère et a montré ce que représentait de porter le maillot de Liverpool en ligue des champions.

Et oui, Liverpool, c’est ce genre de club au-dessus des joueurs, capable de laisser partir Coutinho (et avant cela Torres, Suarez et Xabi Alonso) et d’être encore meilleur sans lui. Oui, Liverpool, c’est ce genre de club qui laisse du temps à un entraineur, qu’il a choisi, pour imposer ses idées et qui ne le menace pas sous prétexte qu’un joueur n’est pas content de son statut ou à la première défaite. Mamadou Sakho en a d’ailleurs fait les frais.

Sur les quatre rencontres aller de ligue des champions, on a remarqué deux points essentiels et indispensables à ce niveau: l’intensité et l’efficacité. Alors, même si c’est très mal embarqué, on a envie de voir ce que sera capable de mettre en place Guardiola au retour, dans moins d’une semaine. Avec de l’efficacité et de l’intensité, les citizen sont capables de renverser le score. Mais en face, c’est Klopp, qui va finir par devenir la bête noire de l’espagnol. En fait, on a juste envie de voir le match, tout simplement et de prendre du plaisir. Vivement mardi.

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