Un mercato réussi, c’est quoi ?

En cette période de mercato, tout le monde a son avis, ses préférences, ses rêves. On veut tel joueur, on peut se payer celui-là, mais on rêve de ce que va donner la saison à venir. Mais peut-on, à l’avance, savoir si un mercato est réussi ?

Un mercato, ça se prépare… Et pas à partir de juin, mais au moins dès janvier. On commence à avoir une idée sur les joueurs dont on va se séparer, ceux qui veulent partir, le budget qu’on va pouvoir utiliser, en espérant boucler des ventes et l’augmenter.

A partir de là, on a une série de postes à renouveler. Il existe alors deux solutions: les clubs qui recrutent et qui donnent à l’entraineur un groupe déterminé, à lui de trouver les complémentarités, et ceux qui donnent carte blanche au coach et qui recrutent en fonction de ce que ce dernier veut mettre en place.

On tient compte ensuite de la politique sportive du club. Il y a celui qui veut remporter des titres et exister sur la scène européenne. Dans ce cas, on s’oriente vers des joueurs confirmés, avec un passé marquant. Il y a le club, comme Monaco, qui recrute jeune pour avoir des résultats mais surtout pour faire des plus-values à la revente. Et puis, il y a les autres, ceux qui doivent recruter sur le deuxième et troisième marché, celui des joueurs avec lesquels on prend un risque.

Pour minimiser les risques, il faut une vraie cellule de recrutement compétente. Son rôle est de connaître le marché mondial, les contrats des joueurs, les profils et le prix du transfert. Cette cellule doit connaître, en plus, l’entourage du joueur, son caractère, mais aussi son adaptabilité au pays. Comme un joueur s’épanouira plus à Lille qu’à Lorient, certains sont plus aptes à être compétitifs en Italie qu’en Allemagne. Question de culture et d’état d’esprit, mais aussi de football pratiqué.

Vient ensuite la partie négociation. C’est la plus compliquée. Il faut convaincre le joueur, le satisfaire contractuellement, mais aussi s’entendre avec le club vendeur. De plus, cela dépend également du nombre de clubs courtisans, mais aussi de leur poids. Si le PSG veut un joueur visé aussi par le Réal ou le Bayern, il sait qu’il part de loin et qu’il va sûrement falloir lui donner un salaire plus important pour l’attirer.

Il y a ensuite le moment de la négociation. Si de plus en plus de transferts se réalisent vers la fin du mercato, c’est qu’il y a une raison. Comme pour un voyage que vous réservez à la dernière minute, vous prenez le risque que le joueur ne soit plus disponible. Mais vous optez pour le fait que le club vendeur aura besoin de dégraisser son effectif pour que le tarif baisse. Par contre, vous prenez aussi le risque que le club vendeur n’ait pas forcément besoin de vendre et que le tarif augmente. C’est presque un jeu. Concrètement, un joueur qui vous couterait 20M€ en début de mercato, vous pourrez peut-être l’avoir pour 12M€ le 31 août, mais peut-être aussi qu’il va falloir en débourser 28. C’est le jeu.

Quand les clubs font leurs achats, on a alors tous un avis. Ce joueur est trop vieux, celui-ci n’est pas une valeur sûre ou celui-là n’a rien prouvé. Parce que finalement, un club achète un joueur sur son passé, sans certitude qu’il sera capable de reproduire les mêmes performances, ni même sans être sûr qu’il progressera.

Quand Marseille fait revenir Mandanda, est-il sûr, qu’après un an d’inactivité, il va retrouver toutes ses qualités ? En revanche, on sait ce qu’il a déjà fait, donc ça rassure les supporters. Quand le PSG recrute Berchich, très peu de gens le connaissent, et aux yeux de l’opinion public, ce n’est qu’un joueur de la Réal Sociedad. Sera-t-il la bonne surprise ou une déception ? Quand Monaco recrute Tielemans, c’est pareil. C’est un jeune joueur à fort potentiel, mais combien n’ont jamais confirmé ?

Pour résumer, et avant qu’on ait pu juger le joueur sur ses performances, un mercato qui a l’air réussi, c’est la combinaison entre jeunes et joueurs confirmés, achetés aux prix du marché (voire moins !!!), avec un salaire cohérent et, la cerise sur le gâteau, une perspective de plus-value.

Mais en réalité ? Quand le PSG achète Verratti 11M€, alors qu’il est inconnu, tout le monde pense que c’est trop cher, donc presque une erreur. L’ancien Président de Rennes avait déclaré qu’une telle somme sur un joueur qui ne jouerait jamais, c’tait n’importe quoi, quand Mombaerts, alors sélectionneur des espoirs, avait dit que des Verratti, il y en avait plein les centres de formation français. On connaît la suite. Le petit italien est sûrement la meilleure recrue rapport qualité/prix des qataris.

Evidemment, il y a des joueurs dont on est presque sûr, parce qu’on ne sait jamais à 100% dans le football, qu’ils vont réussir ou échouer. Il ne fallait pas être un génie pour savoir que Ben Arfa avait très peu de chances de réussir au PSG, comme il ne fallait en être un pour savoir que Zlatan serait une réussite.

Quand Monaco a misé sur des jeunes, notamment Bernardo Silva, Mendy ou Lemar, qui aurait cru qu’ils réaliseraient d’aussi grandes performances ?

Finalement, un mercato réussi ne se jugerait-il pas à la fin de la saison ? Et si, le vrai pion essentiel d’un mercato réussi était l’entraineur et ce qu’il va faire de ses joueurs ?

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