OM, Bordeaux: Monuments français en péril

Bordeaux et l’OM sont deux grands clubs de l’histoire du championnat de France. Malgré des résultats différents cette saison, les deux clubs vivent des moments compliqués. Comment en est-on arrivé là ?

En France, il existe quelques clubs historiques mais plus sur l’histoire que sur les titres. Alors qu’à l’étranger certains clubs ont remporté plus de 10 titres de champion, parfois plus de 20, en France, le club le plus titré est l’AS Saint-Etienne avec 10 titres. Malgré cela, on peut citer Marseille, Bordeaux, Paris, Nantes, Saint-Etienne ou encore Monaco comme les plus grands clubs français.

Pourtant, ces clubs vivent constamment des saisons contrastées : une fois en haut, une fois quelconque. Pour Bordeaux, c’est encore pire : depuis le titre obtenu avec Laurent Blanc, le club végète en milieu de tableau, la meilleure année étant quand ils se qualifient pour l’Europa League.

M6 était souvent critiqué, mais au moins, quand ils étaient propriétaires, le club a réussi à exister quelques saisons, finissant sur le podium et même champion. Avec la vente à King Street, on imaginait au moins que les girondins réussiraient à faire du trading, puisque c’est devenu le seul objectif de nombreux clubs aujourd’hui. Mais même pas.

Bordeaux au bord de l’explosion

Si Bordeaux est en train de sombrer, c’est parce que la nouvelle direction ne connait rien du foot, mais surtout qu’elle s’est très mal entourée. En ne respectant ni l’histoire du club, ni les anciens, ni le sportif, les nouveaux propriétaires sont en train de tuer le club.

A l’OM, c’est légèrement différent. Le club a été racheté par l’américain Franck Mac Court. Il y a déjà dépensé plus de 200M€ mais pour un résultat très décevant. L’OM s’est planté dans le choix de son entraineur, Rudi Garcia. Ce dernier a plombé les finances et l’effectif en faisant venir des joueurs très moyens, pour être gentil, comme Caleta-Car, Strootman, Sertic, Radonjic et j’en passe.

Le club s’est également planté en recrutant Jacques-Henry Eyraud. Le problème n’est pas de ne pas venir du milieu du foot, mais de manquer d’humilité en expliquant que le foot ne se gère pas différemment qu’une société, qu’il savait faire et qu’il réussirait. Sauf qu’il a oublié deux choses : l’humain, encore plus important que dans beaucoup de domaines, et les résultats sportifs qui dictent l’essentiel de la réussite.

Même si les cas des deux clubs sont différents, le problème de fond reste le même. Le football, ça ne se gère pas n’importe comment. Construire quelque chose, ça demande de bien s’entourer, de donner des directives précises et que chacun reste à sa place. L’entraineur ne peut pas être en même temps recruteur, le directeur sportif ne doit pas être un pantin, et l’organigramme doit être structuré. Il doit y avoir une cellule recrutement digne de ce nom qui travaille en connaissance de l’Adn du club, de son environnement, de sa position géographique et de l’ambiance qu’il y règne autour.

La deuxième division de l’Europe

Encore une fois, un joueur recruté doit correspondre à tous les critères. Le même joueur avec les mêmes qualités réussira plus à l’OM qu’à Bordeaux, ou inversement, en fonction de son caractère et de la gestion de ses émotions, élément central de la vie d’un joueur. Certains ont besoin de folie, de passion pour s’épanouir, quand d’autres ont besoin de calme, de tranquillité.

Enfin, et même si ça se fait dans beaucoup d’endroits, pour être solide, un club ne peut pas donner le recrutement à gérer à un agent, qui plus est proche de l’entraineur. Un agent ne vous apportera pas les meilleurs joueurs mais ceux qu’il a dans son « catalogue » afin de toucher sa comm. Si, en plus, cet agent est aussi celui de l’entraineur, je ne vous fais pas un dessin pour vous faire comprendre pourquoi ce joueur jouera plus qu’un autre, ou simplement pourquoi il a été recruté alors qu’on sait d’avance qu’il ne sera pas utile à l’équipe.

La vérité, c’est que les clubs français sont en train de sombrer doucement mais sûrement, ne survivant que grâce à la vente de joueurs et sans autre objectif que de se maintenir en ligue 1.  Un club comme l’OM peut-il se contenter de ne jouer la ligue des champions qu’une fois sur les sept dernières saisons ? Mais comme la sélection est championne du monde, que les clubs étrangers viennent faire leur marché ici, on se voile la face. Alors, sommes-nous condamnés à avoir un football de clubs de seconde zone malgré les moyens dont la France dispose ?

2 Comments

  1. Mais il me semble que nous n’avons jamais cessé d’avoir un championnat de D2 européenne !
    La seule époque propice en Europe fut celle durant laquelle nous gagnâmes la C1 93 et la C2 96 . En 1996 d’ailleurs nous avions trois ( quel festin ! ) clubs français en demies européennes. le début des années 90 voyait la récompense du travail des formateurs mais l’arrêt Bosman a tout flanqué à terre.
    Vous avez oublié Lyon, je crois, en club historique du championnat , ses sept championnats d’affilée cela ne risque pas d’être battu tout de suite et il a eu une bonne période de trublion dans les années 60-70 ( six finales de la vraie coupe de 63 à 76 et une demie en C2, 1964 )

  2. Nul doute que nous puissions mieux faire , cependant mis à part le milieu des années 90 ,jamais notre championnat n’a brillé en Europe . La saison 95-96 étant particulièrement exceptionnelle avec trois clubs en demies des coupes d’Europe… Un festin vite interrompu par les nouvelles règles en UE.
    Et puis les médias sportifs contribuent à la médiocrité des résultats , il y a tellement plus à dire sur les trains qui sont en retard que sur ceux qui arrivent à l’heure…Ils sont aussi responsables de l’absence de culture foot que vous souligniez dans un article précédent. A part les poteaux carrés ou la tête de leur Basilou, ils ne rappellent jamais les évènements passés , ne soulignent jamais l’importance de la durée dans la performance et ne mettent jamais celle-ci en rapport avec les moyens disponibles sauf en cas d’échec. L’échec étant toujours au bout parce que la C1 est la seule compétition européenne qui les intéresse et celle-ci, par ses règles, est réservée à un petit groupe de clubs très anciens et très riches dont aucun n’est français.Donc chaque année ,ils peuvent verser leurs larmes de crocodiles sur l’élimination et demander à leurs stars favorites ce qu’elles attendent pour quitter ce pauvre championnat.
    La Coupe des Coupes 96 de PSG ou la présence en Europe de l’OL sans interruption depuis 97, nos médias s’en moquent complètement pourtant c’est le genre de performances qui font qu’on peut faire semblant d’être « dans les 5 grands championnats ».
    Pour toutes ces raisons , je crois que la nullité du spectacle vient d’abord de celle de ses critiques plus que de celle des dirigeants.

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