Ongenda: Un gâchis de plus

Hervin Ongenda a donc disparu du milieu pro, pour l’instant. Une histoire de plus pour un joueur qui était pourtant promis à un bel avenir.

Peut-être qu’un jour les joueurs, et leur entourage, comprendront que le seul talent ne suffit pas. Une carrière, ça se construit, ça se gère intelligemment. Il faut travailler dur, respecter les règles, le coach, les partenaires, le club qui vous emploie, ne pas se croire arriver trop vite.

Ongenda en est un nouvel exemple. Promis à une belle carrière, ce joueur avait montré de belles dispositions à ses débuts où il avait participé à plusieurs rencontres avec le PSG de Zlatan. Des prestations intéressantes, un potentiel à développer, tout était réuni pour faire quelque chose. Mais voilà, depuis, c’est la descente.

Pourtant prêté dans des clubs moyens pour avoir du temps de jeu, le joueur ne va pas s’en servir pour progresser. Se croit-il supérieur parce qu’il vient du PSG ? Travailler dur n’est pas pour lui une priorité ? L’entourage lui a-t-il fait comprendre qu’il était trop fort et qu’il n’avait rien à faire à Bastia, par exemple ? Un peu de tout cela ?

Toujours est-il qu’aujourd’hui, le joueur est au chômage, et qu’il va avoir du mal à rebondir. Parce que dans ce milieu, quand vous ne jouez plus, on se fout de ce que vous avez fait avant, du potentiel qui, paraît-il, été le vôtre.

Evidemment que le joueur est coupable de ce qui lui arrive. Mais il n’est pas seul. Qu’a fait l’entourage pour le sortir de là ? Eux, ils s’en foutent. Ils prennent un chèque par-ci par-là, jusqu’au jour où le joueur disparaît. Pas grave, ils iront en chercher un autre pour gratter leur billet.

Mais il faudrait aussi se pencher sur ses éducateurs pendant sa formation. A force de laisser faire ces gamins soi-disant surdoués, les ont-ils mis dans de bonnes dispositions pour intégrer le monde professionnel ? Evidemment, non. Comme il faisait gagner les matchs, le punir, le faire bosser dur, lui faire comprendre qu’arriver à l’heure faisait partie du bagage du joueur, ils ‘en moquaient sûrement. Eux aussi sont coupables.

Oui, tous ces éducateurs qui se flattent l’égo parce qu’ils sont champions de France U17, parce qu’ils gagnent la Gambardella, sont coupables du manque d’investissement de ces joueurs.

Et les clubs ? Evidemment qu’eux aussi sont coupables. Pour se justifier, ils nous expliqueront qu’ils n’ont pas à faire l’éducation d’un gamin, qu’ils n’ont pas à lui faire prendre conscience de certaines choses. Mais si. Parce que quand ils prennent un gamin pour faire de l’oseille dessus, ils sont responsables. Pourquoi en Angleterre, par exemple, les clubs font intervenir, dans les centres de formation, des banquiers, des agents immobiliers, pour expliquer aux jeunes ce que représente telle somme, que le football ça va vite et qu’il ne faut pas faire n’importe quoi avec leur argent. Après, si le joueur n’en prend pas conscience, c’est un autre problème, mais le club aura fait ce qu’i avait à faire.

Evidemment qu’on en peut pas demander à un gamin de 18-19 ans de prendre la mesure de ce que représente le salaire qu’il touche. Evidemment qu’on ne peut pas lui demander de résister à tout ce qui se passe autour de lui. Evidemment, on ne peut pas lui demander de ne pas se laisser griser par son entourage qui va lui répéter sans cesse qu’il est trop fort, que s’il ne joue pas, c’est juste que son entraineur est con et incompétent, que lors de son prochain contrat, on demandera un salaire de 200 000€ parce que le joueur qui était avec lui au centre et qui était soi-disant moins bon a réussi à négocier cela dans son nouveau club.

Quand est-ce que tout le monde va prendre conscience de tout cela. Mais dans un monde où l’humain passe après tout et où seul l’argent compte, tout le monde se fout d’Ongenda, comme de tous les autres avant lui.

Oui, c’est dommage pour lui (mais ce n’est pas encore fini complètement) qu’il n’ait pas la carrière espérée. Mais est-ce une raison pour ne lui avoir donné aucune carte pour vivre une vie normale en dehors du football ?

Alors, combien d’Ongenda, de Jacquemot et autres pour que les choses changent ?

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