Où va le PSG ?

Le PSG a pratiquement terminé sa saison. Pour la (ou les) saisons à venir, le club de la capitale doit revoir beaucoup de choses. Décryptage.

Le Paris Saint-Germain a donc remporté la coupe de la ligue face à Monaco (3-0). Le titre de champion devrait arriver officiellement très vite, et on ne voit pas comment le club de la capitale pourrait être empêché de remporter une nouvelle coupe de France alors qu’il se déplace à Caen pour la demi-finale et qu’en cas de qualification, son adversaire en finale sera un club de National (Les Herbiers ou Chambly).

Mais voilà, il y a eu de nouveau le couac de la ligue des champions. Pourtant, les parisiens avaient tout fait pour terminer en tête de leur groupe, devant le Bayern Munich. Mais ils ont tiré le Réal, le pire adversaire des huitièmes de finale. Une confrontation où les parisiens ont été bons pendant 70 minutes lors du match aller, et où ils n’ont plus existé par la suite.

Alors oui, le PSG n’a plus atteint les quarts de finale de la C1 depuis deux ans. Mais il faut toujours tenir compte de l’adversaire qu’on rencontre. Les années précédentes, en huitième de finale, ils avaient affronté et éliminé Valence, Leverkusen et Chelsea deux fois. La seule fois où ils ont affronté un adversaire coriace, c’est en 2014-2015, quand le club anglais terminera champion d’Angleterre. La saison suivante, Mourinho était déjà sur la sellette et n’a pas fini la saison, les anglais terminant 10ème de premier league.

Finalement, en six ans, le PSG n’a jamais éliminé un grand d’Europe, se faisant même sortir par City lors de la dernière saison de Laurent Blanc.

Une communication à revoir

En fait, les dirigeants parisiens font une erreur énorme et qui les dessert quand il s’agit de faire le bilan chaque saison.

A force de ne parler que de la ligue des champions, ils donnent l’impression que tout le reste n’a pas d’importance. Alors, dès qu’ils sont éliminés, plus rien n’a de saveur aux yeux du public et même des médias. Remporter cinq coupes de la ligue consécutivement, ce n’est pas rien. Remporter cinq titres en six ans, ce n’est pas rien. Et remporter trois coupes de France consécutivement, et peut-être une quatrième cette saison, ce n’est pas rien. Mais avec leur communication centrée sur la C1, on en arrive à considérer que c’est juste normal.

Oui, même avec son budget et son effectif, les dirigeants parisiens doivent valoriser les titres nationaux. Parce que remporter 40 matchs consécutifs dans les coupes, quand on sait que sur un match tout est possible, et quand on sait que les parisiens ont affronté une majorité de clubs de ligue 1, oui, c’est une vraie performance.

La communication autour de la ligue des champions n’est pas bonne. Parce qu’un parcours, ça dépend de beaucoup de choses: du tirage au sort, de l’ordre des matchs, des blessures, des suspensions. A tout cela, il faut ajouter l’expérience. Chelsea a mis dix ans à remporter la C1. Sur les neuf dernières ligue des champions, six ont été remportées par le Barça ou le Réal. Seul l’Inter de Mourinho, le Bayern d’Heynckes et le Chelsea de Di Matteo ont réussi à empêcher le carton plein de l’Espagne.

De plus, cette communication ajoute à la pression sur les joueurs. Et on l’a bien vu au match retour cette saison, les parisiens ont tellement surjoué que la qualification était possible face au Réal qu’ils ont donné l’impression de jouer le match avant, et qu’une fois sur le terrain ils étaient tétanisés, amorphes, incapables de réaliser un exploit.

Le PSG doit absolument revoir sa comm sur la ligue des champions. Ca ne veut pas dire que les dirigeants manquent d’ambition, mais qu’ils ont compris que la C1 ça ne se décrète pas, ça s’apprend, ça se travaille et ça se gère.

L’institution doit devenir plus forte

C’est le problème qui revient depuis toujours: l’institution. Oui, le PSG doit désormais se placer au-dessus de ses joueurs et les dirigeants soutenir l’entraineur quoi qu’il arrive. Oui, le Président ne doit plus être l’ami des joueurs mais leur patron.

Aujourd’hui, certains joueurs décident s’ils jouent ou pas. D’autres décident s’ils jouent tout le match ou pas. Enfin, ils décident s’ils travaillent trop ou pas. Ce n’est plus possible.

Oui, le PSG n’est pas un grand club comme peuvent l’être le Réal, le Barça, le Bayern. Oui, la ligue 1 est un championnat qui ne fait pas rêver. Alors, pour attirer de grands joueurs, les dirigeants parisiens doivent surpayer les joueurs. Mais une fois qu’on donne des salaires si importants, le joueur doit se plier aux règles et se taire.

Les responsables doivent avoir un discours du type: « Ok, pour que tu signes, on double ton salaire (ils en ont les moyens !!!). A partir de là, tu ne peux pas avoir un salaire astronomique et dicter les règles. Donc on fait l’effort, mais ensuite, tu te plies à ce que nous décidons !!! ». Or, ils ont le comportement inverse: puisqu’on donne autant à tel joueur, on doit le chouchouter pour ne pas le perdre. Autant le dire tout de suite: ça ne marchera jamais comme cela.

Et la suite

Les rumeurs font état d’un possible remplacement de Nasser Al Khelaïfi à la tête du club. Deux noms circulent: Le frère de l’émir, Joann Bin Hamad Al Thani et Hassan Al Thawadi, le patron de l’organisation de la coupe du monde 2022 au Qatar. Ce qui est sûr, c’est que si nouveau président il y a, il devra cesser d’être copain avec les joueurs, d’être un fan mais plutôt d’endosser le vrai costume du chef.

Le PSG doit également trouver un nouvel entraineur. Ce qui est étrange, ce sont les profils différents de chaque entraineur pisté: Simeone, Tuchel, Allegri, Conte, Enrique. On a l’impression que les dirigeants n’ont pas de ligne directrice et qu’ils contactent tout le monde quelque soit le profil.

Comme j’avais expliqué à l’époque, quand Lille hésite entre Gorucuff et Antonetti, il n’y a aucune cohérence. Là, c’est pareil. Allegri ou Conte, ça n’a rein à voir, comme Enrique ou Simeone. Ce qui est sûr, c’est que le nouvel entraîneur devra être soutenu par sa direction. Sinon, quelque soit le coach, les mêmes problèmes continueront à peser sur l’équipe.

Ensuite, le PSG va devoir renouveler son effectif. Tout d’abord pour être en accord avec ce que le nouvel entraineur proposera en terme de contenu, mais aussi parce que ce groupe, et notamment avec l’histoire de la remontada, arrive en bout de course.

Les arrivées de Neymar et Mbappé ont commencé ce rafraichissement, mais désormais il va falloir se poser les bonnes questions. Prendre de fortes individualités ou des joueurs de collectif ? Garder Cavani ? Qui pour remplacer Motta ? Rabiot, qui n’a pas prolongé, doit-il partir ? Conserver Silva ou installer Kimpembe et trouver un troisième central ? Quel gardien de haut niveau aller chercher ? Qui comme latéral gauche ?

En tout cas, le club de la capitale va devoir mettre les choses au clair et se positionner comme un grand club. Pour ceux qui veulent partir, ne pas les retenir, fixer le prix et passer à autre chose. Pour les autres, ceux qui viennent chouiner pour être augmenté tous les six mois, aucune renégociation. Ils ont des contrats, et plutôt des très bons, alors qu’ils s’en tiennent à cela.

Mais surtout, le club de la capitale va devoir bien vendre pour respecter le fair-play financier. Les clubs étrangers étant au courant de la situation, comment bien vendre Pastore, Di Maria ? Qui veut encore de Kurzawa, acheté plus de 20M€, en tout cas à ce prix-là ? Conserver Draxler ?

Pour n’avoir pas laissé Emery imprimer sa patte, avoir laissé le pouvoir aux joueurs, avoir tergiversé dans la gestion des écarts de certains joueurs et pour n’avoir pas encore fait du PSG, une institution au-dessus des joueurs, le PSG a perdu deux ans. Il ne va, désormais, pas falloir rater le prochain virage.

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