Où va l’OL ?

La prestation des lyonnais face au PSG interroge sur le choix de Silvinho. L’OL ne peut pas, à domicile, se comporter comme une petite équipe de ligue 1, même face au club de la capitale.

Dans le foot il y a le système, et ce qu’on en fait. On peut jouer en 5-3-2 et être très offensif. L’animation, les intensions, la hauteur du bloc, l’attitude et le rôle des joueurs, tout influe sur ce qu’on donne.

Dimanche soir, en recevant le PSG, les lyonnais, qui n’avaient plus gagné depuis trois matchs, voulaient se rassurer. Pour cela, Silvinho avait décidé d’aligner son équipe avec trois défenseurs centraux. Premier problème, le PSG ne jouait qu’avec une pointe. Il y avait donc centraux seuls, et du surnombre sur les côtés.

Premier ajustement après un petit quart d’heure, l’entraineur de l’OL demanda alors à ses latéraux de jouer moins haut. Ca en dit long sur les ambitions des lyonnais parce qu’à ce moment du match, ses joueurs étaient dominés dans la possession, mais pas en danger.

Autre problème, quand vous jouez à trois axiaux, c’est le rôle de ces joueurs à la récupération. S’ils ne participent jamais au jeu, vous êtes donc en infériorité numérique dans tous les secteurs. Et effectivement, aucun de ces trois joueurs n’a gagné du terrain avec le ballon pour faire grimper le bloc. D’ailleurs, même sans ballon, ils n’ont jamais avancé pour faire grimper la ligne de défense et resserrer les lignes afin d’offrir des solutions aux joueurs offensifs. Ils se sont contentés de défendre puis de renvoyer le ballon vers l’avant en espérant que Depay ou Dembélé en exploitent un.

En seconde période, alors que le PSG semblait marquer un peu le pas, les lyonnais n’en ont pas profité pour sortir plus, ni même juste essayer de conserver le ballon pour faire courir les parisiens. Alors que Gueye était moins tranchant, que Di Maria limitait ses courses, ils n’en ont pas profité pour faire reculer les parisiens, apeurés par le fait de laisser des espaces dans leur dos. En résumé, ils ne visaient rien d’autre que le 0-0 contre un PSG où il manquait Mbappé, Cavani, Icardi, Draxler, Kehrer, Dagba et même Verratti au coup d’envoi.

Enfin, pour terminer sur Silvinho, son coaching interroge. Contre le Zénith, il n’avait fait que deux changements. Contre Paris, son premier changement eut lieu à la 72èmeminute, en sortant Reine-Adelaïde pour faire entrer Tousart, et le message fut clair: tenir. D’ailleurs, on peut s’interroger sur la sortie de l’ancien angevin au lieu de Aouar, complètement transparent. Il remplaça également Marcelo par Tete. Si le score n’avait pas évolué, il y a fort à parier qu’il en serait resté là. Mais Neymar a marqué et Silvinho décida de sortir Mendès, son meilleur joueur, pour Traoré à la 88ème minute.

Le message envoyé au banc est clair et négatif: en cours de match, je ne compte pas sur vous !!! Est-ce qu’il n’ose pas ? Est-ce qu’il n’a pas confiance en son banc ? En tout cas, c’est un problème.

Pas de leader et des déceptions

Sur les deux dernières saisons, j’ai régulièrement critiqué Genesio sur le fait qu’il n’arrivait pas à motiver ses joueurs sur les petits matchs. Mais au moins, sur les gros, les lyonnais étaient présents.

Cette saison, Lyon a battu Monaco, ce qui est loin d’être un exploit, puis Angers. Et tout le monde s’est enflammé. Toujours le problème entre analyser un résultat et un contenu. Parce que contre Angers, les lyonnais avaient tiré sept fois et inscrit six buts. Mais dans le contenu global, il y avait des choses qui n’allaient pas.

Cette équipe manque de leader. Face à Paris, qui a été capable de faire sortir le bloc ? Qui a été capable de demander aux milieux de tenir un peu le ballon ? Qui a été capable de réveiller les fantômes de Aouar et Depay, censés être les stars de cette équipe ? Personne.

Dans le jeu, il y a des joueurs qui sont en-dessous de ce qu’est en droit d’attendre l’OL.

Les trois de derrière n’ont fait que renvoyer le ballon, sans être capables de sortir proprement, de faire remonter la ligne défensive. Au milieu, Reine-Adelaïde a essayé, mais il est encore un peu tendre, surtout dans un match comme celui-ci. Mendès a été le meilleur mais trop seul. Et Aouar ? Depuis plusieurs mois, l’international espoirs n’est que l’ombre du joueur qu’il a été. Perdu, inconstant, avec du déchet technique, on a l’impression qu’il ne progresse plus, qu’il n’y est plus. Malheureusement, et comme beaucoup de joueurs français, l’OL aurait du le vendre. C’est typiquement le genre de joueur, formé au club, qui doit quitter Lyon pour passer un cap.

Devant, Depay, souvent irrésistible avec la sélection néerlandaise, est un joueur irrégulier juste capable d’un exploit tous les quatre-cinq matchs. Face au Zénith et au PSG, il n’a jamais combiné avec ses partenaires, préférant s’entêter dans des chevauchées individuelles inutiles et stériles.

Avec l’arrivée d’un nouveau coach et d’un nouveau directeur sportif, les dirigeants lyonnais auraient du lancer un vrai nouveau cycle en changeant une grande partie de l’effectif. Il faudrait se pencher aussi sur le centre de formation, qui sortait des joueurs il y a encore quelques années. Où sont-ils ? J’avais expliqué, il y a quelques années, que les choix au niveau des éducateurs, mais aussi de la politique sportive, allaient plomber le centre. On y est.

C’est quoi la suite ?

Evidemment, ce n’est que le début de saison. Dans cette ligue 1 très moyenne, une série de résultats positifs et vous rattrapez tout le monde, sauf le PSG biensûr.

Il serait prématuré de trop taper sur Silvinho. Mais il y a quand même des signaux inquiétants. Le brésilien est arrivé avec un discours sur le jeu, mais au bout de deux mois, on ne voit rien. De plus, il a déclaré qu’il voulait un 6 qui joue au foot, mais il aligne Tousart régulièrement. Il veut un football de transition et offensif, mais il bride ses latéraux. Ils annoncent, avec Juninho, qu’ils veulent se rapprocher du PSG, mais ils jouent comme une équipe de National face à leur rival.

Il serait temps que quelqu’un remette les joueurs à leur place et face à leurs responsabilités, dans un club qui a quand même le deuxième budget de France, à plus de 250M€. Parce que c’est bien beau de dire que Paris ne boxe pas dans la même catégorie, et c’est sûrement vrai. Mais après seulement six journées, l’OL est à sept points du PSG et pourtant, il ne les a affronté qu’une fois, soit trois points. Cette équipe ne peut plus se permettre des prestations indignes à ce point. Alors, à quand la prise de conscience ?

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