Paris ne peut plus se rater

Le PSG a été tenu en échec à Amiens (2-2) au terme d’un nouveau match quelconque. Bilan d’une saison contrastée.

La saison n’est pas terminée, mais c’est tout comme. Les dernières rencontres jouées par les parisiens ressemblent à une punition: pas d’envie, pas de rythme, pas de foot. C’est vrai, on peut le comprendre: les titres sont validés et la plupart des joueurs seront concernés par la coupe du monde donc la priorité est sûrement (et logiquement) de ne pas se blesser. A quatre jours de la finale de la coupe de France face aux herbiers, bilan d’une saison une nouvelle fois contrastée.

La Ligue des champions

Ce n’est pas anodin de commencer le bilan par la C1, c’est la communication du club qui veut ça. A force de ne communiquer que sur cette compétition, les dirigeants parisiens ont eux-mêmes décidé de minimiser les autres compétitions.

La phase de groupe s’est déroulée presque sans accroc. Des cartons face aux deux équipes plus faibles du groupe (Anderlecht et le Celtic Glasgow), une victoire au Parc contre le Bayern et une défaite en Allemagne.

La première place et la victoire face au Bayern ont masqué les carences. Parce que le 3-0 face aux allemands avaient mis en avant la puissance offensive du trio d’attaque, mais le PSG avait été dominé et le score fut très sévère au vu du contenu de la rencontre. Au retour, la première place en jeu, les parisiens avaient sauvé les apparences en s’inclinant 3-1 et en conservant la tête du classement. Mais encore une fois, ils savaient été mangés par le Bayern.

Malgré cette première place, les parisiens ont hérité du Réal Madrid en huitième de finale. A ce moment de la saison, et jusqu’au match, les madrilènes n’étaient pas au mieux. Relégué à plus de dix points du Barça, ils perdaient des points régulièrement contre des équipes moyennes. Tout le monde voyait alors le PSG se qualifier, presque sans forcer.

A l’aller, les parisiens ont fait le job pendant 70 minutes, sans que ce ne soit non plus une domination écrasante, Madrid ayant égalisé sur un penalty litigieux mais surtout sur lequel Kroos était hors-jeu au départ. Puis, tout a basculé. Le coaching d’Emery a une nouvelle fois été catastrophique, et le Réal prit le dessus et s’imposant 3-1.

Pendant trois semaines, les parisiens se sont inventés une vie, un caractère. Encore marqués par la déroute de l’an dernier, ils ont tenté le coup de la remontada en appelant sans cesse l’aide du public. En plus, pendant ce laps de temps, les parisiens ont perdu Neymar sur blessure. Et là, qu’est ce qu’on n’a pas entendu: c’est une chance pour les parisiens, Di Maria est en feu, il va être aligné. Bref, des phrases dont seuls les journalistes français ont le secret. Sans Neymar, le PSG serait donc plus fort. No comment.

Mais voilà, pour cela, il faut avoir plus qu’un discours. Il faut des joueurs de caractère, un coach en feu, qui fait les bons choix, et ne pas jouer le match avant. Et on a vu.

On a vu une équipe bloquée par l’enjeu, incapable de mettre du rythme, de l’intensité. On a vu Verratti craquer à nouveau dans un match important. Et on a vu le PSG sortir dès les huitièmes de finale pour la deuxième année consécutive.

Les dirigeants parisiens doivent revoir leur communication sur la ligue des champions. D’ailleurs, il serait intéressant que ces derniers révisent un peu l’histoire du foot, ça les aiderait à comprendre certaines choses, et notamment que la ligue des champions, ça ne se décrète pas, ça s’apprend. Une preuve : le grand Réal Madrid, douze victoires en C1, a été éliminé dès les huitièmes de finale de la compétition, tous les ans entre 2004 et 2010. C’est dire.

Les compétitions nationales

Après avoir perdu son titre au profit de Monaco l’an dernier, le PSG n’avait pas le choix, il devait être champion. C’est chose faite, sans accroche, en tête depuis le début de saison.

Dans les coupes, les parisiens ont continué de passer les tours sans encombre, remportant la coupe de la ligue en donnant une nouvelle leçon à Monaco, avant d’affronter les Herbiers mardi prochain. Même si les chances des vendéens sont minimes, quand on voit l’attitude des joueurs d’Emery sur les derniers matchs, à leur place, je tenterai quelque chose et me persuaderait que c’est possible. A suivre…

Emery, on ne saura jamais

L’entraineur parisien va donc terminer son aventure avec un titre de champion, deux coupes de la ligue et une coupe de France (en attendant la deuxième). Il quitte le club sur deux éliminations en huitième de finale de la ligue des champions aussi, et c’est ce qu’on retiendra. Pourtant, il est l’entraineur avec le plus grand pourcentage de victoire de l’histoire du club. Comme quoi, les statistiques…

Emery restera comme l’entraineur au coaching désastreux. A tous les matchs, il change, au moins, un des deux latéraux. A chaque rencontre importante, autour de la 65èmeminute, il remplace un offensif par un latéral (Meunier cette saison) et fait monter le latéral qui a démarré (Alvès). Ca a marché contre Dijon, mais ça n’a jamais marché en ligue des champions.

A chaque rencontre importante, Emery a transmis sa nervosité, et son coaching a terminé le travail. Je le répète souvent, mais Zidane ne fait pas des choses exceptionnelles tactiquement. Mais déjà, il a plusieurs systèmes à disposition, mais à l’inverse d’Emery, lui transmet de la sérénité qui permet souvent à son équipe de s’en sortir même lorsqu’ils sont malmenés.

Venu avec une certaine idée du jeu, il a fait machine arrière rapidement et s’est contenté de maintenir son 4-3-3 sans jamais amener d’autre système dans les rencontres importantes. Il a donné les clés à Neymar et Mbappé qui se sont bien foutus de sa gueule. Les deux joueurs ont passé leur temps à faire un concours de geste futile et inutile, et surtout n’ont jamais participé aux phases défensives de l’équipe. Quand on voit le comportement de tous les joueurs de la Roma, du Bayern, du Réal, de Liverpool, on comprend tout ce qui manque au PSG pour avancer dans la compétition.

A sa décharge, il n’a jamais été soutenu par ses dirigeants. Parce qu’à un moment donné, l’entraineur a besoin de sentir sa hiérarchie derrière lui et ne pas donner raison sans cesse aux joueurs. Allez demander à Klopp si ses responsables l’ont soutenu quand il s’est agi de virer Sakho pour mauvais comportement.

Alors oui, le basque était venu auréolé de trois victoires consécutives en ligue Europa avec Séville. C’est super, puisque c’est simplement plus que tout le football français réuni. Mais désolé, la ligue Europa, c’est la deuxième division européenne.

Et la suite

Apparemment, le prochain entraineur serait Thomas Tuchel. L’allemand a fait de belles choses à Dortmund et c’est un « disciple » de Guardiola. Mais en fait, le nom du futur entraineur, on s’en fout. Le futur du PSG et sa progression se jouent plus haut.

Dans la communication déjà. Le PSG doit arrêter de vouloir brûler les étapes et faire de la ligue des champions le seul objectif valable de la saison. Pour cela, les dirigeants vont devoir soutenir leur entraineur dans ses choix toute la saison, et notamment en championnat. S’il décide de sortir ou de mettre sur le banc des cadres pour les faire souffler. S’il perd des points parce qu’il tente un nouveau système. S’il punit certains joueurs parce qu’ils ne respectent pas les efforts à fournir ou le jeu collectif. Bref, les dirigeants ne doivent plus être à genou devant les joueurs mais soutenir à 100% leur entraineur.

Quand vous donnez tant d’argent à un joueur, évidemment qu’il ne peut pas faire ce qu’il veut. D’ailleurs, il faut écouter l’interview de Cavani dans Team Duga sur RMC pour comprendre tout ce qui manque à ce club dans l’état d’esprit et l’envie de se battre les uns pour les autres… C’est très révélateur.

Dans son mercato, le PSG devra cibler des joueurs de caractère, de collectif qui apporteront une plus-value à l’ensemble et pas seulement à la vente de maillot. Quant aux départs, celui qui n’est pas content, le club fixe son prix, et si un club met l’argent, lui serre la main et passe à autre chose. En fait, le PSG doit simplement devenir une institution et plus un simple ticket d’euromillion.

Le premier virage a été manqué. Avec l’arrivée d’Emery et le départ de Zlatan, on a pensé que le PSG prenait une nouvelle dimension. Puis, encore plus quand Neymar a signé. Mais les dirigeants ont continué à avoir la même indulgence envers le comportement de certains joueurs.

C’est donc le deuxième virage de l’ère qatari, sept ans après leur arrivée. Finalement, l’année où les parisiens ont été le plus près de faire quelque chose en C1, ce fut la deuxième année avec Carlo Ancelotti. C’était en 2013. Une éternité…

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