Paris s’en sort par miracle

Après avoir frôlé la catastrophe, le PSG s’en sort in-extremis face à Naples (2-2) grâce à un exploit de Di Maria. La qualification est encore loin.

Paris était attendu. Après sa défaite à Liverpool, la réception de Naples était un test pour voir si Paris avait appris, avait changé. Pour cela, Tuchel alignait son équipe type avec le quatuor Di Maria – Neymar – Mbappé – Cavani. En face, Ancelotti se présentait avec son équipe type également en 4-4-2.

Le début de match des parisiens est intéressant sans être exceptionnel. Mbappé va centrer en retrait mais Cavani va gêner Neymar, puis le français va venir buter sur Ospina. Et c’est tout. Après vingt minutes, Naples reprend le dessus et va mettre la main sur le match. Redoublement de passe, jeu à une ou deux touches, mouvement, en fait, tout ce que ne sait pas faire Paris.

Logiquement, sur un ballon de Calejon, pas cadré par le catatsrophique Bernat, Insigne, auteur d’un magnifique appel dans le dos de Kimpembe, s’en va battre Areola d’un petit lob. 0-1. Un but qui intervient quelques minutes après que Mertens ait trouvé la barre transversale.

Les napolitains gèrent tranquillement, dictant le rythme de la rencontre. En face, Paris ne peut pas être prétendant à quoi que ce soit avec un Mbappé qui ne joue que quand il a le ballon mais ne fait aucun effort défensif, un Rabiot à qui il faut cinq touches de balle avant de voir une solution, un Bernat dont on se demande presque si Kurzawa n’est pas meilleur, un Kimpembe dans le doute depuis un mois, un Di Maria encore une fois absent des gros matchs et un Meunier en difficulté. Et dire que le coach de Naples n’est autre qu’Ancelotti, que le PSG avait entre ses mains et a laissé filer.

A la pause, le PSG est en route pour l’Europa league. Et on attend avec impatience de voir ce que Tuchel va modifier pour influer sur le comportement de ses pseudo-stars, incapables de se faire mal dans un gros match de ligue des champions.

En tout cas, à la reprise, Tuchel fait un premier choix: Bernat sort et est remplacé par Kehrer. Paris passe à trois derrière. Paris est mieux: plus agressifs, plus mobiles, ils ont pris le dessus sur Naples, qui perd Insigne victime de douleur aux abdominaux. A la soixantième minute, un une-deux Mbappé – Neymar permet au français de décaler Meunier. Le belge centre fort et Rui dévie dans son but. 1-1. Paris se relance.

Mais voilà, Paris est incapable de maintenir un haut niveau d’intensité pendant une longue période. Alors, les parisiens reculent et Naples ressort un peu. Au lieu de continuer, on a l’impression qu’une fois revenus au score, les joueurs de Tuchel ont peur de se livrer. Et ce qui devait arriver, arriva. Sur une frappe contrée par Marquinhos, Mertens est tout heureux de voir le ballon devant lui et ne se gêne pas pour redonner l’avantage à son équipe. 1-2.

Le miracle Di Maria

Il reste alors un gros quart d’heure au PSG pour revenir et continuer à croire en la qualification. Paris n’y arrive pas et ne se crée des occasions que sur coup de pied arrêté. A l’entrée du temps additionnel, le PSG est, à moins d’un miracle, en route pour la troisième place qualificative pour l’Europa League. Le projet recule d’année en année. Et le football a ça d’exceptionnel qu’il peut tout se passer quand on ne s’y attend plus. Et ce soir, c’est Di Maria qui va faire office de sauveur. Sur un ballon côté droit, le gaucher rentre et enveloppe un magnifique ballon le long du poteau droit d’Ospina. 2-2.

Ce PSG-là n’est pas prêt. Finalement, les meilleures prestations du PSG en C1, depuis l’ère qatari, l’ont été avec… Ancelotti. Tuchel s’est trompé ce soir. Bernat n’a rien à faire dans une équipe qui démarre un gros match de C1. Kimpembe est à la rue depuis un mois. J’avais dit, après son énorme match face au Barça il y a deux ans, que c’était facile de faire un bon match quand on ne t’attend pas, quand tu es l’invité surprise. Le plus dur, c’est la confirmation, quand on attend que tu renouvelles ce genre de prestation. Et depuis un mois, que ce soit en club et en sélection, il ne confirme pas. Rabiot est catastrophique, et ne met aucun rythme dans ce qu’il fait. Di Maria a été de nouveau mauvais dans un gros match qu’il sauve grâce à son égalisation. Meunier a été mieux dans le 3-5-2. Mbappé ne travaille pas et se contente de fulgurance… Qu’il n’ a pas eu ce soir, ratant à peu près tout ce qu’il a tenté avec une nonchalance déconcertante. Et encore une fois, il manque une occasion franche. Cavani a manqué une belle occasion et c’est tout. Verratti a été intéressant dans ses transmissions mais on a senti qu’il ne savait pas où se placer. Heureusement, il y a eu Neymar. Ok, il a du déchet, mais c’est le seul qui a réussi des différences, des décalages et c’est son action qui amène à l’égalisation de Di Maria. Paris a joué 25 minutes (10 en première, 15 en deuxième). C’est trop peu, qui plus est à domicile. Enfin, cette équipe n’a toujours pas de caractère, de mental, de cojones.

En face, Naples a été bon, efficace. Cette équipe est une vraie équipe, avec des joueurs qui jouent les uns pour les autres et les uns par rapport aux autres. La base du football en fait. Allan est un vrai bon milieu de terrain défensif. Mais surtout, dans l’état d’esprit, chaque joueur napolitain est au-dessus de chaque joueur parisien. Insigne, Mertens, ce ne sont pas Mbappé, mais leurs déplacements, leurs mouvements, c’est autre chose aussi. En tant qu’entraineur, je me demande qui je prends (!!!).

Paris a sauvé les meubles. Il va falloir aller chercher un exploit à Naples, dans quinze jours. Mais l’Europa league se rapproche.

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