Paris vers une saison compliquée

Une première défaite dès la deuxième journée, le cas Neymar… Le PSG démarre mal sa saison. Et Tuchel semble avoir perdu la clé.

Tout avait si bien commencé. L’an dernier, et jusqu’à décembre, le PSG de Tuchel se baladait en championnat et réussissait à sortir de sa poule de ligue des champions malgré la présence de Liverpool et Naples. Puis Neymar s’est blessé. Puis, après un match aller parfaitement géré à Manchester, le club de la capitale s’écroulait au retour, au Parc des Princes et sortait de la C1 avec une nouvelle énorme désillusion.

Le cas Tuchel

Depuis, plus rien. Une élimination en coupe de la ligue, une défaite en finale de la coupe de France face à Rennes, et une fin de championnat calamiteuse. Et alors que Tuchel était encensé, il est désormais remis en cause.

Encore une fois, le PSG a prolongé un entraineur sans prendre le temps. Parce qu’encore une fois, comme avec Emery après Barcelone, l’élimination face à United aurait dû être prise avec beaucoup plus de gravité.

Après toutes ces désillusions, la direction parisienne aurait dû analyser les choses plus froidement et se dire que le changement devait avoir lieu en profondeur. Pour cela, deux solutions: changer 75% de l’effectif ou changer d’entraineur. Comme pour Emery, après de telles déconvenues, l’entraineur ne peut plus travailler avec le même groupe: soit il part, soit on change les joueurs. Mais voilà, Paris ne fait ni l’un ni l’autre.

L’attitude de l’entraineur allemand est significative. Joyeux, parfois drôle, en conférence de presse, il a depuis un comportement agressif, pleurnichard. Comment se plaindre de l’absence de Neymar après une défaite à Rennes ? Son équipe est donc incapable de battre une équipe moyenne de ligue 1 sans son brésilien ?

Ses choix sont d’ailleurs tellement discutables. Comment ne pas voir le manque de qualité de Kehrer ? Pourquoi installer Diallo dès maintenant ? Comment ne pas voir que la meilleure charnière est Silva – Marquinhos ? Quelle est l’animation offensive de cette équipe ? Pourquoi insister avec Draxler au milieu ? Pourquoi attendre si longtemps pour effectuer son coaching en match ?

De même, pourquoi l’ancien coach de Dortmund insiste avec sa défense à trois ? Pourquoi, lui qui aimait changer de système, ne le fait-il plus ?

Comme beaucoup d’autres, quand tout va bien, l’allemand est dans son élément. Mais finalement, un joueur ou un coach montre son caractère et ses compétences quand ça va moins bien, quand la pression s’élève, ou après un échec. Force est de constater qu’il est, lui aussi, défaillant de ce côté-là.

enfin, le PSG a changé son staff médical mais il a déjà de nombreux blessés alors que la saison commence à peine.

L’allemand a perdu la clé en janvier et il ne semble pas près de la retrouver. Allegri et Mourinho se tiennent sûrement prêts.

Le cas Neymar

Le brésilien veut partir, apparemment. Neymar voulait devenir un leader, sortir de l’ombre de Messi. Il a prouvé qu’il n’en était pas capable. Pourquoi ?

Tout d’abord parce qu’être un leader, c’est faire jouer les autres, c’est tirer son équipe vers le haut. Alors oui, quand il est là, il est le meilleur. Mais permet-il aux autres de l’être ? La réponse est non. Il ne joue pas avec Cavani. Il conditionne Mbappé à faire des choses inutiles pour montrer qu’il sait aussi faire ce que lui fait. Il aimante les ballons au point que le jeu du PSG est une caricature d’un jeu de playstation où on donne le ballon au meilleur joueur de son équipe et « débrouille-toi ».

Ensuite, le brésilien, qui avait pourtant montré un caractère énorme lors la coupe du monde 2014 au Brésil, est désormais mangé par son entourage et n’est plus un joueur de foot.

Oui, ça aurait été beau de voir Neymar déclarer « je reste au PSG pour montrer que ce sont mes blessures qui m’ont freiné et pas mon réel niveau ». Mais ça, c’est dans un monde idéal. Influencé par son entourage, il veut désormais retourner au Barça et dans l’ombre de Messi.

Comme beaucoup de joueurs talentueux, le brésilien et son entourage pensent surtout à encaisser de l’oseille plus qu’à jouer au foot. Et comme il n’est pas capable de faire gagner son équipe, il ira glaner des titres grâce à Messi.

Du côté du club, on s’est tiré une balle dans le pied. A force de tout laisser passer, l’investissement a payé côté marketing, mais côté sportif, le PSG est en nette régression. Alors que faire ?

Oui, Paris doit vendre Neymar mais au prix du marché, pas au rabais. Et s’il n’y a pas d’acheteur au prix demandé, le club de la capitale doit conserver le brésilien. Non, ce ne serait pas une défaite. On se plaint assez que les joueurs aient le pouvoir pour se féliciter qu’un club soit capable de dire à un tel joueur « on veut tant. Si on ne les a pas, tu as un contrat, tu resteras. Personne ne t’a obligé à signer 5 ans à ce niveau de salaire !!! ».

A suivre jusqu’au 2 septembre, date de clôture du mercato.

Le mercato, l’effectif

Le mercato n’est pas fini. Mais à ce jour, quoi penser ? Le PSG ne s’est pas renforcé.

Encore une fois, le PSG n’a pas pris de vrai numéro 6 au sens où on l’entend. Gueye est un relayeur, Herrera aussi. Alors oui, ces deux joueurs peuvent évoluer devant la défense, mais ils n’ont pas le profil qui manquait au PSG.

Diallo ? On attend de voir mais j’ai de gros doutes. Meunier n’y arrive plus et Kehrer n’est pas bon. Aréola ne progresse pas et semble même de plus en plus fébrile. Kurzawa et toujours là et Bernat n’a pas de remplaçant. Où en est Kimpembe ? Devant, Mbappé et Cavani marquent, mais il n’y a aucune relation entre les deux. Sarrabia est un joueur très intéressant mais pas un titulaire en puissance. Alors ?

Il reste dix jours au PSG et à Léonardo pour améliorer l’effectif. Mais le PSG est plombé par le fair-play financier, les contrats longue durée à des salaires mirobolants, le championnat de France inintéressant. Et si c’était une nouvelle année pourrie pour le club parisien ?

La suite

Paris doit donc se renforcer, remettre les points sur les i en championnat et entamer sa campagne de ligue des champions de la meilleure des façons, et en espérant un groupe pas trop relevé, et gérer le cas Neymar avec tout ce que ça engendre.

Dans quelques mois, le club fêtera ses cinquante ans et les qataris leur dixième année. Ce serait dommage que ces festivités se déroulent au terme de la pire année du club depuis leur arrivée.

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