Pôle espoirs: l’anti-football

On nous vend sans arrêt les pôles espoirs de la DTN. Mais finalement, n’est-ce pas tout le contraire de ce que doit être le football ?

Les pôles espoirs, dont le fameux Clairefontaine, ont sorti de nombreux joueurs professionnels français. Pourtant, il y a un paradoxe à tout ce que doit être le football. Sans arrêt, on nous parle de collectif, de groupe, de principes de jeu. Donc, un joueur doit s’entrainer avec ses potes, ses partenaires, son coach.

Or, les joueurs en pôle espoirs jouent le week-end dans leur club. N’est-ce pas une anomalie ? Un entraineur qui fait jouer le week-end un joueur qui est en pôle espoirs toute la semaine, reconnaît donc qu’une individualité est plus forte qu’un collectif. Que les principes de jeu, ce n’est que du blabla. Que ses joueurs qui s’entrainent toute la semaine avec lui sont juste là pour faire le nombre puisqu’il a mieux à faire jouer le weekend.

Quand on y regarde de plus près, ces pôles espoirs ont d’ailleurs sorti beaucoup de joueurs au même profil: très bons individuellement, mais pas des joueurs de collectif. On va citer les plus grandes réussites: Henry, Anelka, Gallas, Matuidi, Mbappé. Et après ? Combien de joueurs ont fait une vraie carrière ? Combien de joueurs sont devenus internationaux ? Pourtant, il paraît que Clairefontaine, c’est La référence. Il suffit d’aller voir le nombre de recruteurs qui vont faire signer ces jeunes ados en fin de cursus.

En gros, il sort par génération 4 à 5 joueurs qui deviendront professionnels. Et on ne peut pas dire qu’ils aient marqué le football français: Johan Radet, Tafforeau, Dobo, Sitruk, Deroff, Piocelle, Alioune Touré, Fabrice Fernandes, Gaël Hiroux, Habib Bamogo, Ben Achour, Lionel Mathis, Jeremy Aladière, Maxime Baca, Jean Calvé, les frères Faty… Bref, je ne vais pas tous les citer, mais ces joueurs qui se sont entrainés cinq fois par semaine sous la responsabilité de la DTN pendant deux ans (voire trois pour les premières promotions) ont-ils fait une grosse carrière ?  Oui, si le but est juste de signer des contrats pros. Non, si on considère que ce sont les meilleurs de leur génération et qu’ils ont été entrainés dans les meilleures conditions et avec les meilleurs (!!!) méthodes.

Le cas Ben Arfa est peut-être le plus beau symbole. Superbe technicien, piètre joueur de collectif. Surmédiatisé dès son plus jeune âge, il est devenu le symbole de Clairefontaine.

Alors arrêtons ces supercheries. Laissons les enfants avec leurs parents et leurs amis jusqu’à 14-15 ans, plutôt que d’en faire des footballeurs « professionnels » dès l’adolescence et qui, une fois le contrat pro signé, veulent rattraper le temps perdu de leur adolescence.

En plus, Clairefontaine est juste devenu une foire aux bestiaux, où les clubs et les agents viennent faire leurs courses, et où les parents espèrent vendre leur enfant au plus offrant.

Pauvre football…

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