Pourquoi Lyon n’a pas pu mieux faire ?

L’OL s’en sort très bien avec ce match nul (0-0) face au Barça. Pourquoi les lyonnais n’ont pas réussi à produire plus ?

Oui, 0-0 face au Barça, ce n’est pas une honte, ni un échec. Mais au vu des qualités de ce Barça, l’OL peut nourrir quelques regrets. Sauf qu’on peut se demander si les lyonnais étaient dans les meilleures dispositions pour faire plus ?

Evidemment, la suspension de Fekir n’a pas arrangé ses affaires. Replacer Depay, faire jouer Traoré, ce n’était pas l’idéal. Mais pour moi, le problème est ailleurs.

Répéter sans cesse que les joueurs de Genesio savent élever leur niveau dans les gros matchs, ça ne les a pas aidé. Parce que les deux matchs contre City étaient des matchs de poule, notamment dès la première journée, le contexte n’est pas le même. On a vu aussi qu’au retour, les anglais n’avaient pas appuyé et que lorsqu’ils l’avaient fait, parce que menés, ils étaient revenus deux fois au score. De même, le match face au PSG ne pouvait pas être une référence. Parce que Paris a trop d’avance en championnat, que les parisiens étaient privés de Neymar et Verratti, et que ce match suivait une période de blessures pour certains joueurs parisiens.

Tout cela n’enlève rien  aux victoires lyonnaises, mais quand j’explique que le match référence n’existe pas, c’en est une preuve supplémentaire (http://parlonsbienparlonsfoot.fr/le-match-reference-existe-t-il-vraiment/).

L’OL est une équipe jeune et ça s’est vu. Un huitième de finale de ligue des champions c’est l’intensité, la technique, l’état d’esprit, mais surtout, la gestion des émotions. Quand le Réal est trimballé par l’Ajax, il s’en sort grâce à cela. Quand il y a un an, le PSG est allé dominer le Réal (encore lui) pendant 70 minutes avant de craquer, les madrilènes se sont imposés grâce à ça. Ca, c’est cette force et cette confiance en soi qui fait que vous êtes persuadés que vous allez vous en sortir quoi qu’il arrive.

En prenant par dessus la jambe l’Europa league, Lyon s’est privé de cette expérience, de ces matchs qui vous font progresser dans la gestion d’un événement. En fait, si les lyonnais n’ont pas réussi à imposer leur plan de jeu, c’est qu’il n’avait pas les jambes. Et s’ils n’avaient pas les jambes, c’est parce qu’ils ont joué le match avant l’heure, que la pression était trop grande. La pression de rater quelque chose, mais aussi la pression de ne pas se prendre une raclée par le Barça.

Tous ceux qui ont fait du sport de compétition, pas forcément au haut niveau, comprendront ce qu’ont pu ressentir les lyonnais. Cette sensation de jambes coupées, de ne pas avoir de force, d’être essoufflé dès la première accélération.

Quand le PSG est mené 4-1 à Barcelone et que, dans les dix dernières minutes, ils ne font plus une seule passe (statistique réelle), c’est cette sensation qui les envahit.

Mardi soir, quand Depay, réputé pour sa puissance, est incapable de semer Piqué, réputé pour sa lenteur, c’est à cause de cela. Le néerlandais a cru bon de déclarer, quelques semaines avant le match, qu’il envisageait d’évoluer dans un top club. Il fallait donc le prouver ce mardi. C’est raté.

Quand Aouar, très bon techniquement, perd les ballons qu’il a perdus, la raison est la même. Et quand Terrier et Dubois sont deux des quatre meilleurs lyonnais, c’est pareil. Eux, on ne les attendait pas, ils n’avaient rien à prouver, ils n’avaient pas de pression, à  l’image d’un Kimpembe monstrueux lors de PSG – Barça (4-0) lorsqu’il avait été titularisé au dernier moment.

Pour jouer ce genre de rencontre, la confiance, la sérénité sont les bases de la performance. Mais comme trois quarts des joueurs lyonnais ne se servent de l’OL que comme d’un tremplin, c’est dans ce genre de matchs qu’ils doivent se montrer. Ca ajoute à la pression existante du résultat et d’un huitième de finale de ligue des champions que l’OL n’avait plus joué depuis sept ans, donc qu’aucun joueur de l’effectif n’a connu.

Les lyonnais doivent se servir de cette expérience pour aborder le match retour dans de meilleures dispositions. Et contrairement à beaucoup de monde, je pense qu’il y a la place pour faire mal à cette équipe catalane. Parce que Fekir sera de retour. Parce que Aouar, Ndombélé et Depay ne pourront pas être aussi mauvais. Parce que Busquets joue en marchant alors qu’avant, au moins, il trottinait. Parce que Xavi et Iniesta n’ont jamais été remplacés. Parce que Suarez n’est plus que l’ombre du grand attaquant qu’il a été. Et, n’en déplaise aux barcelonais, parce que Neymar n’a pas été remplacé, ni par Coutinho qui ne répond pas aux attentes, ni par Dembélé, trop inconstant et encore trop dans la différence individuelle dans une équipe qui a toujours existé par son collectif.

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