Réforme des diplômes: La carotte de la décennie

La DTN, depuis deux ans, nous a pondu un nouveau diplôme: le DES. Une réforme créée pour fermer encore plus les portes.

C’est de notoriété publique: dans le football français, si vous n’avez pas été joueur professionnel, vous n’accéderez jamais à la licence pro UEFA (sauf exception mais on va y revenir).

Pour faire un résumé rapide et lisible, et pour ne prendre en compte que les diplômes à partir du niveau régional, auparavant il y avait le brevet d’état (BE) licence B UEFA, le DEF qui équivalait à une licence A UEFA, puis le DEPF, licence Pro UEFA. Aujourd’hui, on a le BEF (licence A UEFA), le DES licence A UEFA, le BEFF (équivalent du formateur et licence Junior Elite UEFA) et le BEPF licence Pro UEFA.

Désormais, quand vous avez le DEF, donc licence A UEFA, votre équivalence est le BEF,  sauf si vous justifiez d’une expérience de 2400H au niveau national séniors, ou 1500H au niveau national + 900H chez les jeunes nationaux ou séniors DH. Enfin, il faut savoir que si vous n’avez pas fait les démarches, votre DEF ne vaudra désormais plus rien. Comme si vous n’existiez plus !!! Pour comparer, c’est comme si, dans la vie civile, vous aviez un master et qu’un jour on vous explique que votre master finalement c’est l’équivalent du DEUG et qu’en plus, si vous ne demandez pas l’équivalence, vous n’êtes plus diplômés du tout. Bref.

Evidemment, votre expérience à l’étranger n’est pas prise en compte pour justifier de ces heures. Oui, comme tout le monde sait, les autres pays sont nuls, n’ont pas les mêmes ballons, les mêmes terrains etc…

Dans le même temps, la FFF a donc revu le niveau de diplôme pour occuper un poste dans les différents championnats. Je dis bien niveau de diplôme et pas compétence. Alors qu’il fallait le DEF pour entrainer en championnat National 1, aujourd’hui, il faut le BEPF. Pourquoi ? Pour permettre à tous entraineurs diplômés de la licence pro (donc les anciens pros !!!) d’entrainer. Quand il n’y avait que 40 clubs (L1 + L2) concernés, il y a maintenant 57 clubs (L& + L2 + National 1). Ca ouvre des portes non ?

L’autre problème, c’est quand vous pouviez entrainer en CFA et National avec votre DEF, désormais vous ne pouvez plus entrainer qu’à partir de Régional 1, et encore, si vous avez fait les démarches, sinon, vous ne pouvez plus entrainer du tout.

Ce qui est marrant, c’est que si un entraineur portugais ou espagnol, titulaire de la licence A UEFA, venait postuler en France, la FFF serait obligé de lui accorder une licence. Et oui, le DES étant un diplôme franco-français, ces personnes ne peuvent pas l’obtenir, donc on devrait s’en référer à son diplôme UEFA !!! C’est drôle non ??

Ce qui est scandaleux dans tout cela, en plus des méthodes et de votre recul dans la hiérarchie des entraineurs, c’est que pour ceux qui ont passé leur diplôme en 2013 et 2014, la DTN savait que la réforme était validée, mais qu’elle a laissé les gens s’inscrire, encaisser l’argent (parce qu’une formation, ça coûte très cher) pour nous dire quelques semaines plus tard que notre diplôme ne valait plus rien… Une honte !!!! Parce que se former, ça demande aussi beaucoup de temps.

A l’étranger, peu importe votre parcours de joueurs, si vous êtes compétents, vous gravissez les échelons comme tout le monde, jusqu’à avoir la possibilité d’entrainer chez les pros. De plus, votre âge n’est pas limitant puisque Nagelsmann, entraineur allemand d’Hoffenheim, coache dans l’élite depuis qu’il a 29 ans. Chez nous donc, pas de Sacchi, Mourinho, Jardim, Sarri et autres Villas Boas. Pour rappel, Sacchi et Mourinho comptent chacun plus de C1 que tout le football français réuni.

La seule exception se nomme Christophe Pelissier, entraineur d’Amiens. Mais il y a une raison. C’est lui qui a fait monter son club de National en ligue 2. La DTN était donc obligée de lui octroyer une place au BEPF. Sinon, il n’y serait pas allé, et pourtant, aurait-il été moins compétent ?

A l’étranger, on a compris qu’entraineur, c’était un autre métier. Que vous pouvez comprendre le jeu parfaitement, diriger une équipe, sans avoir été joueur professionnel. A l’étranger, on vous laisse réfléchir sur le jeu, on ne vous formate pas à un seul football, à une seule pensée.

Bref, encore une fois, on nous prend pour des cons. Encore une fois, on privilégie le copinage entre anciens pros et on écarte au maximum les « petites gens » que nous sommes.

En fait, la DTN mise sur une chose bien spécifique au football français: le manque de solidarité. Ils savent très bien que chacun tentera un truc dans son coin, en essayant de trouver une relation qui lui permettra d’obtenir le précieux sésame. Et donc, ils ne seront jamais confrontés à une vraie révolte solidaire. Ils peuvent dormir tranquille.

Alors, à quand la prochaine carotte ??!!!

2 Comments

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*