La réussite d’un joueur, ça tient à quoi ?

Pour passer pro et réussir, il y a énormément de paramètres qui entrent en jeu. Et souvent, ils ne sont pas si objectifs.

Avant toute, il y a une chose à prendre en compte: le football est subjectif. Si j’ai le choix entre deux joueurs, j’en prendrai un, un autre entraineur prendra l’autre, et peut-être même qu’un troisième n’en prendra aucun des deux. Tout dépend de ce que veut le coach, de son regard personnel, de son ressenti au moment du choix.

En formation

La réussite dans la formation d’un joueur, pour l’emmener jusqu’à son premier contrat professionnel, tient à un grand nombre d’éléments. Combien de fois a-t-on entendu, « je n’étais pas le meilleur au centre de formation mais… », ou encore, « ce joueur était meilleur chez les jeunes mais… ». C’est le « mais » qui est décisif et représente beaucoup de choses.

Combien de fois des recruteurs sont allés voir une rencontre pour suivre un joueur déterminé et sont repartis avec un autre ? Parce que dans le foot, et avec le nombre de candidats, il faut être le bon le jour J. Et ce jour-là, si le joueur suivi ne fait pas bonne impression, et qu’un de ses partenaires ou adversaires, fait le match de sa vie, il a laissé passer sa chance.

Une fois au centre, il faut être dans le bon club et croiser la bonne personne.

Oui, le bon club car chaque centre de formation a des principes de jeu différents et suivant son profil, un joueur aura plus de chances de réussir à Lorient qu’à Nantes ou qu’à Rennes.

Ensuite, il faut tomber sur le bon coach. Celui qui va vous faire progresser. Celui qui va trouver la forme qui vous convient pour vous parler et vous faire avancer. Oui, parce que certains joueurs ont besoin d’être bousculés quand d’autres ont besoin d’être rassurés. Là encore, il faut tomber sur le bon pédagogue. Mais surtout, il faut tomber sur le coach qui sera sensible à votre profil. Si vous êtes petits, techniques et que vous tombez sur un entraineur qui aime les joueurs puissants, vos chances diminuent. C’est pourquoi le choix de club avec une vraie identité est primordiale.

Le bon coach, c’est aussi celui qui va être capable de se projeter. Celui qui va être capable de dire tel joueur sera plus capable d’être au niveau plus tard, sans être bloqué par des stats chez les jeunes.

La réussite dépend aussi du joueur. Sa capacité à être à l’écoute, à avoir l’humilité nécessaire pour savoir entendre les critiques et s’améliorer, mais aussi ne pas se laisser griser par un entourage bien souvent là pour profiter que pour le bien du joueur.

Le comportement sera également important, surtout si vous n’êtes pas la star de votre équipe en jeune. Pour les pépites, le comportement est secondaire, on leur laisse tout passer !!!

Enfin, la réussite tient aussi parfois à des choses plus complexes. Par exemple, le fait de signer son premier contrat pro avec un agent aux très bonnes relations avec le club. Evidemment, quand vous êtes la fameuse pépite de la génération, pas de problème. Mais quand vous êtes un bon joueur et que vous êtes en concurrence avec deux autres joueurs au même poste pour votre passage en professionnel, signer avec « l’agent du club », c’est décisif.

En pro, ce n’est pas fini

Ca y est, vous êtes footballeur professionnel. C’est bien, mais ce n’est pas une fin en soi. Désormais, pour réussir votre carrière, il va falloir faire, de nouveau, les bons choix. Et encore une fois, on en revient au club et au coach.

Votre choix de club est déterminant. Signer à Rennes, ce n’est pas la même chose que signer à Bordeaux ou à Marseille. Les attentes ne sont pas les mêmes, et la pression non plus. Certains joueurs ont besoin de sérénité pour progresser et donner le meilleur, quand d’autres ont besoin de pression, de passion.

Mais en plus du club, le coach est important, même si on sait très bien qu’aujourd’hui, la durée de vie d’un entraineur sur un banc est de 18 mois. Parce qu’être entrainé par Mourinho, c’est différent de Guardiola, et ces deux-là sont différents de Klopp. Voilà pourquoi il est indispensable que le joueur et l’agent connaissent l’histoire du club mais rencontre également l’entraineur avant de signer… Si c’est pour jouer. Evidemment, si c’est juste pour prendre un chèque, ce n’est pas nécessaire !!!

C’est aussi un des problèmes de la ligue 1. Comme les clubs n’ont pas de réelles identités de jeu, ni de vraiess histoires de club, vous ne pouvez pas savoir ce qui vous attend ensuite. Quand Lille hésitait entre Gourcuff et Antonetti, c’est un problème. Deux visions du foot si différentes, pour un joueur, c’est un gros problème. Si vous avez le profil pour jouer sous Gourcuff, il y a alors très peu de chances que vous jouiez sous Antonetti, et vice versa.

Pour réussir, le joueur et son agent doivent donc poser tous les paramètres et analyser ceux qui correspondent le plus au joueur. Ce n’est pas un gage de réussite, mais ça limite les erreurs. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, bien influencés par les agents, les joueurs vont là où il y a le plus gros salaire et pas là où ils feront la meilleure carrière.

De même, après une grosse saison, un joueur peut être en contact avec Lyon ou le PSG. A lui de bien choisir en fonction de ses qualités, mais aussi de son âge, sa progression, son caractère. Ok, ça peut être super de signer à Paris avec des grands joueurs et de jouer la ligue des champions tous les ans. Mais si le joueur n’est pas armé, ce sera un échec. Alors parfois, l’étape Lyon est indispensable pour ne pas se perdre en chemin.

Enfin, et même si ce n’est pas facile à haut niveau, le joueur doit toujours garder en tête son insouciance d’enfant. Parce que le football, c’est aussi le bonheur de faire de sa passion son métier, et ce n’est pas donner à tout le monde. Ca permet de tenter des choses, de se lâcher et de ne pas être tétanisé par l’enjeu.

Finalement, pour devenir professionnel, et si on devait quantifier, il y a 30% dûs aux qualités du joueur, 30% à ses choix et ses rencontres, 30% à son entourage. Il reste 10%, et ça, c’est la chance.

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