Sans Neymar, Paris n’existe pas

Le PSG a donc connu sa première défaite de la saison à Lyon (2-1). Au-delà du résultat, beaucoup de choses n’ont pas été. Est-ce un accident ou juste les limites de la politique sportive ?

En s’inclinant logiquement au Groupama Stadium, le PSG a perdu plus qu’un match. Evidemment, ça ne remet pas en cause ses points d’avance, ni le fait qu’il va être sacré champion de France. Mais, dans un des seuls gros matchs qu’il a à jouer en ligue 1, il a été mangé.

Personne ne minimise le parcours des parisiens, les titres empilés depuis huit ans. Malgré tout, la faiblesse de la ligue 1 et ses parcours en ligue des champions obligent à tempérer les résultats. Dimanche soir, privés de Neymar et Verratti, en plus de Rabiot puni, le PSG a montré ses limites.

Sans les deux blessés, le PSG manque de qualité technique, de justesse, de jeu tout simplement. Pendant une bonne partie de la rencontre, on a cru voir une bonne équipe de R1 (ex-DH): deux lignes de quatre et des ballons directs vers le joueur rapide, Mbappé.

Dans la composition et dans les choix de coaching de Tuchel, plusieurs éléments interpellent. Pourquoi Paris n’a pas pressé ? Pourquoi Paris ne s’es pas révolté, si ce n’est une vingtaine de minutes en seconde période ? Autant d’éléments qui interrogent.

Individuellement aussi, Paris manque de beaucoup de choses. Pourquoi Kehrer est-il si souvent aligné alors qu’il ne dégage rien ? En plus de ne pas bien défendre, il est en difficulté avec le ballon. Regardez le juste courir et vous verrez quel manque même de coordination. 35M€ sur un joueur comme cela, ça pose question. De l’autre côté, Bernat est redevenu le joueur catastrophique du début de saison. En fait, comme beaucoup avant lui, il avait masqué ses carences en marquant des buts importants, notamment à Naples. Mais pour ceux qui se demandaient pourquoi il était no 3 au Bayern à son poste, vous avez la réponse. Pour Kimpembe, on a l’impression qu’il n’est toujours pas revenu de la coupe du monde. En retard, maladroit, il ne dégage pas tout ce qu’il a pu dégager les deux dernières années. Enfin, Silva reste le patron. Le penalty d’hier est très sévère, mais surtout comment ne pas faire d’erreur quand vous êtes entourés de joueurs qu’il faut couvrir, sauver ?

Antero Henrique doit partir

On peut alors se demander pourquoi Meunier ne joue plus ? Ok, le belge était moins performant que les deux dernières années, mais est-il vraiment moins bon que Kehrer ?

Au milieu, sans Verratti, le PSG n’est plus la même équipe. Le petit italien est le seul capable de récupérer et jouer vers l’avant avec justesse. Mais c’est également le seul capable à sortir du pressing grâce à sa qualité technique. Marquinhos dépanne, se bat, récupère des ballons, mais dans son positionnement et son orientation du corps, on sent qu’il n’est pas à sa place. C’est toujours le même débat: vaut-il mieux un Marquinhos moyen au milieu ou au top en défense, ce qui soulagerait également Silva ?

En se privant de Rabiot, les dirigeants parisiens ont mis en danger leur entraineur et leur équipe. Non pas que le français soit irréprochable ni qu’il ait été bon dans tous les gros matchs, mais au moins, c’est son poste. Draxler dépanne en relayeur et sa qualité technique permet de compenser le déchet du brésilien, mais il serait plus à l’aise et plus intéressant un cran plus haut. A cause de tous ces problèmes, Tuchel fait du bricolage avec des joueurs qui n’évoluent pas à leur poste. Quand c’est un joueur, ça va, quand c’est plusieurs, ça pose problème.

Question: faut-il réintégrer Rabiot ? Si le PSG le fait, il passera une nouvelle fois pour un club de guignol. S’il ne le fait pas, il se met en difficulté. Encore une fois, le PSG s’est trompé.  Rabiot ne veut pas prolonger, tant pis. Il fallait juste le laisser à disposition du coach, s’en servir si besoin, et lui souhaiter bonne chance en fin de saison, comme ça se fait dans tous les clubs. Mais voilà, Antero Henrique en a décidé autrement. En plus de mal recruter, le directeur sportif parisien prend les mauvaises décisions avec les joueurs présents. Pour lui, les choses sont claires: il doit partir.

Enfin, Alvès a été un super joueur. Mais sa blessure ajoutée à l’âge, ça fait trop. Il n’est plus au niveau.

Mbappé doit changer

Avant d’en venir à l’attaque, le match de dimanche a montré les limites du banc parisien. Choupo Moting, sérieusement, il n’y a pas un seul jeune issu du centre de formation meilleur que ce joueur ? Meunier ne rentre même plus et Nkunku, intéressant en début de saison ne joue plus non plus. Diaby aurait du entrer plus tôt à la place de Bernat. Quant à Paredes, espérons que ce ne soit pas une énième échec à 47M€.

Pour terminer, il y a donc l’attaque. Et sans Neymar, elle n’existe pas. Cavani a fait du Cavani, combatif, présent, mais peu servi. Et puis il y a Mbappé. Là, je m’attaque à du lourd. Comment vais-je oser critiquer un jeune de 20 ans, champion du monde, acheté 180M€ et présenté comme le futur ballon d’or des dix prochaines années ? Simplement en regardant les matchs.

Alors je sais, dans un monde de statistiques, on va me sortir son nombre de buts. Sauf que c’est en ligue 1, dans un championnat dans une faiblesse abyssale, et où le PSG est en train de marquer autant que le Racing des années 60, c’est dire.

Pour comprendre les faiblesses de Mbappé, il faut regarder l’équipe de France et voir ce que Deschamps lui a demandé. Rester devant décalé sur un côté. Pourquoi ? Parce que dès qu’il joue plus axial, ses appels sont faits vers l’extérieur, et comme il manque de clairvoyance, il est inutile. La preuve face à Lyon où il doit servir Cavani à la première minute. La preuve encore avec ses actons où il termine sur des tentatives de frappes enveloppées mais qui n’arrivent jamais. De plus, ce joueur manque d’efficacité. Combien d’occasions lui faut-il avant de conclure ? Trop. Le sélectionneur avait bien compris, mais c’était sur sept matchs: bien défendre et le trouver rapidement dans la profondeur, comme contre l’Argentine ou contre la Croatie, quand la France menait au score. Dans toutes les autres rencontres compliquées où ça manquait d’espace, qu’a-t-il fait ? Contre la Belgique, on ne l’a pas vu. Contre l’Australie non plus. Contre l’Uruguay ? On ne l’a pas vu.

Je l’avais déjà écrit dans des papiers précédents, mais son attitude n’est pas bonne. Ok, son discours est bien travaillé pour montrer de l’humilité, mais les faits ne mentent pas. Regardez l’attitude quand il frappe intérieur du pied et vous verrez un joueur qui attache plus d’importance au style qu’à l’efficacité. Regardez l’attitude défensive et vous verrez que pour lui, ce qui compte, c’est quand il a le ballon, le reste, il s’en fout. Revoyez cette tentative de petit pont, à Liverpool, dans le temps additionnel, à 20m de son but qui amène le troisième but des reds. Et surtout, il veut désormais être le sauveur, celui qui marque pour montrer qu’il existe.

En fait, Mbappé a la chance d’avoir des qualités athlétiques bien au-dessus de la moyenne. Sinon, ce serait un énième Menez ou Ben Arfa. Et oui, à l’image de la formation française, il ne possède que très peu d’intelligence de jeu, et ne vit qu’au travers des différences individuelles. S’il pouvait s’inspirer des qualités de déplacement de Cavani, il deviendrait un joueur hors norme. Je ne dis pas qu’il ne progressera pas ou qu’il ne deviendra pas un crack. Mais pour ceux qui le mettaient devant Neymar, force est de constater que le brésilien est bien plus important, aujourd’hui, que le français.

Oui, le français peut progresser s’il comprend que le foot ne se joue pas seul, que la vitesse pure ne suffira plus à un moment donné. Contre Sergio Ramos, l’an dernier, il a tenté dix fois son fameux « blocage – extérieur pied droit – accélération »… Il n’est jamais passé.

Alors je sais, on va dire que je suis dur, aigri, jaloux, que je n’y connais rien ou que je n’ai pas été pro etc… Je m’en fous. Je suis juste réaliste et il est normal de demander plus à Mbappé. Je me tromperai si j’avais la même exigence envers Mitroglou.

Evidemment, les différentes campagnes de recrutement ne sont pas exclues des problèmes parisiens. Les problèmes de milieu de terrain, le manque de caractère, les joueurs choisis, pas au niveau d’un club qui se veut candidat à la victoire en ligue des champions.

Paris a une semaine pour se reprendre, et Tuchel pour trouver la composition idéale et éviter un troisième échec de suite en huitième de finale de la ligue des champions. Et si, tout simplement, le PSG devait arrêter de rêver.

John Mac Enroe avait dit: « Si vous gagnez sans progresser, vous ne serez jamais champions »…

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