Scout, le nouveau métier rêvé, mais…

Scout, c’est le nouveau métier de rêve des gens qui veulent mettre un pied dans le football. Mais c’est un métier qui est bien plus pointu que les gens ne le croient.

Il y a eu éducateur, mais rapidement, tout le monde s’est rendu compte que non seulement ça ne payait pas, mais que la progression était limitée à cause de la difficulté d’obtenir des diplômes, en France, quand on n’a pas été professionnel.

Les gens se sont alors tournés vers le métier d’agent. C’était facile, les éducateurs récupéraient leurs joueurs, ou les présentaient à leurs connaissances. Mais là aussi, il faut être patient. Il faut aussi que le joueur, une fois arrivé là-haut, ne vous lâche pas pour un agent plus connu.

Alors, tout le monde veut désormais se tourner vers le métier de scout. Ca parait tellement plus simple. On va voir des matchs, on repère un joueur, et on le ramène au club pour une journée test. Mais voilà, en France, on sous-estime les compétences de ce rôle.

Pour commencer, il faut rappeler que les clubs français ont les plus petites cellules scouts d’Europe. C’est un poste mésestimé mais c’est aussi dû au fait qu’ici, on travaille avec les agents directement.

Mais tout cela est un peu normal. En France, on pense qu’on n’a pas besoin d’une vraie cellule scout parce que les joueurs, on les trouvera quoi qu’il arrive. On travaille avec des agents, comme on l’a déjà dit. Mais il y a d’autres raisons. Les clubs français n’ont pas, pour la plupart, de réelle identité de jeu. Et ça change tout.

Quand on a une identité, humaine et de jeu, on a besoin de recruteurs qui savent où ils sont. Pour bien recruter, il faut donc être dans un club qui sait où il va, ce qu’il veut, et que ça ne changera pas en fonction de l’entraineur recruté. Alors, en France, on prend des joueurs avec qualités basiques et bien prédéfinis (technique, puissance, vitesse) et on essaie de développer ces qualités sans travailler sur l’intelligence et la compréhension du jeu.

Pour être un bon scout, il faut déjà aimer être loin de chez soi, tourner sur les stades, quel que soit la météo. Il faut ensuite avoir un vrai œil. Il ne suffit pas de voir le joueur le plus rapide, le plus puissant, mais celui qui d’autres qualités, qui voit des choses que les autres ne voient, qui se déplace intelligemment. Mais ce n’est pas tout. Il faut aussi voir celui qui semble pouvoir progresser. Et ce n’est pas si facile que ça.

Ensuite, il faut encore prendre le temps d’aller l’ « espionner » à l’entrainement. Voir comment il se comporte avec son coach, avec ses partenaires, sa compréhension des exercices, ses réactions aux commentaires ou critiques de son entraineur ou d’un partenaire. Il faut aussi rencontrer la famille, l’entourage, et avoir assez d’empathie et de subtilité pour analyser à qui on a affaire, et si le joueur et sa cour sont fiables ou pas. On pourrait étirer cette liste encore longtemps tellement ce métier requiert beaucoup de qualités, de travail, de sensibilité football.

En résumé, scout, ça fait rêver. Mais non seulement ce n’est pas le job de rêve, mais ça demande d’autres compétences que de croire qu’on peut être un bon scout parce qu’on a vu 4 matchs et qu’on écoute les débriefs du CFC ou de l’équipe 21.

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