Une sélection, c’est quoi ?

Une sélection doit-elle gagner, bien jouer ou les deux ? Doit-elle être composé d’une grosse ossature ou des joueurs en forme du moment ?

La France s’est donc imposé trois buts à un au Luxembourg grâce à un doublé de Giroud et un penalty de Griezmann. On ne va pas s’éterniser sur la rencontre tellement c’était pauvre. Jouer au Luxembourg avec deux milieux défensifs, il faut m’expliquer. Aligner d’entrée Dimitri Payet ? Sans commentaire.

Il paraît qu’il y a un débat Giroud en équipe de France. Il a marqué deux buts contre le Luxembourg. Chapeau l’artiste. Blague à part, j’ai entendu dans une émission que Giroud gardait bien le ballon dos au but, que son jeu de tête était précieux. Je vous propose de revoir le match et vous comprendrez à quel point Giroud est nul dos au but, surtout pour un joueur de son gabarit. Ce qui me fait rire également, c’est que pour certains on se fout du nombre de buts marqués, on regarde juste dans quel gros match le joueur marque (Lacazette ??). Pour d’autres, on se fout du nombre de buts marqués dans des matchs importants, mais ce qui compte c’est le nombre de buts inscrits… Très bizarre cette différence de raisonnement. Bref.

Ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est plutôt comment doit-on construire une sélection et quel peut-être l’objectif d’une sélection ?

La construction de l’équipe

Pour construire une sélection, il y a, en gros, deux façons de faire: construire un groupe et le faire grandir, ou utiliser les joueurs en forme du moment.

Construire un groupe, c’est décider de garder continuellement (sauf blessure évidemment) un groupe de dix-huit joueurs et de le compléter avec des joueurs en devenir, ou des joueurs en forme. L’inconvénient de cette méthode, c’est que vous créez des statuts à certains joueurs et qu’il est difficile d’en sortir sans que ce dernier ne le vive mal.

D’ailleurs, j’ai toujours pensé qu’en club, la confiance est une chose essentielle. En sélection, je ne pense pas mais l’attitude des joueurs vous obligent à cela. Je m’explique. La sélection, normalement, c’est le summum de votre carrière. Vous devez donc être déjà très heureux de représenter votre pays. Qu’on fasse appel à vous pour quatre-vingt-dix minutes ou six minutes en fin de match, les joueurs devraient toujours être à fond. Il ne devrait pas y avoir d’état d’âme. Malheureusement, on voit bien que la sélection aujourd’hui est juste un passage obligé si vous voulez prendre de la valeur. Certains joueurs hésitent entre deux sélections, quand d’autres pensent mériter d’être titulaires.

L’autre méthode, c’est de partir sur cinq ou six joueurs cadres, mais que pour la composition du match, vous utilisez les joueurs en forme. Quand vous faites cela, vous créez également une concurrence et donc une émulation. Personne (ou presque) n’est installé.

Les critiques de ce genre de méthode, reviennent souvent sur une énorme bêtise en sélection: les automatismes. Déjà, on considère qu’en club, en s’entrainant tous les jours ensemble et en jouant tous les matchs ensembles, les automatismes arrivent après deux à trois mois. Alors en sélection, en se voyant huit jours tous les trois mois, je vous laisse imaginer.

Vient ensuite l’idée du jeu. Pour cela, vous pouvez avoir la formation de votre pays qui vous aide. L’Allemagne et l’Espagne sont deux excellents exemples. La façon de voir le football, dans ces deux pays, est tellement marquée d’un style, que le sélectionneur peut se servir de cela pour construire les principes de jeu de son équipe. Evidemment, cette idée de jeu implique également des complémentarités.

Pour la France, c’est différent. Pratiquement aucun centre de formation ne pratique le même jeu. D’ailleurs, la plupart ne pratique même pas de jeu du tout. Le seul objectif est de gagner les matchs sans aucun principe. On a donc des joueurs qui ne font que des différences individuelles et n’ont aucun sens du collectif. Tiens, c’est bizarre, on retrouve cela en équipe de France. Voilà donc une des raisons pour lesquelles Deschamps peut changer son équipe quand il le veut puisqu’il n’y a aucun style.

L’objectif

Venons-en donc à l’objectif de la sélection. Il peut être de gagner, de produire du jeu et d’offrir du plaisir au public (et aux joueurs par la même occasion), ou les deux.

Le jeu, c’est aller de l’avant, jouer pour marquer, offrir au public un spectacle.

Le résultat, c’est donc juste gagner, sans ligne directrice… On s’en fout, seul le résultat compte.

L’équipe de France est allée en finale de l’Euro. Lors de plusieurs matchs, il y a eu de l’émotion… Mais c’était de l’émotion de soulagement pas de plaisir. Quand on bat la Roumanie dans le temps additionnel, en jouant comme ils l’avaient fait, seul le résultat est à retenir. Mais finalement, comme seul le résultat compte et que la France a perdu en finale, l’Euro a donc été raté.

Les allemands et les espagnols, avec de vraies identités de jeu, ont multiplié les résultats depuis 2008. Relation de causes à effets ? Sûrement qu’il est plus facile d’avoir des résultats avec des certitudes de jeu qu’en espérant à chaque match un miracle d’un joueur. Si ce joueur est dans un mauvais jour, vous êtes morts. Pour l’Espagne et l’Allemagne, si un joueur est en dessous, votre collectif vous permettra de vous en sortir.

Je terminerai sur un point essentiel aujourd’hui: quel calendrier peut être pensé pour que les sélections retrouvent de l’attrait ?

En effet, avec la ligue des champions qui domine toutes les autres compétitions, les matchs internationaux, en pleine saison, sont un calvaire. Les équipes supposées beaucoup plus fortes, se gèrent. Une fois la différence faite, les joueurs pensent surtout à ne pas se blesser pour le sprint final. C’est humain.

La première partie de saison doit rester identique. Mais la deuxième partie doit être repensée. Par exemple, pourquoi ne pas réunir plusieurs matchs internationaux dès la fin de championnats. Organiser deux rencontres internationales, notamment un match amical, entre les huitièmes et les quarts de finale de la ligue des champions, ce n’est pas sérieux. Pourquoi ne pas regrouper quatre rencontres entre fin mai et début juin. Les internationaux termineraient quinze jours plus tard que les autres, mais c’est déjà le cas pour les sud-américains, les africains. Un rassemblement à partir du lundi et à partir du vendredi, un match tous les trois jours comme c’est le cas toute l’année. De cette manière, les joueurs auraient la tête à 100% à leur sélection avant de partir en vacances. De plus, un stage un peu plus long, peut aussi être bénéfique pour le sélectionneur.

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