Sélectionneur: Un métier à part

Le métier de sélectionneur est différent, à mi-chemin entre entraineur et manager général à mi-temps. Il existe donc plusieurs façons d’appréhender ce métier et de construire une sélection.

 

Déjà, sélectionneur, c’est le métier le plus exposé. Vous représentez un pays et vos choix sont donc scrutés par tous les habitants (même les moins passionnés) du pays ainsi que tous les médias. A l’inverse, un entraineur est surtout jugé par les supporters de son club, et le quotidien régional de son secteur.

Ensuite, c’est un métier à mi-temps. Non pas qu’entre deux regroupements de l’équipe nationale les sélectionneurs ne travaillent pas, mais la partie terrain n’occupe que très peu de temps. Le reste est occupé à visionner des matchs, comparer des joueurs, aller les rencontrer pour échanger sur leurs ressentis, leurs objectifs, leur état d’esprit…

Pour construire une sélection, il existe plusieurs méthodes mais aussi des règles communes.

Tout d’abord, vous devez vous adapter à la mentalité du pays pour lequel vous travaillez. Les attentes en terme de résultat, de comportement et de jeu ne sont pas les mêmes en Argentine, en Angleterre ou au Brésil.

Viens alors le premier travail du sélectionneur: le choix des joueurs. Et là, il existe une multitude de façons de construire une liste.

Le premier élément à prendre compte, c’est que vous savez que vous n’aurez pratiquement jamais la possibilité de faire exactement la même liste d’un rassemblement à l’autre à cause des blessures, des suspensions etc…

A partir de là les sélectionneurs peuvent se poser plusieurs questions.

Les meilleurs joueurs ou les plus complémentaires

Ai-je un système de jeu préférentiel ou vais-je adapter mon système aux joueurs dont je dispose?

Dois-je constituer un groupe et m’y tenir pour créer des liens, ou dois-je m’adapter aux états de forme du moment?

Dois-je prendre les meilleurs joueurs à chaque poste ou plutôt essayer de trouver les meilleures complémentarités en fonction des postes et du système?

Dois-je préparer l’équipe sur du moyen terme, ou  dois-je tenir compte des seuls objectifs à court terme?

Enfin, les joueurs représentant un pays doivent-ils être irréprochables sur et en dehors du terrain ou seul le terrain m’intéresse?

Voilà pourquoi chaque sélection, chaque choix du sélectionneur sont sujets à discussion.

Il faut ensuite se demander quels sont les objectifs de cette sélection?

La victoire à tout prix, ou alors le plaisir, les émotions offertes au peuple. Effectivement, cet objectif variera surement en fonction du pays entrainé: quand l’Algérie va en huitième de finale de la coupe du monde, la mission est déjà accomplie alors que l’Allemagne éliminé en quart de finale c’est un échec.

Concernant le système de jeu, plusieurs problèmes se posent. En effet, étant donné le peu de temps dont dispose les sélectionneurs pour préparer leur équipe, mettre en place une vraie philosophie de jeu est compliqué.

Enfin, on terminera par le choix du sélectionneur. Doit-on prendre un meneur d’homme, un leader qui va mener son équipe avec un football « basique » mais avec de vraies valeurs de combats, de solidarité, ou plutôt opter pour un homme avec de vraies convictions en terme de principe de jeu, d’esthétisme?

Les résultats des sélections prouvent, en tout cas, qu’il n’existe pas de recettes miracles ni uniques, et c’est ce qui offre justement au football son côté imprévisible: chaque pays, avec des conceptions et des hommes aussi différents les uns que les autres, peut un jour prétendre atteindre le sommet.

Au final, un sélectionneur doit-il être juger tout au long de son parcours ou plutôt selon qu’il atteint son but ou pas? Chacun se fera son propre jugement…

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