Seul le résultat compte… Non, je déconne

Dans le football d’aujourd’hui, il paraît que seul le résultat compte. Pourtant, il n’y aura qu’un vainqueur au bout.

Mercredi soir, on a assisté à un match de fou entre City et Tottenham (4-3). Avec un regard simpliste, on dira que Guardiola a de nouveau échoué en ligue des champions et quand sans Messi, il n’est rien. Mais on peut voir les choses autrement.

Le football peut se jouer de différentes manières, offensif, défensif, peu importe après tout du moment que ce sont vos convictions. Mais le seul résultat final peut-il définir si vous êtes bons ou mauvais ?

Juste sur cette saison, les résultats de plusieurs matchs n’ont tenu qu’à des décisions (ou non-décisions) de la VAR. Agüero est hors-jeu de 1 cm. Sur le but de Llorente, il y a un angle où le ballon semble être touché de la main et un autre non. Si les décisions sont inversées, Guardiola est qualifié et c’est un génie. Là, il est éliminé et il est surcôté. Pour le PSG, c’est pareil. Sans la VAR, le penalty n’est pas sifflé sur la main de Kimpembe et le PSG est en quart de finale. Ca change peut-être l’image qu’on a du club, de l’entraineurs, mais pas le reste.

Quand on voit le contenu du match des parisiens face aux anglais, l’élimination a-t-elle la même valeur que celle de City ? Evidemment non. D’ailleurs, on pourrait dire la même chose de Pocchetino. Son équipe se qualifie parce qu’il a pris des risques. Quand il fait entrer Llorente à la place de Sissoko et qu’il fait redescendre Ali, c’est une vraie prise de risque. S’il avait été éliminé, on aurait dit quoi ? Pourquoi a-t-il pris autant de risques ?

A la fin de la saison, il y aura un champion par pays et un vainqueur de la ligue des champions. Est-ce qu’on va dire que tous les autres ont échoué et raté leur saison ? Si Liverpool n’est pas champion alors qu’il est à la lutte avec City et que les deux équipes comptent plus de 80 points après 34 journées, est-ce un échec ? Si Chelsea n’est pas en ligue des champions alors que du troisième au cinquième, toutes les équipes comptent plus de 60 points, est-ce le même échec que si Lyon n’est pas en ligue des champions dans un championnat où le troisième compte moins de 60 points ? Evidemment que non.

Une saison, ça se juge sur des contenus, des émotions, une histoire. Une saison, ça se juge en fonction des moyens et des joueurs que le club possède, du recrutement réussi ou raté, de la progression sur les dernières années, mais aussi en fonction de l’adversité.

Le Bayern de Munich, sous Guardiola, n’a jamais atteint la finale de la ligue des champions. Pourtant, de nombreux supporters, observateurs, joueurs du club et même entraineurs adverses déclarent régulièrement que l’espagnol a changé la façon de voir le foot et de le jouer dans ce pays, qu’il a fait progresser de nombreux joueurs. Pourtant, si on ne s’arrêtait qu’aux résultats, Guardiola a échoué au Bayern, parce qu’être champion en Allemagne pour cette équipe, c’est juste le minimum, non ?

Cette saison, Lille ne remportera pas de trophées (à moins que le PSG décide ne plus gagner aucun match jusqu’à la fin de la saison), pourtant, ce qu’a proposé Christophe Galtié, c’est juste génial et les gens sont heureux.

Encore une fois, des entraineurs qui n’ont pas remporté de titres majeurs mais qui ont fait évoluer le football, il y en a beaucoup. Et même quand on nous explique que les supporters veulent que leur équipe gagne, ce n’est pas tout à fait vrai.

Une saison, avec Laurent Blanc, le PSG était tellement au-dessus que, sans forcer, il remportait ses matchs. Le Parc des Princes n’était alors pas tout le temps plein parce qu’il n’y avait finalement aucune émotion de transmise, juste des robots qui faisaient le travail machinalement.

Pour en revenir à la ligue des champions, ok, tout le monde sera heureux que son équipe aille en demi-finale. Mais est-ce la même chose d’aller en demi-finale en éliminant Schalke puis United ou de sortir en quart éliminé par Liverpool après deux matchs de haut niveau, pleins d’émotion ? Evidemment que non.

Depuis 2009, soit 10 ligues des champions, cinq clubs se sont partagés les titres, et seulement six entraineurs. Ca voudrait dire que tous les autres clubs sont en échec ? Ca voudrait dire que tous les autres coachs sont en échec ? Ca voudrait dire que Di Matteo, qui a remporté la LDC 2012, est un meilleur entraineur que Klopp qui ne l’a jamais gagnée ? N’importe quoi.

Je vais même aller plus loin: demandez aux supporters parisiens leur plus beau souvenir entre le PSG – Réal de 93 (qui n’était qu’un quart de finale de l’UEFA) et la victoire en coupe des coupes 96, lequel ils choisissent…

Enfin, en Angleterre, en Allemagne, les stades sont (presque) tout le temps pleins et on a parfois l’impression que c’est un autre sport. L’attachement historique des gens à leur club, ça ne fait pas tout. Et en Angleterre, il y a des matchs d’un niveau technique affligeant. Mais c’est surtout que les joueurs donnent tout, de la première à la dernière minute, jouant pour l’emporter que ce soit dans un choc, ou le dernier qui affronte le premier. Les gens viennent alors au stade pour cette émotion, peu importe le résultat final.

C’est ça le foot. Tout donner, jusqu’au bout, ensemble. Le résultat final, c’est juste la cerise sur le gâteau. Finalement, le voyage est plus excitant que la destination.

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