Sylvinho écarté, c’est quoi la suite ?

Comme pressenti, Sylvinho n’est plus l’entraineur de l’OL. Le club du Rhône ne peut plus se tromper au risque de se plomber la saison et peut-être même les suivantes.

Le derby lui a donc été fatal. Sylvinho n’est plus l’entraineur de l’OL. Le timing était parfait (pas pour lui évidemment) avec la trêve internationale qui doit permettre au nouvel entraineur de prendre ses marques sans échéance immédiate.

Sylvinho s’est donc avéré être un mauvais choix. Parce qu’il ne parlait pas français. Parce qu’il n’avait jamais été numéro 1. Parce qu’il a été livré à lui-même avec un staff qu’il n’a pas choisi. Parce que Juninho n’a pas encore la stature de directeur sportif qui aurait permis de le protéger. Parce qu’entre les premières conférences de presse et le match à Saint-Etienne, il y a eu une régression, mais aussi un revirement de conviction.

A son arrivée, le brésilien avait parlé de jeu, de Tousart qui n’avait pas le profil qu’il recherchait, d’un milieu de terrain qui devait dicter le rythme du match et permettre de sortir les ballons. Après quelques matchs, Tousart était titulaire, Lyon évoluait de plus en plus en bas sur le terrain, les latéraux étaient bridés.

J’ai souvent répété qu’un entraineur devait suivre ses convictions pour convaincre ses joueurs. Le changement entre juin et septembre était trop grand pour que les joueurs croient encore en lui. Dimanche soir, ce fut donc la défaite de trop et le brésilien n’est plus l’entraineur lyonnais.

Quid de juninho et Aulas

Juninho est désormais en première ligne. Il a été mis là par le président Aulas dans une nouvelle organisation. Il a donc choisi Sylvinho et il s’est raté. Il n’a pas assez pris la parole pour le protéger, le laissant se faire fracasser par la presse et les supporters. L’ancien idole de Gerland aurait du défendre son coach, mais aussi mettre les joueurs face à leurs responsabilités.

Maintenant, il va devoir choisir un nouvel entraineur sans se tromper. Parce que le prochain fusible, c’est lui. Il va devoir apprendre son rôle encore plus vite parce que là, c’est la crise.

Evidemment, le Président n’est pas étranger à tout ce qui se passe. A force de se croire le plus fort, on ne se remet pas en question. A force de minimiser les défaites parce qu’on finit quand même deuxième ou troisième dans un championnat d’une faiblesse sans nom, on en oublie de se remettre en question. A force de minimiser l’écart avec le PSG au classement en argumentant du budget et de la puissance financière du club de la capitale, on en oublie de se remettre en question. Enfin, à force de répéter qu’on est le meilleur centre de formation, on en oublie de se remettre en question.

Une révolution obligatoire

L’OL doit tout changer ou, en tout cas, tout faire évoluer. Il doit revoir le staff entourant l’entraineur. Ce dernier était là avec Genesio. Il ne l’a pas aidé à trouver des solutions. Il est toujours là sous Sylvinho, et il ne l’a pas aidé à trouver des solutions.

Un entraineur doit venir avec son staff. Un staff qui partage ses idées, ses convictions, qui sait où il veut aller. Mais aussi un staff qui n’espère pas, dans l’ombre, prendre la place en cas de licenciement. Et si un staff entier c’est trop cher, le coach doit au moins avoir son adjoint et une deuxième personne (adjoint, préparateur athlétique etc…) à ses côtés.

L’OL doit revoir sa formation. Depuis Aouar, qui est sorti du centre de formation ? Personne. Et même offensivement, le domaine dans lequel Lyon sortait le plus, il n’y a plus personne. Cherki est encore trop jeune, et Gouiri revient d’une longue blessure.

L’OL doit aussi revoir son travail sur les recrues. Si on remonte aux dix dernières années, l’OL s’est manqué sur Darder, Gourcuff, Yanga-Mbiwa, Depay, Tousart, Traoré, Aly Cissoko, Marcelo, Tete, Marçal, et pour l’instant, Andersen.

Mais surtout, l’OL doit arrêter avec les entraineurs du troisième chapeau. Pour remettre les joueurs dans le droit chemin, il leur faut désormais un nom. C’est triste, c’est même peut-être anormal, mais c’est le football d’aujourd’hui. Alors qui ?

Laurent Blanc a-t-il envie de reprendre une équipe en cours de saison avec des joueurs qui ne correspondent pas forcément à sa vision du foot. Quand tu as eu Motta devant la défense, qu’et-ce que tu peux demander à Tousart ?

Arsène Wenger ? A-t-il encore l’envie pour retourner sur le terrain avec cette génération ? Mourinho ? Un nom, mais quand on voit comment ça s’est terminé à United avec son vestiaire, ça risque d’être très chaud. Et le portugais, c’est un salaire astronomique. On ne voit pas beaucoup d’autres noms capables de réveiller un groupe en roue libre. Mais surtout, ces grands entraineurs sont-ils capables de travailler avec un directeur sportif, eux qui ont souvent l’habitude d’avoir les pleins pouvoirs ?

L’OL va donc devoir indemniser Sylvinho (deux ans de salaire pour deux mois de travail !!!), payer un nouvel entraineur qui va travailler avec un groupe qu’il n’a pas choisi, penser à renouveler son effectif en limitant les erreurs. Tout ça, en ne ratant pas le podium et donc la place en ligue des champions qui va avec et qui permet des rentrées d’argent conséquentes. Le virage est là, attention à la sortie de piste.

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