Tuchel, Sylvinho, Printant: Trois entraineurs en danger

Thomas Tuchel, Silvinho et Ghislain Printant vivent des débuts de saison compliquées, à des degrés divers. Peuvent-ils aller au bout de la saison ?

Après cette septième journée, il y a des équipes et des entraineurs qui montrent des difficultés. Alors que nous n’en sommes qu’à la septième journée de championnat, trois entraineurs semblent plus ou moins en danger. Tuchel, Silvinho et Printant voient leur poste menacé à plus ou moins long terme.

Silvinho et la mentalité lyonnaise

Il y a quelques semaines, c’était l’euphorie. Arrivé avec Juninho, l’idole lyonnaise, Silvinho remplaçait Genesio dont beaucoup de supporters ne voulaient plus. Et le discours du brésilien était venu ajouter à cet espoir.

Le brésilien avait parlé de jeu, de joueurs techniques, de se rapprocher pour titiller le PSG. Moins de deux mois après le début de championnat, les doutes sont déjà là.

Tousart avait été le symbole de cette ambition. Montré du doigt par le staff brésilien, il était celui qui ne correspondait pas à ce que voulait mettre en place le coach lyonnais. Il voulait, paraît-il, un numéro 6 qui joue, qui relance, qui n’est pas seulement là pour défendre et mettre de l’impact. Mais voilà, Tousart joue régulièrement. Alors, l’entraineur lyonnais est revenu sur son idée de jeu ? N’a-t-il pas mieux au milieu ? En tout cas, il y a un vrai problème.

Silvinho était un latéral offensif, technique, qui apportait beaucoup dans son couloir et qui a joué dans équipes tels que le Barça, Arsenal, City. Pourtant, régulièrement, on le voit demander à ses latéraux de ne pas trop monter, de rester en place derrière. Or, Aujourd’hui, ce poste est quand même une des clés du jeu offensif de toutes les grosses équipes.

L’an dernier, Lyon encaissait beaucoup de buts. Cette saison, malgré le passage à une défense à cinq depuis deux rencontres, malgré les consignes défensives, malgré un milieu de terrain composé de Tousart et Mendès, ça ne change rien. Mais surtout, l’OL, avec Genesio, était irrégulier mais réussissait au moins les grosses rencontres. Pour l’instant, face au PSG ou au Zénith, les joueurs de Silvinho ont raté leurs deux premiers gros matchs de la saison.

Après sept journées, l’OL n’est qu’à six points du PSG. Mais il n’a remporté que deux rencontres et est actuellement 11èmedu classement.

Même si Jean-Michel Aulas ne peut pas se renier si vite, Silvinho va devoir vite trouver les solutions pour enfin démarrer sa saison, changer les mentalités et remettre en selle les Depay, Aouar et autres Traoré. Le temps presse.

Printant, une question de jours

En choisissant Ghislain Printant pour succéder à Jean-Louis Gasset, les dirigeants stéphanois avaient surpris tout le monde. Mais c’est surtout l’attitude des joueurs qui étaient étranges. Certains ont mis le fait de rester au club dans la balance si ce n’était pas l’ancien entraineur de Bastia qui prenait la suite. Depuis quand les joueurs décident de l’entraineur et donc, presque, de la politique sportive d’un club. Et ça n’a pas raté. Les verts, au soir de cette septième journée, sont 19èmedu classement.

Pas de jeu, en difficulté athlétique, Saint-Etienne s’enfonce inexorablement vers le fond de la ligue 1. Le recrutement paraît raté, les cadres sont à la rue, Ruffier ne fait plus d’exploit… Bref, ça va mal.

Les joueurs ont poussé pour Printant pour une seule raison: le confort. Le confort de faire ce qu’ils voulaient. Le confort d’imposer la difficulté du travail à l’entrainement. Parce que Printant est un formateur ou un numéro 2, mais pas un numéro 1 capable d’imposer des choses claires. Ce n’est pas une honte. Le grand Marco Van Basten a déclaré lui-même, et malgré une carrière exceptionnelle, qu’il n’était pas un bon numéro 1 mais qu’il se voyait dans un poste de numéro 2, que cela lui correspondait mieux.

Malheureusement, l’entraineur des verts va sauter. Ce n’est qu’une question de jours. Le problème, c’est que Saint-Etienne a perdu trois mois. Le problème, c’est que Saint-Etienne est déjà en difficulté au classement. Le problème c’est que Saint-Etienne va devoir indemniser l’entraineur et en payer un nouveau. Le problème, c’est que les joueurs, notamment ceux qui ont menacé de partir si ce n’était pas Printant, vont se retrouver avec un coach qu’ils ne veulent pas. Quid de leur implication pour sortir le club de cette spirale ? Quid de leur implication avec le nouvel entraineur ?

Les verts doivent s’attendre à vivre une saison galère… En espérant pour eux qu’elle ne finisse pas sur un drame.

Tuchel, de grosses interrogations

Depuis le match retour et l’élimination face à United, on avait laissé l’allemand perdu, tendu, finissant la saison avec un groupe plein de défiance sur son apport.

Le début de saison mitigé, notamment en terme de jeu, était venu confirmer ces problèmes. Puis, il y a deux rencontres maitrisés et remportés face au Réal puis Lyon. Mais voilà, Reims est venu remettre du doute?

Il y a déjà les problèmes de blessure. Depuis le début de saison, le PSG a vu passer par l’infirmerie Herrera, Sarabia, Cavani, Icardi, Mbappé, Draxler, Kehrer, Dagba, Kimpembe, et hier soir Choupo-Moting, qui a carrément joué blessé tellement il n’y avait plus de solutions au poste d’avant-centre. Le staff médical a changé mais les blessures sont toujours là.

A cause de tout cela, Tuchel adopte le principe de précaution avec abus. Mbappé s’entraine depuis près de dix jours, mais il ne joue toujours pas. Face à Reims, l’allemand a laissé Marquinhos, Meunier et Di Maria sur le banc, et Gueye et Silva en tribune.

Il a alors présenté une équipe tellement remaniée qu’elle fut en difficulté. D’ailleurs, quand on change autant de joueurs, sans automatisme, il ne faut pas s’étonner qu’un jeune comme Mbe Soh vive une soirée très compliquée. Déjà, il est défenseur axial de formation et il a joué latéral. Mais surtout, il aurait sûrement été plus serein avec un Silva ou Marquinhos à ses côtés plutôt que Diallo.

L’autre problème vient de l’attitude de certains remplaçants. Paredes est en difficulté, ok. Mais il ne fait même pas les courses, le pressing. C’est donc plus qu’un problème technique. Et que dire de Kurzawa, qui masquait ses faiblesses par quelques exploits offensifs et qui apparaît comme complètement perdu.

Enfin, on ne voit pas de continuité dans les principes de jeu. On a l’impression qu’il y a un style sans Neymar et un avec. Sauf que celui avec consiste à chercher en permanence le brésilien au détriment de ce que le jeu voudrait.

D’ailleurs, la déclaration d’après-match du coach parisien est étrange. Il a déclaré « je ne pense qu’on a perdu parce qu’on a changé des joueurs ». Sous-entendu: j’ai fait les bons choix, c’est de la faute des joueurs. Il a ajouté que c’tait facile d’être entraineur après les matchs. C’est vrai. Sauf que ça traduit une tension et surtout, j’ai envie de lui répondre: c’est vrai, mais c’est votre métier de mettre les joueurs dans les meilleures conditions et que les critiques font partie du métier. Parce que perdre, ça arrive, c’est le football, mais il faut aussi regarder ce qu’a proposé l’équipe. Et force est de constater que face à Reims, ce fut catastrophique dans le contenu.

Tuchel n’es pas encore en danger. Mais on connaît tous l’avis de Leonardo sur Allegri, sans club actuellement. Et ça ressemble fort à la première saison du directeur sportif qui avait laissé Antoine Kombouaré jusqu’à décembre avant de le remercier pour nommer Carlo Ancelotti. Alors, Bis répétita ?

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