Une crise pour ouvrir les yeux

Cette crise sanitaire a montré les dissensions au sein du football français. Mais parfois, une crise, ça permet aussi de penser autrement et de rebondir.

Le gouvernement a mis fin à la cacophonie. Qu’on soit d’accord ou pas avec la décision prise, elle a le mérite d’être claire. En revanche, on peut s’interroger sur les différentes positions des présidents de clubs.

On a évidemment, en tête, le président Jean-Michel Aulas, avec des propositions plus saugrenues les unes que les autres. A aucun moment, on a senti une personne qui cherchait à aider le football mais plus qui souhaitait absolument à masquer ses erreurs et à sauver son club coûte que coûte. On pourrait également ajouter l’indécence de ses propositions niveau timing.

Dans le même registre, on a le président Sadran (TFC) qui envisage d’attaquer la ligue pour l’arrêt du championnat. Quand on n’a pas gagné un match entre le changement d’heure été – hiver et hiver – été, qu’on ‘a que 13 points après 28 journées, on aurait souhaité qu’il fasse profil bas. Finalement, le seul qui aura été digne, mais ce n’est pas une surprise, c’est le président Nicollin qui, avant même la décision actée, avait déclaré qu’il s’y plierait sans discuter, alors que suivant le scénario choisi, il pouvait ou non être européen. Bravo !!!

Le moment de changer

Des amateurs aux professionnels, c’est le moment de repenser le football dans ses structures, sa gouvernance, mais aussi dans son impact et sa conception social et sociétale.

Chez les amateurs, il va falloir que les présidents arrêtent de dépenser le budget dans des pseudos joueurs de R2 ou R3 et donnent cet argent aux éducateurs qui se démènent toute la semaine avec les gamins pour leur offrir des séances ludiques et intéressantes, mais aussi ce moment de bonheur que le foot procure.

Il va falloir que tout le monde se remette à mettre le mot plaisir en haut des termes du football et que l’objectif de devenir pro soir un rêve pour les gamins et plus pour les parents, et que chacun prenne conscience des moments de joie (individuels et collectifs) que procurent le football. Parce qu’aujourd’hui, des jeunes ont du (je l’espère) prendre conscience que le foot leur apporte des émotions, des amitiés qu’ils ne trouvent nulle part ailleurs.

Chez les pros, il va falloir prendre conscience qu’on en peut plus donner des salaires aussi extravagants à des joueurs moyens. Pour ne pas donner autant, il faut alors mieux former chez les jeunes, leur offrir une chance et arrêter de surpayer des joueurs parce qu’ils ont joué une centaine de matchs de ligue 1, ce qui n’offre aucune garantie de performance.

Il va falloir que les présidents se comportent différemment. Oui, il doit y avoir de la solidarité et ça ne veut pas dire que c’est contraire à la compétition. Quand il y a match, il y a match. Mais tout ce qui concerne l’extra-terrain, les dirigeants doivent être plus solidaires pour amener le football français plus haut, comme l’a fait la premier league depuis 1992.

Enfin, il va falloir prendre conscience que le football, même de haut niveau, est aujourd’hui un spectacle avec tout que cela implique. Le jeu doit devenir plus spectaculaire, offensif, divertissant, tout en gardant cet esprit de compétition et ce n’est pas contraire. L’accueil, la fidélisation dans les stades doit devenir une priorité.

Le copinage ne doit plus être une norme mais c’est la compétence qui doit prendre le dessus. Le foot français doit s’ouvrir pour grandir et cesser cette consanguinité qui nuit à son développement. Ca passe pas les élections à la FFF, par la DTN mais aussi par la gouvernance et les organigrammes établis dans les clubs. Il y a parfois, dans la vie, des évènements qui arrivent précipitamment, presque comme un signal, pour vous ouvrir les yeux sur vos erreurs. Si rien de cela ne se passe, cette crise sans précédent n’aura été qu’un phénomène négatif qui n’aura servi à rien. Alors, le football français a-t-il envie de changer ?

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