Zidane, pas sur un coup de tête

Zidane a annoncé qu’il mettait fin à sa mission d’entraineur du Réal Madrid. Une décision d’une intelligence extrême.

En convoquant, de manière inattendue, la presse à 13H, au centre d’entrainement du Réal Madrid, on se doutait que Zidane n’allait pas juste annoncer qu’il était heureux d’avoir remporté une troisième C1 consécutive. Et on a eu raison. L’ancien numéro 5 du Réal annonça la fin de son aventure sur le banc de la maison blanche.

Partir comme ça, après trois victoires consécutives en ligue des champions, ce qu’aucun entraîneur n’avait fait avant lui, ça peut surprendre. Certains diront qu’il ne veut pas écorner son extraordinaire image en perdant ou en étant remercié pour mauvais résultats. Je ne pense pas du tout. Certains diront que c’est facile de se retirer ainsi avec tout l’argent qu’il a déjà, qu’il peut se le permettre. Sauf qu’on peut citer un paquet d’entraineurs qui ont énormément d’argent et qui ne sont jamais partis d’un club d’eux-mêmes, sans rien derrière. Bref.

Zidane a beaucoup étudié, préparé sa venue sur le banc du Réal. Ecole de management de Limoges, diplômes d’entraîneur, banc de touche de la réserve. Il a fait ce que très peu d’anciens grands joueurs ont fait, se pensant les meilleurs car une grande carrière fera forcément d’eux de grands entraîneurs. On a vu le résultat, la différence entre lui et les autres. Lui a pris son temps et essayé de mettre un maximum d’atouts de son côté.

Cette décision, même surprise, peut s’expliquer par plusieurs raisons. Je pense même qu’elle a été prise il y a un long moment. Sûrement qu’elle était arrêtée le soir de la finale. Mais lui a su se contenir le soir de la victoire puis tout au long des festivités qui ont suivi pour ne pas gâcher la fête et tirer la couverture à lui alors que le club merengue venait de réaliser un authentique exploit dans l’histoire de la C1. Ca doit être ce qu’on appelle la classe.

On peut imaginer que son groupe doit être renouvelé et qu’il est fort possible qu’après avoir vécu autant d’émotion avec tous ces joueurs, il ne se voit pas signifier à un certain nombre de partir.

Je pense également, et il l’a dit lui-même, que son discours ne passerait peut-être plus, en tout cas moins. Et il a raison. Comme je l’ai dit mille fois, tactiquement, Zidane n’a rien amené de révolutionnaire. Mais dans le management humain, il a été au-delà de ce que je pouvais imaginer. Trois ans, c’est en général un cycle de travail pour un coach, même si la durée de vie moyenne sur un banc est de dix-huit mois environ.

Enfin, quoi qu’il dise, les sifflets qu’il a subis en début de saison après une série de mauvais résultats, l’ont sûrement affecté. Encore une fois pas pour son image, mais plus parce qu’il a dû se dire, à ce moment-là: « J’ai ramené deux C1 et un titre de champion d’Espagne en dix-huit mois, et ils me sifflent !!! ». Et oui !! Le football a ça de violent qu’on oublie, chaque saison, ce que vous avez fait les précédentes. Il faut gagner, gagner et encore gagner comme si chaque début de saison vous étiez un débutant.

Pour moi, se retirer à ce moment-là, tout en haut, c’est juste exceptionnel. On se laisse souvent griser par le succès. Dans ces moments-là, on n’est plus lucide sur nos erreurs, nos lacunes, on est le plus beau, le plus fort, le meilleur. Zidane possède cette humilité légendaire pour se dire, alors qu’il a remporté plus de ligue des champions (3) que de saisons passées sur le banc (2 ans ½) « il faut s’arrêter pour se régénérer, permettre au groupe de repartir et gagner encore, et ne pas faire la saison de trop ». On a juste envie de lui dire, encore une fois: chapeau !!! Et jusqu’à ce jour, il n’a jamais été éliminé de la ligue des champions en tant qu’entraineur… Sans commentaire.

Pour finir, Zidane au chômage, est-ce que ça met la pression sur Didier Deschamps ? Oui le sélectionneur a prolongé son contrat et il est bien couvert par Noël Le Graët. Mais une sortie de route rapide en coupe du monde peut-elle remettre en cause tout cela ? On le sait depuis un moment, mais le prochain sélectionneur sauf cataclysme, sera Zinedine Zidane. Sur le terrain, il sentait le football et le voyait plus vite que les autres. Possède-t-il ce sixième sens même comme entraineur ? A suivre…

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